DEUX MÈRES
Entraîné par les événeraenls de notre récit, il nous a fallu quitter pendant quelques instants plusieurs personnages de cette histoire, auprès desquels nous nous empressons de revenir.
Rien ne peut rendre le trouble et l'effroi
qui saisirent l'âme de Blanche, lorsque, la veille du jour où se passèrent les scènes qui précèdent, la jeune femme vit le regard de sa mère s'animer et se remplir de surprise et d'indignation, tandis qu'elle adressait son funeste aveu au maréchal d'A ; lorsque cette
oreille, qu'elle croyait murée à tous les bruits de la vie, perçut tout à coup le son, pour recueillir la preuve d'une honte et d'un déshonneur....
Aussi, tremblante, éperdue, foudroyée par la malédiction de sa mère, Blanche s'abîmat-elle à ses pieds, courbée devant cette imposante colère, mourante de terreur et de désespoir.
Le duc et Voromsoff s'éloignèrent.
A peine furent-ils sortis, que la porte de la
chambre à coucher se rouvrit ; la maréchale reparut...
— Ah ! Madame, s'écria Blanche en la voyant, ma mère, ma pauvre mère!... C'est pour vous sauver que je l'ai tuée !...
La marquise de Montaran releva lentement la tête ; son noble visage était couvert de larmes ; elle regarda la maréchale au travers de ses pleurs... et, retirant sa main dont cherchait à s'emparer Blanche, elle la repoussa loin d'elle, et se leva pour sortir... mais sa faiblesse et son émotion furent telles, qu'elle retomba sur son siège en disant d'une voix brisée :
— Au moins laissez-moi pleurer seule!... La duchesse s'agenouilla près d'elle; et lui
désignant les deux enfants, qui, blottis sous un rideau de croisée, laissaient à peine voir leurs
jolies flgures, tout effrayés de la scène violente dont ils venaient d'être les témoins : Madame, lui dit-elle à voix basse, je vous jure, devant Dieu qui m'entend, que votre fille n'est pas coupable... ces enfants sont à moi î...
Et la maréchale raconta tout à la pauvre mère.
A mesure que madame de Montaran entendait les tristes incidents de cette histoire, ses traits perdaient leur expression de courroux ; et lorsqu'elle connut le dévouement de Blanche pour elle... lorsqu'elle apprit le sacrifice que l'infortunée venait de faire de son honneur, pour sauver les jours de celui dont elle portait le nom, elle tendit les bras à sa fille, en s'écriant :
— Que le ciel fasse retomber sur moi la
malédiction que j'ai donnée à mon enfant, plutôt que de la laisser sur sa tête!...
Et Blanche se précipita sur son sein, en séchant ses larmes sous des baisers.
Les forces de la marquise étaient épuisées par tant de secousses, et la profonde lassitude qui succède ordinairement aux vives émotions chez les natures nerveuses, commençait à fermer les yeux de madame de Montaran.
Blanche montra sa mère endormie à la maréchale , et l'entraîna doucement hors du salon.
Les enfants, imitant ce qu'ils voyaient faire, se prirent par la main, et sortirent en marchant sur la pointe de leurs petits pieds, à la suite des deux jeunes femmes.
— Madame, dit Blanche à la duchesse,
VOUS n'avez pu me rendre l'honneur que ma fatale union m'a ravi ; mais j'ai retrouvé par vos aveux, le cœur de ma mère, et le mien vous en remercie I
La duchesse regarda Blanche avec une tristesse profonde, une de ces tristesses où se peint tout un avenir sinistre î...
— Nous ne nous reverrons plus, lui dit-elle ; mais j'ai jugé votre âme, et j'emporte un espoir qui sera ma consolation et mon dernier bonheur!...
Puis, par un mouvement subit, par un de ces élans qu'une mère seule peut bien comprendre, elle courut à ses enfants, les prit dans ses bras, les couvrit de caresses, les pressa sur son sein avec une expression immense de douleur et d'amour, les quitta, les ressaisit en-
core, et, leur montrant Blanche, leur dit avec un accent pénétrant, comme si elle eût voulu graver ses paroles dans leur éternel souvenir :
— Aimez-la bien, car voici votre mère
Cette abnégation de la duchesse, cette renonciation au titre le plus doux de la nature, cette cruelle expiation d'une grande faute, émurent Blanche de la plus vive pitié... elle lendit la main à la maréchale.
— Ah I s'écria celle-ci en la plaçant sur son cœur, Dieu ne m'a pas tout-à-fait abandonnée, puisqu'il me donne encore l'amitié d'un de ses anges I... Priez pour moi, ajouta-t-elle, et promettez-moi de m'accorder la dernière grâce que je vous demanderai ?.. .
— Je vous le promets, répondit Blanche.
