CHAPITRE IV
La tante Médé.
Nous laisserons la famille de Védelle faire avec empressement les honneurs de la Pinède à la belle Denise, et -nous suivrons le notaire, sa femme et sa fille, qui, en quittant le château, allèrent passer le reste de la journée dans une maison de campagne nommée les Capucins, propriété d'une tante de M. Lescalle.
Cette tante était une vieille fille portant le nom prétentieux de Mesdélices, qu'une abréviation familière du provençal faisait appeler dans le pays Mise Médé.
Mlle Lescalle avait été jeune pendant les années orageuses de la Révolution; quand, sous l'Empire, Tordre se fut refait dans les fortunes et dans les esprits, elle se trouva en possession d'un assez joli patrimoine- en bonnes terres, et les partis ne lui manquèrent pas, quoiqu'elle commençât a se faire mûre. Le vieux baron de Croix-Fonds lui-même, fort ruiné par l'émigration, daigna solliciter la main de l'héritière ; il fut repoussé comme les autres. Mesdélices Lescalle, avec un tact fin assez rare, avait vite compris qu'à son âge elle ne pouvait être recherchée que pour son argent, et, ne voulant pas être l'appoint d'un marché, elle se résolut à rester fille.
Tourmentée cependant par ce besoin d'affection qui ne meurt jamais au cœur des femmes, elle s'attacha vivement à son neveu Toussaint Lescalle, dont elle se fit la protectrice infatigable.
A cette époque, le jeune Lescalle faisait son droit à Paris, et il s'adressait souvent à la bourse de la tante Médé pour le tirer des embarras où le plongeaient les conséquences de son goût excessif pour toute espèce de plaisirs. Au bout de cinq ans de séjour à Paris, le jeune Lescalle se trouva muni de diplômes en règle et fort dépourvu de moyens d'existence, étant réduit à ses seuls talents, dont il avait lui-même assez mauvaise opinion.. En cet état de choses, il accepta avec empressement l'offre que lui fit la tante Médé de lui acheter une charge de notaire à la Ciotat.
Toussaint Lescalle se transforma alors complètement; il dépouilla l'étudiant pour revêtir le fonctionnaire, il se maria, et le libertin prodigue de l'École de droit
devint un homme rangé, exact, positif, et d'humeur fort sévère pour quiconque se permettait de vivre comme il
avait vécu.
Règle générale : un homme oublie toujours très-vite sa conduite passée, quand il lui serait gênant de s'en souvenir.
Le temps intervertit Lien complètement les rôles; car il vint un moment où le notaire se révolta en voyant sa tante pencher à l'indulgence pour des jeunes gens peutêtre beaucoup moins mauvais sujets qu'il ne l'avait été lui-même.
En 1819, la naissance de Rose mit dans la vie de Misé Méclé le premier bonheur qu'elle eût encore ressenti. Quand elle prit dans ses bras le nouveau-né, ce petit être frêle et doux dont la faiblesse sollicite si éloqueninient la protection et la tendresse, la vieille fille se sentit inondée d'une émotion indicible, et des fibres mystérieuses frémirent en elle sous la révélation d'un sentiment inconnu. La maternité s'éveillait clans ce cœur simple et profond, si bien fait pour être un cœur de mère.
L'enfant étroitement serré contre son sein, Mlle Lescalle courut trouver son neveu.
« Toussaint, lui dit-elle, si tu éprouves un peu de reconnaissance de mon affection pour toi, accorde-moi ce que je vais te demander.
— Parlez, ma tante, je n'ai rien à vous refuser.
— Donne-moi ta fille à élever.
— Quoi ! ma tante, vous voulez?...
— L'emmener aux Capucins avec sa nourrice. Vous viendrez la voir, toi et ta femme, tant que vous voudrez; ne me refuse pas cela, je t'en prie, mon cher neveu.
— Mais, ma tante, il n'a jamais été question que
vous prendriez la petite. Comment cette idée vous estelle venue?
— En la voyant, en l'embrassant; je n'ai jamais compris avant aujourd'hui combien je pouvais aimer un enfant; je n'en avais pas vu de si petits. Cela m'a remué le cœur, j'ai eu comme une révélation ; si cela m'était arrivé déjà, je n'aurais, je crois, pas résisté au désir d'être mère.
