‹ Un mariage de princeChapitre 7 sur 17 · J46 UN MARIAGE · texte numérisé non relu

J46 UN MARIAGE

« bles ne valent pas la vie d'un brave tel que « vous!... Je vous ordonne de vivre, et vous « défends de vous battre pour d'autres que « pour moil

c< Napoléon. »

— Soit ! Monsieur... répondit le duc à l'officier; j'obéirai... mais si une femme coupable, murmura-t-il d'une voix sourde, ne vaut pas la vie d'un brave, elle mérite au moins la mort de la main du brave qu'elle a déshonoré!...

Et, s'élançant dans le taillis, il regagna sa voiture, et s'y précipita en criant au cocher : « Rue Taitbout, au palais de la reine de Hollande !.. »

Tandis que ces graves événements se pas-

saient au bois de Boulogne, une femme, belle encore malgré la fatigue et la souffrance empreintes sur ses traits, était agenouillée devant un Christ placé dans un petit oratoire.

Ses yeux rougis par les veilles et les pleurs, relisaient péniblement une lettre qu'elle tenait à la main, et sur laquelle tombait de temps en temps une larme amère et brûlante... cette lettre demandait une grâce... et voici dans quels termes elle l'implorait :

« Madame,

« Je vous ai tout avoué... les torts dont je fus la complice envers vous, mes malheurs, mes fautes, et mon désespoir !

« Vous avez été noble et miséricordieuse, vous m'avez donné plus que la vie. en sauvant

celle de l'homme qui m'oublie pour vous, et que j'adore en le perdant.

c< C'est au prix de votre honneur, c'est par le plus généreux mensonge, que vous avez exaucé ma prière !... Que Dieu vous en récompense, et vous donne sur la terre tout le bonheur dont je n'étais pas digne!...

«Maintenant, écoutez-moi, Madame?.. S'il est une chose sainte et sacrée dans ce monde, c'est le vœu d'un mourant... vous accomplirez donc le mien... car je vais mourir!.. Je ne veux plus vivre sans lui... je le voudrais, hélas î que je ne le pourrais plus !... J'ai commencé par une faute, et je vais finir par un crime !...

« Le ciel me le pardonnera peut-être, car mon crime est environné de douleurs et de remords!...

« Voici ce que j'attends de vous, de votre âme angélique, en échange de sa tendresse, qu'il m'a reprise pour vous la donner : ne l'aimez pas seul, -Madame, aimez ses enfants!... Oubliez même que ce sont les miens, si cette pensée doit leur nuire dans votre cœur?...

« Prenez pitié de ces deux frêles créatures pour lesquelles on vous a surpris le titre de mère ?.. Soyez une mère pour eux, Madame, cachez leur jusqu'au nom de celle qui leur a donné le jour?.. Qu'elles croient à jamais devoir la vie à l'ange que je supplie d'étendre ses ailes sur leurs jeunes années...

« Faites passer dans leurs âmes les douces vertus de la vôtre?.. Faites-vous aimer en mère ; et lorsque ces deux pauvres êtres abandonnés à vos soins pourront unir leurs saintes prières

aux vôtres... dites-leur d'en garder chaque jour quelques unes, pour une amie à vous, qui est morte en vous bénissant...

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