‹ Un mariage de ParisChapitre 6 sur 40 · LES DISTRACTIONS SALUTAIRES · texte numérisé non relu

LES DISTRACTIONS SALUTAIRES

Dans les maladies de Tâme il faut s'étourdir; le remède est bon : la Faculté des sages en a décidé ainsi.

Cyprien de Mayran, à bord du ^diqnéboù' Emerald, remontait la Tamise, et chaque tour de roue donnait à son cœur un degré de calrao de plus.

Il allait à Londres, il changeait de planète; il entrait dans un monde nouveau, un monde où les hommes s'agitent avec tant de violence, que l'homme est obligé de s'oublier lui-même pour écouter et voir ce que les autres font.

Paris bé-^ave le bruit, Londres le Imrie.

Notre malhuureux jeune hommo avait d'ailleurs

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en perspective, de plus émouvantes distractions que celles qui viennent des voi7 de la loule, du Tracas de l'industrie, du retentissement des pavés, de la folle association des hommes et des chevaux. Kn mettant le pied sur le quai de la Tour de Londres, de Mayran crut ressusciter d'entre les morts : habitue au luxe d'une domesticité nombreuse, il ressentit une émotion salutaire en se trouvant, pour la première fois, seul et forcé de s'occuper des détails vulgaires da voyageur.

Il aurait volontiers, en ce moment, jeté sa richesse sous l'arche de London-Bridge, pour savourer, comme distraction, les épreuves inconnues que donne une subite pauvreté.

Il prit une voiture de place devant la Douane, et se fît lancer au galop de ses chevaux de louage, dans les rues sombres de la Cité, où les mines d'or du commerce sont recouvertes d'un voile de charbon.

îl côtoya la basilique de Saint-Paul, descendit Ludgate-Hill, Fleet-Street, le Strand, et s'arrêta au coin d'Agar Street, devant une maison remplie de ses anciens souvenirs, et qu'il avait habitée en des temps plus heureux. Dans cette résidence calme, quoique voisine des quartiers populeux, de Mayran consacra les premiers jours de son arrivée à se recueillir, à observer le tesrain de ses premières habitudes anglaises, et à se régler un plan de conduite pour l'avenir. Il attendait Ugolo, avec une impatience extrême, car ce fîdèle serviteur lui était plus indispensable que jamais, dans l'existence hygiéniquement orageuse qu'il se proposait de mener, pour achever de s'étourdir.

Ugolo n'arriva pas, mais il écrivit la lettre suivante à Cyprien :

a Monsieur et regrettable maître, j'ai l'honneur de f TOUS informer de quelques événements que j'ai

ÏÏN MARIAGE DE PAIUS.' I>2

a recueillis depuis \oivC départ. J'espère avoir jusa tifié la confiance dont vous m'avez cru digne.

« Je vous envoie ci-inclus le billet de faire-part de a la mort de M. Aodolphe Jeffery. La famille du dé- « funt a envoyé des billets à tous ses amis, et vous c( ne pouviez être oublié. J'ai assisté aux funérailles, « au cimetière Montmartre. Le corps a été déposé « dans une tombe de famille. Comme vous devez « avoir lu les journaux, je n'ai pas besoin de vous a donner des détails sur la manière dont le cadavre G de M. Rodolphe a été trouvé dans la Seine. Je n'ai « pas l'habitude d'écrire, et je supprime tout ce qui a serait inutile, et ce que vous savez comme moi.

« Tous ^û / domestiques ont été congédiés, lorsque a madame a quitté le château. Rien n'a transpiré des « événements de la nuit. Les gens de service ont le a sommeil dur, à cause des fatigues du jour. Maa dame n'a pas fait un long séjour à Paris : elle m'a « fait retenir à la diligence une place pour la ville « de***, où elle va trouver, dit-elle, une bonne amie, a madame Léonie Charvel.