— Eli bien ! pensa le notaire, il est fort heureux pour nous que la tante songe à cela trop tard. Ma foi, tante Médé, ajouta-t-il tout haut, je ne vois pas d'inconvénient à vous satisfaire, l'enfant sera certainement très-bien chez vous; pour ma part, je consens; entendez-vous avec ma femme. »
Mme Lescalle ne résista pas longtemps aux instances passionnées de la grand'tante, et Misé Médé triomphante emporta sa petite nièce comme une proie. A dater de ce jour, son existence, jusque-là solitaire et monotone, fut remplie et égayée; elle aima la petite Rose d'une affection où se confondirent tous les instincts aimants de son cœur. Rose fut sa joie, son souci, sa pensée de tous les moments, et cette grande maison, qu'elle avait trouvée si souvent déserte et silencieuse, lui parut illuminée de rayons et remplie d'harmonie, dès qu'elle fut vivifiée par la présence de Fenfant adorée.
Cette maison de campagne de Misé Médé avait été autrefois F ancien et célèbre couvent des Capucins de la Ciotat ; placée sur une grève inclinée devant laquelle les vagues venaient incessamment se briser contre une ceinture de petits écueils à fleur d'eau, elle était dans une situation admirable, entourée de jardins dont les terrasses dominaient un horizon sans limites. Le lieu avait été bien choisi pour y bâtir un couvent : nulle part l'homme ne se sent si petit et ne sent Dieu si
grand qu'en face de l'Océan immense et des cieux infinis.
C'est dans ce lieu, en présence des plus belles œuvres de la nature, couvée par la tendresse intelligente de sa grand' tante, que Rose passa les premières années de son enfance. Quand elle eut dix ans, son père décida de la mettre en pension.
La tante Médé pleura pendant huit jours, sans essayer de combattre la résolution de son neveu; dans sa sainte humilité, elle se jugeait incapable de diriger l'éducation de Rose, et cependant elle n'eût jamais pu prononcer la première le mot séparation.
Gomme tous les gens auxquels manque cette perception supérieure qu'on pourrait appeler le sens du cœur, M. Lescalle raisonna fort mal en ôtant sa fille à sa tante, pour la confier à des religieuses de petite ville. Il eût mieux valu, pour la jeune fille, écouter les entretiens de Misé Médé, apprendre auprès d'elle ce peu de bonnes et sérieuses choses qu'elle pouvait lui enseigner, et développer son esprit librement au milieu de cette grande nature, que d'aller s'étioler entre les murs noirs et tristes du couvent de Saint-Benoît. Mais M. Lescalle ne raisonnait pas ainsi; il envoya donc sa fille lire les livres fades ou tronqués des bonnes religieuses, et gâter ses jolis doigts en tapant sur les touches jaunes d'un piano poitrinaire.
Il résulta de cette fausse appréciation de M. Lescalle que Rose, après six années de séjour à Saint-Renoît, revint dans sa famille avec une instruction très -superficielle, un affreux talent de pianiste tapageuse, Une ignorance'profonde du vrai en tout , et conséquemrnent une prodigieuse quantité d'idées fausses.
M. et Mme Lescalle furent néanmoins enchantés des talents de Rose, quand ils l'entendirent exécuter des
morceaux de Herz tout d'une haleine et regardèrent la tète de Romulus et celle de Niobé dessinées par elle à la sanguine. La tante Médé fut moins enthousiaste : son jugement droit l'avertit tout de suite que Rose avait beaucoup perdu pendant ces six années ; mais tout mécompte fut effacé pour elle devant la joie de voir sa chère petite-nièce rendue à sa tendresse de chaque jour.
Les circonstances les plus minimes prenaient , on le comprend, un intérêt énorme aux yeux de la bonne demoiselle, dès que Rose s'y trouvait mêlée. Aussi avaitelle fait promettre à son neveu de s'arrêter aux Capucins en revenant de la Pinède ; elle voulait savoir comment Rose s'était tirée de cette première petite introduction dans le monde.
