PREMIER BILLET
a Mon cher Rodolphe, « Je vous écris ces ligues à la hâte, et devant le pair quehot qui fume. Je n'ai rien oublié ; ainsi, je n'ai, a jusqu à présent, d'autre commission à vous donner « que celle de me mettre aux pieds de madame Jefc fery.
« Mon adresse est toujours la même,
« à Paris.
« Votre Lien dévoué de cœur, « Cyprien. »
second billet.
of IMonsieur,
a En très-peu de temps j'ai beaucoup vieilli — et a tout le mal qu'on m'a fait, au lieu d'aigrir mon a caractère l'a rendu bienveillant.
a Je ne suis pas complètement désarmé dans mes a légitimes rancunes; mais je sens que j'ai fait un a grand pas vers l'oui)li, en quittant Rome sans avoir « rien exigé de vous.
« Vous avez accompli deux choses dont je vous « tiens compte, parce qu'elles sont bonnes et qu'elles « ne vous ont pas été imposées.
et Vous avez épousé une jeune fille, votre premier « amour, et vous avez dit à la France un adieu « éternel.
« En agissant ainsi, vou5 avez demandé pardon de t votre passé honteux au ciel et aux hommes; vous a avez renié votre ancieuiie existence; vous vous êteg « purifie pour l'avenir.
UN MAÏÏTAGE DE TARTS.
« Il y a encore pour moi, dans votre récente his- « toire, un coin ténébreux que vous avez refusé d'éa claircir.
a Je voulais provoquer à ce sujet une dernière et « lumineuse explication : mais j'ai fait le sacrifice de a ces inquiétudes qui ne sont, d'ailleurs, qu'accesa soires, et j'ai voulu laisser à votre jeune et innoa cente Adrienne la sérénité de son cœur et d*e son a amour.
a Dieu me préserve de me venger sur une femme a du mal qu'un homme m'a fait ! S'il reste encore a un mystère au fond de tout ceci, je ne compte que a sur les lumières de l'avenir, cet infaillible révé- « lateur.
« Je marche vers l'inconnu avec tristesse, mais au et moins, sans désespoir.
« L'exil éternel que vous vous êtes imposé volona taire in eut est à mes yeux une véritable mort.
« Ne craignez plus rien de moi, vous n'êtes plus a au nombre des vivants; vous avez rendu la vérité au a mensonge de votre tombeau.
et Si je ne suis plus votre ami, je cesse d'être votre a ennemi; c'est tout ce que vous pouviez attendre « de moi.
a CYPRTEN. »
Le lendemain, Cyprien retournait en France sur la Maria- Antonietta , et huit jours après, il arrivait à Paris.