« Lorsque je vous ai promis de vous suivre, je ne a savais pas que vous séjourneriez à Londres. Il m'est 0 impossible de rentrer dans cette ville; je suis su- « perstitieux comme tous ceux de mon pays, et j'ai « été si malheureux en Angleterre, que je ne veux a plus y mettre le pied. C'est avec la plus grande « douleur que je me sépare d'un si bon maître; para tout ailleurs j'aurais couru pour me remettre à ses G ordres. Je me propose de faire un long voyage, a mais je n'ai aucun but jusqu'à présent.

(( Votre fidèle domestique, « Ugolo. b

De Mayran ne fut pas très-affecté du congé que lui donnait son domestique; il vit môme dans cette réscn

^^* UN MARTAGE DE PAllIS;

lution dlJgolo un acte de délicatesse, dont les moins vertueux donnent quelquefois Texemple.

Les antécédents d'Ugolo n'avaient pas été sans doute irréprochables à Londres, et le serviteur ne voulait pas faire retomber sur le maître une sorte de responsabilité, souvent nuisible en pays ennemi.

C'est dans ce sens honorable que la détermination d'Ugolo fut expliquée par Gyprien.

En cette saison, l'actrice Sidora W*** faisait, trois fois par semaine, les 'délices des habitués de Drury- Lane.

Cette femme, d'abord Italienne, puis Française, enfin Allemande, avait conquis des fleurs et de l'or sur les théâtres de trois grandes nations.

Elle était belle entre deux coulisses, sous l'enluminure du fard et du gaz; son visagti< ciselé pour l'optique de la scène, perdait ses avantages au jour du salon ; mais ses adorateurs s'obstinaient à la voir, mémo au salon, dans la flatteuse auréole du théâtre.

Son âge était un problème difficile à résoudre par les plus experts; et lorsqu'on hasardait mentalement, devant elle, quelque chiffre d'un grade élevé, l'actrice, comme si elle eut deviné la pensée du physionomiste, se rajeunissait tout à coup dans une explosion de grâces enfantines, en déconcertant le perfide calculateur.

Le talent de Sidora W*** aurait été fort contestable à Paris, mais il était vénéré à Londres, ville de tolérance universelle. Quand l'actrice, dans Norma ou Fidelio, côtoyait d'assez loin les intentions des compositeurs, et battait la fausse monnaie avec leurs notes, une phalange d'adorateurs se levait comme un seul sourd, et déchirait trente paires de gants jaunes, en trois salves d'applaudissements. Le nom dt Sidora W'** avait une grande attraction {(jrcat attraction), et quand il brillait sur les affiches gigantes(jues^

devant Mansîon-House ou Post-Office, comme sur les modestes circulaires grises des épiciers, le soir on voyait manœuvrer des escadres de nobles calèches depuis Long-Acre, jusqu'au péristyle de Covenf-Garden. Le théâtre de Drury-Lane était envahi.

Après un au de mariage, ainsi que nous l'avons dit, Cyprieu de Mayi'an passa huit jours à Londres, où ses affaires Pavaient appelé.

Il vit au théâtre la Sidora W**; il fut témoin de Fenthousiasme anglais, allemand, italien qui éclatait devant la belle c'vatatrice, et il se dit, avec cette naïveté juvénile, assez commune chez les gens du monde, qui vivent loin des choses du théâtre : Oh ! qu'il serait heureux l'homme qui serait adoré de cette femme que tout le monde adore ! Quelle ivresse de se dire à soimême : Tous la désirent^ et elle n'est qu'à moi !

La pensée qui achevait naturellement celte exclamation mentale était celle-ci : Il est impossible qu'une femme qui a Torganisation nerveuse de l'artiste ne préfère pas un amant comme moi, à toutes ces raides statues coulées en fonte qu'on appelle des Anglais.

Quand je paraîtrai, ces rivaux se retireront comme les nuages devant le soleil.

Le soleil parut sur l'horizon de Sidora, mais les nuages restèrent à leur poste.

De Mayran assiégea l'actrice, au théâtre, à la ville, à la campagne, et une nuit, comme il se rendait, avec un espoir équivoque, au joli cottage d'Highgate, où respirait Sidora, les jours de relâche, il fut attaqué sur le pont par un amant jaloux, et fut sauvé par Ugolo.