Misé Médé s'agita donc assez en attendant le retour de son neveu; contrairement a ses calmes habitudes, elle mit dix fois la tête à la fenêtre en une heure ; son anxiété allant croissant, elle vint s'asseoir sur le banc de pierre placé devant son portail, et tricota avec une activité fébrile le gros bas de laine destiné à ses pauvres.
Au moment où elle nous apparaît , Misé Médé atteignait ses soixante et dix ans; c'était une femme grande, maigre et se tenant encore très- droite; elle avait le visage long, le nez mince, la bouche rentrée par l'absence de dents; ses traits indiquaient une certaine force de volonté , et auraient eu peut-être un peu de dureté, s'ils n'eussent été accompagnés par la douceur de deux grands yeux gris encore fort beaux.
Elle portait invariablement une espèce de costume tenant a la fois de la religieuse et de la paysanne , une robe ample et foncée, un bonnet à larges tuyaux et un fichu de linon empesé, très-bouffant sur l'estomac, qui n'avait jamais mieux mérité son nom de fichu menteur ,
dont on le baptisait an siècle dernier, qu'en couvrant cette maigre poitrine.
Quand le flamboyant chapeau de Mme Lescalle apparut à r angle de la route, la vieille demoiselle se leva et alla au-devant de sa famille.
« Eh bien! Virginie, dit -elle à sa nièce, êtes -vous contente de votre visite ?
— Hum ! fit Mme Lescalle , Mme de Védelle n'est guère aimable, quoique polie. Elle est empesée comme un rabat, cette femme-là.
— Et le comte? '
— Ma foi! je ne Fai pas vu; c'est tout au plus s'il nous a saluées.
— Ma chère, le comte avait à me parler de ses affaires, dit le notaire.
— C'est juste ; nonobstant , il aurait bien pu nous causer quelques moments.
— Il nous a envoyé son fils.
— Ah ! oui , et un charmant jeune homme , par exemple ; figurez-vous, tante Médé, blond, grand , avec des moustaches et des boutons en émeraude à sa chemise ; ah ! un joli garçon.
— C'est celui qu'on appelle....
— M. Jacques, dit Rose, en aidant la mémoire de son père.
— Ah ! tu as retenu son nom , toi , fillette , dit la tante Médé en riant.
— Il regardait beaucoup Rose , ajouta à voix basse Mme Lescalle ; il lui a même fait compliment de sa fraîcheur.
— Il y a bien de quoi, reprit la tante en embrassant une des joues veloutées de Rose.
— Ce qui vaut mieux que les compliments, ma tante, c'est la certitude d'avoir à l'avenir la direction des af-
faires du comte ; il est fatigué de s'en occuper et me charge de tout pour l'avenir. Cela me donnera sans cesse occasion d'aller à la Pinède ; déjà j'y déjeune demain. Nous avons à causer d un bail à dresser.
— Ah ! comme les Arnoux vont enrager en apprenant cela ! dit Mme Lescalle.
— Justement , il n'en faut pas parler, Virginie.
— Pourquoi cette défense, mon ami?
— En ne disant rien, Me Arnoux croira que je vais à la Pinède tout simplement et comme un intime ; l'effet sera bien meilleur.
— Tu es donc toujours vaniteux, mon pauvre Toussaint? dit Misé Médé.
— Ma tante, on vaut ce qu'on se fait valoir ; j'ai appris cela à Paris. Pour une personne qui va aux preuves, il y en a cinq cents qui vous croient sur parole.
— Elle est bien humble, ta maxime, mon neveu. J'en sais une plus fière.
— Laquelle, ma tante ?
— Il vaut mieux être que paraître.