— Merci... dit la duchesse, vous saurez demain ce que j'ose attendre de vous....
Et s'enveloppant dans sa mante, elle sortit, suivie de Blanche, sans osertourner les yeux sur dgard et Méry, car cette vue lui aurait ôté le courage d'accomplir le funeste projet auquel elle ne fut que trop fidèle... et l'infortunée regagna le palais de la reine, pour écrire à cette autre mère la lettre que nous avons lue dans le chapitre précédent... pour lui léguer ses enfants... et mourir !...
Lorsque la princesse re ntra, après avoir fait évader la maréchale par une issue dérobée du jardin de l'hôtel, les deux petites créatures n'étaient plus dans la serre.
Sans doute on les avait reconduites auprès de leur honnête gouvernante ; mais la porte du
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salon où reposait la marquise se trouvait entr ouverte, et Blanche, craignant de troubler son sommeil, souleva doucement la draperie, et plongea ses regards dans l'intérieur de celte pièce avant d'y pénétrer.
Un spectacle étrange et touchant s'offrit à elle.
Un homme était à genoux devant madame de Montaran qui reposait encore.
Des sanglots s'échappaient de sa poitrine, et quelques mots, à peine articulés, arrivèrent jusqu'à Blanche...
— Pardon, disait-il, pardon à vous, la seule
tendresse de ma vie, du mal que je vous ai fait !...
Vous aviez confié le bien le plus précieux, un
trésor d'innocence et de vertus, à ma garde
à la garde de votre seul ami... et cet ami vous n. 14
a trahie !... Cet ami a jeté l'opprobre et la honte sur vos derniers jours!... Mais je m'en punirai...je vous quitterai... je vous fuirai... et j'en mourrai bientôt de regret, car je ne puis plus vivre sans vous, et je ne suis plus digne de vivre près de vous !...
Et le vieillard qui parlait ainsi, saisit le bas de la robe de la marquise, y appuya ses levres avec un respect presque religieux.
Puis il se releva lentement ; et, comme s'il eût laissé son âme aux pieds de la noble femme, il la regarda pendant quelques secondes avec un profond désespoir, prononça le mot adieu, et se détourna pour sortir...
Mais il devint pâle et tremblant comme un coupable que l'on surprend, en se trouvant en face de Blanche, qui l'arrêta.
— Restez, lui dit-elle, ma mère ne sait rien... et votre confession est pour moi seule!
— Tu me pardonnes?... Reprit le chevalier, d'une voix étouffée par ses larmes.
— N'est-ce pas pour elle que vous avez tout fait?... Répondit Rlanche en lui montrant la marquise qui s'éveillait.
Madame de Montaran sembla chercher d'abord à retrouver ses idées... puisses yeux s'arrêtèrent sur le chevalier, et lui montrant sa fille :
— L'on vous a sans doute caché son cruel sacrifice, lui dit la pauvre femme dans son ignorance complète des actes et des lois; je sais que l'honneur vous est plus précieux que la vie, et vous ne lui auriez jamais laissé vendre le nôtre 1
Ces mots traversèrent le cœur du chevalier comme la lame d'un poignard.... il rougit et pâlit tour à tour.
— J'ai agi seule, ma mère... s'empressa de répondre Blanche, venant généreusement au secours de son vieil ami.
— Soit!... Dit la marquise retrouvant toute son énergie passée dans le sentiment d'indignation qui l'animait ; Dieu m'avait retiré l'ouïe pour m'empêcher d'entendre le deshonneur de mon enfant, le regard pour ne la point voir consacrer sa honte au pied de l'autel.... mais à présent qu'il m'a tout rendu, je ne veux, ni ne dois être la complice d'un semblable marché !...
— Ma fille ajouta-t-elle, en se levant seule avec une majestueuse lenteur, et allant détacher
de la cheminée la précieuse miniature qui lui retraçait si fidèlement les traits du marquis de Montaran, je l'adjure de me dire, en présence de cette image vénérée, si tu peux, sans rougir, porter un titre et jouir d'une fortune payés aussi cher!..
Blanche courba la tête, car elle connaissait le caractère inflexible de sa mère ; bonne jusqu'à l'excès dans tous les sentiments de la vie, elle devenait d'une énergie presque dure, lorsqu'il s'agissait de délicatesse ou d'honneur... et la jeune femme comprit que si son âme, à elle, pouvait trouver le pardon dans l'amour, celle de sa mère ne pardonnerait jamais !...
Les idées de la marquise s'unissaient trop à celles du chevalier pour qu'il ne l'entendît pas s'exprimer ainsi avec une secrète joie.
Depuis ce fatal mariage, comme il le nommait, le brave homme n'avait pas goiité un seul jour de repos.