Cet incident, trop dramatique pour le caractère bourgeois de M. de Mayran, détermina son bi'usque retour en France.

Un an s'écoula, et le jeune mari qui avait toujours gardé un souvenir tendre de Sidora, et qui, cette fois, ne reculait devant aucun genre d'émotions^ y compris

le poignard d'un amant jaloux, vint reprendre son numéro d'ordre, parmi les poursuivants de l'actrice, qui était Vétoile de Drury-Lane, comme disent les Anglais.

Sidora reçut la visite du jeune Français, à son cottage d'IIigligate; le jardin de réception était comme mie vaste corbeille de fleurs, habitée par une femme, et bordée d'une frange noire d'adorateurs muets.

Il y avait là toutes les figura de l'univers anglais; des nababs de Calcutta en retraite ; d'anciens gouverneurs d'arcbipels inconnus; des colonels veufs des veuves' du Malabar qu'ils avaient épousées, en éteignant le bûcher; des amiraux bronzés par vingt croisières, sous l'équateur; des neveux de Tippo-Saïb; des ministres de l'intérieur, disgraciés à Lahore; des ex-criminels de Botany-Bey, enrichis, et par conséquent vertueux; des princes de Madagascar et de Bornéo ; des citoyens de la Nouvelle-Hollande naturalisés Anglais par une loi, malgré leur étroite parenté avec les mandrilles; enfin tous les types humains ou inhumains que Sem, Cham et Japhet, inventèrent en sortant de l'arche, pour s'égayer un peu, après un an de captivité diluvienne, au sommet du mon Ararat.

On ne peut trouver de pareilles collections qu'à Londres; l'étranger naturaliste en jouit gratuitement.

La capitale de l'Angleterre est quelquefois généreuse et désintéressée dans ses exhibitions zoologiques.

Lorsque Cyprien parut, avec son élégance parisienne, son teint frais, sa chevelure d'un blond vif, bouclée à l'Apollon du Belvédère, un rugissement roula sous le bronze des épidémies de ces adorateurs; c'est ainsi que la Solfatare de Naples accueille le naturaliste qui vient la visiter.

La cantatrice, vêtue avec goût, mais avec X^ae décence suspecte qui accusait des ravages clandestins, salua nonchalamment le nouveau venu, et lui présenta ia main, en lui disant, avec une familiarité qui fit pâ-

lir toutes les nuances des Deux-Indes sur les visages d'alentour : Vous êtes bien aimable^ monsieur do Mayran, de n'avoir pas oublié le chemin de mes fleurs ; mais je vous avoue, avec ma franchise allemandey que je vous vois toujours avec la plus grande peine.

— Pourquoi, Madame? demanda Gyprien en baisant la main oiTorte.

— Parce que votre visite m'annonce un départ; je suis sûre que vous quittez Londres demain, parce que je vous vois aujourd'hui.

— Non, Madame, dit Gyprien en s'asseyant entre deux êtres équinoxiaux, non classés par Buffon. Je ferai cette fois un séjour assez long en Angleterre.

— Tant mieux! dit l'actrice : je vous avoue, avec ma naïveté italienne, qu'un visage de Paris ne gâte jamais rien dans une réunion d'étrangers.

De Mayran s'inclina d'un air modeste, et les Deux- Indes rugirent en sourdine et ramassèrent leurs chapeaux.

— Étiez-vous à Drury-Lane hier, monsieur de Mayran? poursuivit l'actrice.

— Oui, JMadame.

— J'ai eu un succès délirant. La noblesse et le peuple s'étaient donné rendez-vous à ce beau théâtre. Quelle salle splendide ! quel coup-d'œil ! Avez-vous jamais rien vu de si beau à votre Paris? et comme tout ce public est artiste ! comme il nous tient compte de la moindre fioriture, ajoutée pour lui plaire! On m'a assourdie de bravos; on m'a étouffée sous des fleurs! et avec cela, mille livres de recette brute; deux cents livres de plus qu'au théâtre de Sa Majesté.

