SCÈNE TREIZIÈME
HENRI, oontinnant.
Qui ne s'emporte jamais que pour de bonnes raisons!.. Le mari se recueille... il se dit que Taventure est bien simple, que la lettre tombée du guéridon est une impertinence de l'espèce ordinaire, que, de ces impertinences-là, il en pleut le lendemain d*un bal... (Se levant.) ce qui n'empêcbe pas qae les impertinents ne méritent une leçon... mais qu'après tout, une femme n*a pas à rendre compte de sottises qu'elle ignore... et que sa femme, à lui, est encore aujourd'hui le cœur charmant, l'âme d'enfant
qu'elle était hier... (Lncîenne fait un signe de dénégation.) VoUS UC
le croyez pas?.. Je vous réponds que si... Je sais bien qu'elle est un peu nerveuse, impatiente, agitée, qu'elle ne 66 reconnaît pas trop elle-même, qu'elle a de petits mouvements de victime et qu'elle voudrait avoir l'air d'une grande coupable... qu'elle vient à son mari une seconde lettre à la main et la lui montre par bravade... Hélas I ma chère enfant, si les messages de M. de Taisy avaient quelque prix pour vous, comme vous vous hâteriez de les faire disparaître!.. Si vous étiez tant soit peu complice de ce petit monsieur qui écrit si bien, vous cacheriez ses billets comme des fautes... Mais non, vous m'en poursuivez, vous me les placez sous les yeux, vous trouvez même que je ne mets pas assez de complaisance S les voir et à m'en indigner... Je ne devine pas encore très-bien pourquoi vous voulez jouer avec le feu... mais, si j'étais juge, je conclurais sans hésiter que vous avez voulu vous moquer de moi!..
LU C I EN NE, 86 leTant et psMant à droite.
Il plaide encore!..*
HENRI
Je plaide pour ma maison !.. Je plaide pour mon foyer' . . Et je ne plaide pas trop mal, à ce qu'il paruît, puisque je vous mets au défi de me répondre!..
* Lodenne, Henri.
34 UN U^m QUI ?LP^9B
Je ne vous répoiid§ que par m &eul ©ot ; Jp P^ YPUB aime plus!... Avez -vous pncor@ quelque bel arguinept pour me prouver le contraire?.. Je ne, youp aifne plu.S| entendez-vous ?. . Non, je ne vous fL\vfie plus î •«
HENRI
Dame!.. I^ mot est assez fort, et, dans un autre moment, je le trouverais sans réplique... IVfais Je sui3 avocat jusqu'au bout des ongles, et je ne me tiens jamais pour battu... Figurez- vous... Figure-tçi qu'à Tinstanl même où tu me dis que tu ne m'aimes plus, je sens, pioi, que je t'aime mille fois davantage... Et par4onne-moi, si^ au lieu de t*en vouloir de tout le chagrin que tu veux me faire depuis ce matin^ je me sens presque disposé à fen remercier! .
LUaiBNNB, triitement.
A m'en femerder?..
BSHRI.
Ah! traite-moi de râveur, si tu veux, mais il mesem« fale, fûtrpe à 06 eapriee, fût^oe à cette irritation s^na eausç qui me» tourmentent et qui me ehannent, il me semble qu'un lien de plus se forme entfe nous deux, qu'un espoir se réalise, que sais-je enfin 9.. qu^un bonheur, flésiré entre dans la maisçn !..
LUGlBlflîE, tttaadffia.
Henri !-^
Et je te jure ()ue, si je ne craignais d'être ridicule, je laisserais couler les larmes qui m'inondent le cœur de joie et de reconnaissance ! ..
Il tombe, en pleurant, sur la chaise qui est à droite du gaéridon. LUCIENNE} loi mettant les denx mains sur les yeux.
Non, ne pleure pas !.. Je ne veux pas que tu pleures!.. Juliette avait raison.., Je n^ mé?itQ p^ d'être beu* reu^e!,. Pardonne-moi!.. Pardonne^moi!..
Ed disant cela, elle a toorné V^v^ 4$ ^ çhjUse où Jiwt\ fift 9<|j«t* * ^enri, Lucienne,
BOÈME QUATORZIÈME 35
Te {Hifdontiér!.. qlioi donc?., lin des meilleurs moments de ma vie?..