‹ Un mari dont on se moqueChapitre 9 sur 22 · ADOLPHE COMMIS CHEZ SA MARRAINE · texte numérisé non relu

ADOLPHE COMMIS CHEZ SA MARRAINE

— Et à quel théâtre faut-il donner la prcfcrencc, ma marraine?

— Allez un peu partout, il n'y a pas de mal à connaître tous les genres.

Le soir même, Adolphe se rend au Théâtre-Français, il en sort enchanté de sa soirée. Le lendemain, M. Puceron, qui n'ose plus lui faire tailler des plumes de fer et cherche cependant toujours à se moquer de lui, ne manque pas de lui demander ce qu'il a vu représenter.

— CAnua et les Plaideurs^ répond Adolphe.

— Ah! beau!... très-beau!... c'est toujours la même pièce, seulement les Romains se déguisent en juges pour que le dénoûment soit plus gai.

Narcisse ne répond rien, mais il regarde le petit commis en souriant d'une certaine façon qui déconcerte celui-ci. S'aperccvant qu'il n'a pas réussi, M. Puceron s'attaque alors au vieux Putois :

— Et vous, estimable monsieur Putois, homme rare... i^ara ovis ! qui n'avez été encore que quatre fois au spectacle et vous avez soixante ans ! ces quatre fois-là ont dû terriblement marquer dans votre existence!... vous en souvenez-vous au moins?

— Parfaitement, monsieur! La première fois, je sortais de pension, j'avais treize ans; on m'a mené voir le Pied de mouton : c'était superbe, magnifique... il y avait des anges et des diables !...

— Nous le connaissons, après?

— La seconde fois, j'avais vingt ans et demi; je

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ven;às de tirer à la conscription, ci, couïme j'avais eu un bon numéro, mes parents me rrgalorent du snectacle. On me msna au tlicàlre du Cirque ; je vis une pièce à coups de canon, de fusils... je n'en fais plus le nom, mais on se ballait conlinucllcmont.

— Comme vous ne ])ar!icz pas pour l'aruice, c'était pour vous donner une idée de la guerre, conmie si vous y aviez été... ensuite?...

— Ah! la troisième fois... j'avais trente-neuf ans... je faisais la cour à une dame.., qui aimait lo spectacle, je la menai au théâtre du Palais-Royal voir la Garde-mahiile. Ahl c'était bien divertissant !...

— Quoi ! honorable Putois, vous faisiez la cour à une dame qui aimait le spectacle, et vous nel'yavez menée qu'une l'ois?

— Ah I... elle me ferma sa porte peu de temps après.

— Pardieu I je le conçois... enfin la quatrièpi-. fois... il n'y a pas longtemps, je crois?

— Non, c'est il y a six semaines... j'ai vu un • pièce de Molière... Tartuffe... il y avait bien des années que je désirais voir jouer celte pièce... j'ai été assez content.

— C'est au Théâtre-Français que vous avez été alors ?

— Non... pas positivement... c'est dans une toute petite salle,... où il n'y a pas de loges,... dans un quartier éloigné...

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