— J"ai été l'heureux témoin de votre triomphe, dit de Mayran.

— Demain, je joue Norma. Vous me verrez dans un nouveau costume de druidesse. J'ai commandé à Paris, chez Batton, rue Richelieu, une couronne de verveine,

comme la nature n'en fait pas. Le prince Kajcb-Nandy, que voilà, m'a fait un cadeau superbe pour mon rôle; c'est une faucille d'or massif, avec un manche en ébène et des incrustations de rubis, un vrai bijou !

— Quand vous chantez^ JMadame, dit Gyprien^ on n'admire que votre grâce, on n'entend que votre voix, et tous les bijoux du monde...

— Les bijoux ne gâtent jamais rien, interrompit Tactrice; et puis on ne chante pas toujours, on n'est pas toujours jeune, il faut songer à son âge mùr. Les bijoux, disait une prima donna qui était célèbre, quand j'étais une enfant, les bijoux embellissent la jeunesse et nourrissent la vieillesse des artistes. Gela devrait passer à l'état de proverbe dans notre métier.

Les visiteurs des deux mondes se levèrent, comme s'ils eussent tous obéi à un signal.

— Vous partez. Messieurs, poursuivit l'actrice, vos voilures sont-elles avancées? Vous reverra-t-on bientôt? Viendrez-vous à Drury-Lane, demain?

Toutes les têtes plus ou moins bronzées des adorateurs s'inclinèrent quatre fois pour répondre à ces quatre questions.

Le défilé des voitures s'établit devant la grille du cottage.

De ^layran, qui s'était levé, vit luire, à son adresse, une série de regards fauves, qui s'étaient sans doute essayés dans les bois avant de s'humaniser dans les villes.

Les yeux du prince Rajeb-Nandy roulèrent surtout longtemps dans la direction du jeune Français, lequel subit, avec l'insouciance d'un mari infortuné, les insultes muettes de cette ménagerie humaine, chassée pour insubordination du collège de Carter ou de Mur lin.

— Ces messieurs nous laissent en tôte-à-tôte, dit raQtfice;ce5ont d'excellents jj^arçons^ et tous riches

UN MAniAGE DE PARIS. 59

comme des mines. 11 faut donc les ménager. Je les reçois à la campagne, les jours impairs, à l'heure du lunch. Vouloz-Yous accepter les jours pairs pour vos visites de ville, monsieur de iNlayran?

— Mais, ces messieurs, dit le jeune homme, puisque ce sont des messieurs, ne m'effraient pas du tout. J'étudie riiistoire naturelle et je tiens, puisque l'occasion se présente, à compléter mon instruction.

— Vous les jugez trop, monsieur de Mayran, au point de vue français, qui est orgueilleusement exclusif. L'Angleterre rend un véritable service à la cause universelle de l'hu inanité. Vous dites que c'est par égoïsme aussi ; faites comme elle, et l'univers, grâce à ce double égoïsme, sera bientôt civilisé. Vous venez de voir ici des hommes dont les aïeux, avant lord Cornvv'alis, étaient anthropophages ou herbivores, au moins. La civilisation a passé sur leurs repaires; ils ont rogné leurs griffes, ils ont soigné leurs cheveux, ils ont adouci leurs voix; le travail les a enrichis, les a faits citoyens de la Grande-Bretagne; alors ils viennent è. Londres, preudre nos belles manières, nos modes, nos goûts, nos mœurs. Ils ne veulent conserver que les deux grandes vertus du sauvage : Tamour de la musique et la générosité. On ne peut trouver qu'à Londres cette rare espèce de dilettanti, ayant toujours les mains ouvertes pour applaudir et pour payer. En me voyant, ici, au milieu d'eux, comme leur reine, ils éprouvent un bonheur inconnu des marchands et des bourgeois de Londres. Leurs ambitions amoureuses sont d une modestie qui ne troublera jamais mon repos, et m'enrichira sans me donner une ride. Aujourd'hui, les hommes civilisés ne se ruinent plus pour les femmes de théâtres; eh ^ien! le ciel a pris pitié de ces pauvres femmes qui se tuent, en cinq actes, et en ,si bémol, pour amuser vos ennuis; le ciel va leur enyoyer des amante honoraires par tons les paquebots de

Calcutta et de Bombay. Ces gentilshommes des bois seront toujours cuivrés o ii noirs, mais l'or sera toujours blond.