Vivant dans une terreur continuelle que Blanche ne vînt à découvrir le mystère de son union, inventant ruse sur ruse, artifice sur artifice, pour excuser aux yeux de madame de Montaran l'absence incroyable de l'époux de sa fille, il se voyait réduit, ainsi que nous l'avons déjà dit, à redouter le moment où l'ouïe serait rendue à sa vieille amie, en songeant que les difficultés et les restrictions d'une conversation écrite, les omissions qu'il pouvait y faire, disparaîtraient devant des questions nettement posées par l'esprit droit de la marquise, et dont son oreille allait tôt ou tard solliciter les réponses claires et précises.
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Faut-il le dire aussi ? Les jouissances de cette immense richesse n'étaient pas ce qui avait le plus séduit M. de Saint-Laurent; il se fût contenté d'un bien-être doux et modeste, pour ses deux amies; et ce bien-être, le hasard, sa bonne étoile, le leur avaient fait rencontrer, à la grande joie du chevalier.
Quelques biens du marquis de Montaran, dont le peu de ressources de sa veuve ne lui avait pas permis de poursuivre la restitution, lui avaient été rendus, grâce à certains sacrifices faits à propos, et peut-être, à l'invisible protection qui veillait constamment sur la jeune princesse.
Cette aisance une fois assurée à la marquise et à sa fille, le chevalier aurait fait bon marché d'une fortune si cruellement acquise.
La rancune d'ailleurs, ne perdant jamais ses droits chez certaines organisations irritables comme celle de M. de Saint-Laurent, il supportait avec un vif chagrin l'espèce d'autorité qu exerçait sur lui l'ex-père Daquin, le comte Voromsoff, dans leurs fréquentes relations.
Ce mauvais génie, ainsi qualifié par le chevalier, le dominait par l'empire que lui donnait e secret important dont il l'avait rendu solidaire, et M. de Saint-Laurent, enveloppé de toutes parts dans les fils de ce drame mystérieux, se débattait vainement contre les dards aigus que lui lançait à tout propos son malin et subtil adversaire.
Le chevalier aurait donné tout au monde pour combattre son ennemi à armes égales ; et ce fut par tous ces motifs qu'il abonda vive-
ment dans le sens de la marquise, oubliant, dans son irritation, jusqu'à l'aveu de l'amour de Blanche pour le prince.
— Il ne m'appartient pas, dit le chevalier voyant que Blanche gardait le silence après les véhémentes paroles de sa mère, de dire mon avis dans celte grave circonstance ; mais si la princesse n'était retenue dans le parti qu'elle doit prendre, que par de généreux égards pour son époux, il me serait facile de l'en dégager en lui révélant un fait, qui doit d'autant plus la dispenser de tout procédé envers le prince Metzerski, que son bonheur avec lui ne serait jamais possible !
Blanche regarda le chevalier, stupéfaite de voir un ennemi, là où elle s'attendait à trouver un allié.
— Le prince, continua celui-ci, a fait le serment à la véritable mère de ses enfants, à sa maîtresse enfin, de ne jamais vivre près de sa femme, tant que la duchesse d'A.... existerait.
— Horreur !... Dit la marquise.
Blanche se sentit mourir... car cette affreuse
idée n'avait fait jusque-là qu'effleurer son esprit, et son cœur indigné l'avait toujours repoussée.
— Ma fille, dit la marquise en l'attirant sur son sein, l'amour même ne résisterait pas à une pareille injure... des titres et de l'or ne sauraient attacher une âme comme la tienne !... Laisse donc à ta mère le soin de te consoler de tant de douleurs !
Le nom de mère que j'invoque, les droits de ton vertueux père dont j'hérite sur toi, ne me
permettent pas de laisser mon enfant courber plus long-temps son front sous lejoug honteux qu'on lui a imposé!... Mais s'il était possible que la fille du marquis de Montaran voulût continuer plus long-temps à le supporter, ta vieille mère ne serait pas témoin de cet opprobre, et irait mourir seule, loin de toi!...
Choisis donc entre l'auteur de tous tes maux, et moi qui ne t'ai jamais donné que du bonheur!...
Blanche, pour toute réponse, se jeta dans les bras delà marquise... et celle-ci sortit accompagnée de M. de Saint-Laurent.
La jeune femme ne faiblit point sous ce nouveau coup. L'orgueil vainquit la passion; car les blessures de l'amour-propre sont plus cuisantes que celles de l'amour !..
Elle excusait tout dans la conduite d'Odoart, la cruelle nécessité du sacrifice de son honneur déjeune fille, le mystère qu'on lui en avait fait... mais le serment de ne la revoir jamais!... Les mots d'amour qu'il osa lui dire en appartenant pour toujours à une autre!... Tant de honte, tant de perfidie réunies, portèrent le désespoir et l'exaspération dans cette âme tendre et candide... sa résolution fut prise !
