DE MADAME DE C II ATEAU BRUN . IO
LÉOPOLDINE DE S AINT-d' ANIC HE A MARCELLE DE CHATEAUBRUN
Saint-d'Aniche, 21 septembre 1880.
Ta lettre, ma chérie, contient quatre petits mots qui me sont allés droits au cœur : toiy ma meilleure amie.
Oui, tu as raison. Je suis ta meilleure amie et je vais te le prouver.
Tu ne rencontres, en somme, que trois grosses difficultés :
I® Pas de quatrième pour le whist de Monseigneur;
2® Pas de duègne pour les comédies de la troi- ^Bbie série ;
3° La question /-.oubersan-Malgane Mennessy^i
Le w^hist et la duègne, j'en fais mon affaire. Jô me dévoue, je vais être héroïque. Cette année, ic
fierai des trois séries. Je joue le whist très mal, mais enfin, je le joue... Je ferai la partie de Monseigneur. Seulement, gare aux renonces... mais Sa Grandeur a Pâme évangélique. Elle me les pardonnera.
D'ailleurs, ces trois semaines passées en compagnie de Monseigneur me feront du bien. L'état de mon âme m'inquiète par instants... Je trouverai bien par-ci par-là de petits moments pour en causer avec Monseigneur.
Quant aux rôles de duègne, envoie-les-moi tout de suite. Je les apprendrai... Je me grimerai.... Je me mettrai des cheveux blancs. J'aurai cent ans. Cela ne m'effraye pas. Je suis persuadée que je serai une très appétissante petite vieille. J'étais poudrée, Tannée dernière, au bal de la princesse. Tout le monde m'a dit que j'étais ravissante, et je n'ai fait aucune difficulté pour le croire. Et puis il vaut bien mieux jouer les vieilles quand on est jeune, que les jeunes quand oi^st vieille. ™
Quant à l'affaire Loubersan-Mennessy-Malgane, il y aurait une solution nette, simple, décisive... Mettre Loubersan dans la deuxième série