De Mayran, selon se s habitudes invétérées, écouta cette tirade, en donnatit à sa figure et à son torse les plus gracieuses inflexions de la fatuité ; mais l'actrice, habituée au personnel blond de la jeunesse de Londres, et à tous ces escadrons de géants qui défilent aux revues de la reine, avec des joues de chérubins équestres, n'avait pas daigné remarquer la beauté de son jeune interlocuteur.

— INIadame, dit de Mayrau, les hommages du monde vous sont dus, mais n'éprouvez-vous pas quelquefois, au milieu de vos triomphes, un vague désir d'éloigner un peuple d'adorateurs, pour ne garder qu'un ami, un seul, bien dévoué, bien tendre, dont le cœur répondrait à votre cœur, et qui...

— Vous me mettez en prose un couplet d'opéra comique, — dit l'actrice avec un éclat de rire. — Vraiment, les Parisiens sont naïfs comme des enfants au berceau ! Moi ! j'irais congédier ce peuple qui m'applaudit, et secoue la salle avec ses mains de bronze, pour chanter un duo domestique, avec quelque fade Adonis qui me paierait en fausse monnaie d'amour! Y songez-vous, monsieur de Mayran? Quand on fait, comme nous, au théâtre, avec accompagnement d'orchestre, une si grande dépense d'amour, de tendresse et de passion folle, on éprouve le besoin de se mettre au régime chez soi.

— Madame, excusez-moi, dit de Mayran, les mœurs du théâtre me sont presque inconnues, et vous aurez de l'indulgence pour les erreurs de mon noviciat.

— Monsieur de Mayran, il faudrait une carte pour voyager dans le royaume des coulisses; il y a des écueils partout. Aussi, j'excuse vos erreurs. Connaissez-vous lord Cokrill?

UN MARIAGE TE PARIS. ôl

— Non, Madame.

— 11 a été marin; il a voyagé avec Parry et lioss ; il a relevé, à la pointe du compas, quatorze petits rochers à tleur d'eau, dans TOcéan du Sud. L'an d»Tnier, il se mit en tête de devenir amoureux de moi. Lord Cokrill a loué une loge d'avant-scène pour la saison; il ôte ses gants pour appUudir. Je lui accordai donc la permission de m'aimer. On soir, je jouais dans les Puritaim, et sans songer à lord Cokrill, je me tournai vers sa loge, en chantant un air un peu leste mais pudiquement voilé par l'italien qui est de l'hébreu pour les Anglais.

Vien diletto in ciel e luna, Tutto tace intorno, intorno; Fin ch'al ciel spunti il giorno Vien ti posar sui mio sen.

Mylord comprenait par hasard l'italien : le soir, à >nze heures et demie, en descendant de voiture, je le rouvai sur ma porte de Ghandos-Street. Nous eûmes me explication en italien. Il prit la chose en vrai gen- .ilhomme; il s'excusa de très-bonne grâce. Je lui Dffris ma voiture, il accepta, et je ne l'ai plus revu.

— Vous êtes charmante. Madame, dit Cyprien, mais bien dangereuse.

— Allons donc. Monsieur, avec du courage on s'hanitue au danger. Venez me rendre quelques visites; nous serons bons amis et jamais amants; c'est le seul moyen de s'aimer toujours... Adieu, à dtimain. J'espère vous voir à la Norma. Je chanterai un peu pour vous.

Quelques minutes après, de Mayran montait à cheval pour rentrer à Londres.

En se dirigeant vers Highgate, il s'adressait ce monologue mental :

— Voilà une étrange créature ! et c'est pour cettd

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