Trois jours après, la physionomie de l'hôtel Montaran avait un aspect triste et sévère, contrastant avec le mouvement qui s'y faisait remarquer d'ordinaire.
Le chevalier de Saint-Laurent, debout dans sa chambre démeublée, se préparait à recevoir une visite qu'on venait de lui annoncer.
Le comte Voromsoff entra.
A sa vue, un sourire goguenard, et presque fiéleux, passa sur les lèvres du chevalier.
— La princesse n'est pas visible, m'a-t-on dit?... Fit le comte en saluant M. de Saint- Laurent.
— On vous a dit vrai !... Répondit celui-ci. Que voulez- vous? Après tant d'émotions diverses, une âme plus forte que la sienne éprouverait le besoin du repos et de la solitude!...
— On m'assurait, reprit Voromsoff avec malice, que Monsieur le chevalier avait provoqué le misérable dont l'insolente indiscrétion a produit un si affreux scandale au bal de la Ville, et je craignais que la jeunesse et la force du maître clerc...
— Ne triomphassent de mon âge et de ma faiblesse!... Interrompit le chevalier. Monsieur, cet intérêt me touche... mais vous avez pu voir par vous-même, avant-hier, au bois de Boulogne, qu'il y avait toujours moyen d'égaliser les chances d'un duel !...
— Vous êtes instruit de celui du prince?... Dit VoromsofF surpris, car cette affaire avait été tenue très-secrète.
— Comme si j'y eusse assisté moi-même !... Reprit le chevalier. Au demeurant, ma provocation au maître clerc, comme vous nommez ma visite à ce drôle, ne m'a pas forcé de recourir à un parti semblable... il était, à ce qu'il paraît, menacé depuis longtemps d'une jaunisse, et il a profité de celte occasion pour l'avoir... c'est du bonheur, n'est-ce pas?
— Monsieur, dit le comte d'un air grave, un motif plus sérieux que celui d'une conversation banale m'amène dans cet hôtel.
— Je m'en doutais, fit le chevalier en souriant, car on ne voit jamais monsieur le comte que dans les grandes occasions.
— Je viens, par des motifs inutiles, je pense, à vous donner, continua Voromsoff, prévenir madame la princesse, de la part de son époux, que l'intention, et mieux encore, le plus vif désir de son Altesse, serait de la voir près de lui!
— Bahl Fit le chevalier; ce désir-là n'est pas venu vite à son Altesse... mais enfin il est venu !..
— Le prince, continua Voromsoff, repart dans quelques heures pour la Russie, rappelé
parla guerre qui vient d'éclater avec la France ; il lui serait difficile d'emmener la princesse et leurs enfants, étant forcé lui-même de faire très-rapidement ce long voyage ; mais j'aurai l'honneur de servir do guide à la princesse... et si Monsieur le chevalier était d'humeur à nous accompagner?...
— Trop de bonté!... Dit le chevalier; je ne vais pas habiter chez les ennemis de mon pays... en temps de guerre, surtout!...
— Je partirai seul, alors, avec la princesse... reprit Voromsoff.
— Je ne crois pas qu'elle vous accompagne dans ce voyage... dit le chevalier.
— Et qui s'y opposerait? Reprit le comte.
— Une raison bien puissante. Monsieur!... Répliqua le chevalier en se levant et regardant
Voromsoff de son plus grand air de gentilhomme... le refus de la noble jeune femme, dont vous avez fait trop longtemps le jouet de vos intrigues, et qui, lassée enfin de cette humiliante condition, m'a chargé de vous annoncer trois choses... et je vais, ajoula-t-il en le saluant, accomplir à mon tour ma mission ! . . .
— Et quelles sont ces choses, Monsieur? Dit le comte fort ému.
— La première, répondit le chevalier, c'est que Blanche de Montaran déclare qu'elle ne portera plus le nom d'un époux qui n'est pas le sien!...
La seconde, c'est qu'elle rend à son Altesse
tout ce qu'elle en a reçu, et se contentera dé-
sormais du peu de bien qui lui est revenu de son père...
La troisième, enfin, c'est qu'elle et sa mère sont parties pour une retraite impénétrable, où tout votre or et toute votre habileté ne parviendront pas à les découvrir.
— C'est ce que nous verrons!... Dit Voromsoff hors de lui.
— Vous le verrez, monsieur... reprit le chevalier ; et quant à ses enfants, aux enfants de la princesse, entendez-vous, car vous les lui avez fait bien légitimement reconnaître, elle les emmène, comme le seul souvenir qu'elle ait gardé du prince Metzerski I
— Sans femme 1 Sans enfants! s'écria Vo-
romsoff avec une vive douleur, — que lui restera-t-il donc?
— Un remords I — Répondit le chevalier de Saint-Laurent.