— Laissons les maximes et les proverbes, Misé Médé, et convenez de ceci : si l'on me croit dans la ville en relations intimes avec le château, le relief en sera grand; si, au contraire, je me pose en notaire factotum du vieux comte de Védelle, je n'en tirerai pas beaucoup d'avantages. Laissez-moi mener ma petite barque , ma tante; elle ne va pas déjà tant mal : je suis influent aux élections ; chacun me fait un doigt de cour ; les Richer me flattent, les Croix-Fonds me craignent; je ne sais même pas si ce vieux comte de Védelle n'a pas aussi quelque arrière-pensée de ce côté-là. J'ai pu le pressentir; l'avenir éclaircira tout cela; pour aujourd'hui, allons dîner, nous causerons à table. »
On entra aux Capucins; le dîner fut servi sur une
grande terrasse plantée d'orangers , de laquelle on découvrait une immense étendue : à droite , les murailles crénelées, les portes massives de la Ciotat, dominées par les toits de la ville ; au loin , un grand rocher de poudingue, appelé le Bec-d' Aigle, se profilant fièrement sur le ciel ; à gauche, la ligne harmonieuse des collines, derrière lesquelles est creusée la rade de Toulon; en face, au premier plan, le pittoresque îlot de Y Ile- Verte et les horizons de la grande mer, que le soleil changeait en un lac d'or mouvant.
C'était juste le moment où Georges de Védelle , le front appuyé à sa fenêtre, regardait sans le voir ce magnifique spectacle.
« Vois donc, Rosette, comme la vue est belle sur ma terrasse. J'ai fait ôter les treillages qu'on avait mis autour, dans ton enfance , pour t' empêcher de tomber, petite, et maintenant rien ne gêne plus le regard.
— Oh ! tante Médé , que c'est beau ! dit la jeune fille, après un moment d'admiration recueillie ; je n'ai jamais vu le soleil comme cela à Saint-Benoît : les murs étaient trop hauts. »
La conversation sur les gens du château fit encore les frais de l'entretien. Au milieu des narrations un peu diffuses de Mme Lescalle, la tante Médé dit :
a Mais Virginie me parle toujours du même jeune homme ; Mme de Védelle n'a-t-elle pas deux fils?
— Oui, tante Médé, il y en a un autre , le cadet, dit Rose, un petit, pâle, bien singulier; il ne nous a pas dit quatre mots; il a l'air sauvage.
— Le cadet ne compte pas , reprit Mme Lescalle , c'est un drôle d'être , une espèce de maniaque. Entre nous, on le dit fada1, et ça se voit bien.
1. Fada est une expression usitée dans les provinces méridio-
— Qui dit cela ? demanda le notaire.
— Qui9, tout le monde: Gautier, le paire (fermier) de la Pinède, Manoëlç, qui va là-bas en journée, et Marion la laitière.
— Qu'en savent-ils?
— Pas plus tard qu'hier, Marion nra raconté, qu'en allant au Beausset au milieu de la nuit avec son fils, ils ont vu une ombre marchant gravement au bord de la mer; ils ont eu d'abord grand'peur, mais en approchant ils ont reconnu le jeune M. de Véclelle. Elle lui a alors parlé ; il ne lui a pas répondu et s'est vite éloigné ; il était sans chapeau, les cheveux au vent, et il l'a regardée avec un air effrayant.
— Quels commérages recueilles-tu là? dit le notaire.
— Comment ! trouves-tu donc d'un homme raisonnable de courir comme cela les grèves à trois heures du matin, au lieu de dormir ?
— C'est un enfantillage; il voulait faire peur aux femmes allant au marché avant le jour.
— Je pense comme toi là-dessus : c'était pour effrayer les filles; mais on ne doit plus faire de ces niches-là passé douze ans, si on n'est pas fada.
— Mais, fit la tante Médé, ce pauvre jeune homme a peut-être des agitations maladives, s'il est dans l'état que vous dites; les fadas ont les nerfs malades, beaucoup d'entre eux dorment très-difficilement. Que dit la comtesse de l'état de son fils?
—■Elle n'en parle pas, elle a l'air d'en être honteuse; elle est devenue tout embarrassée, quand il nous a si brusquement plantées là, Rose et moi,
nales. Ce mot a une signification impossible à rendre en français. Fada ne veut pas dire un idiot, mais seulement un être resté enfant au delà du terme de l'enfance.
— Et le comte?
— Le comte ne m'en a pas dit un mot, reprit le notaire; il ne paraît guère l'aimer.
— Pauvre jeune homme ! qui l'aimera s'il vient à perdre sa mère? dit Misé Médé.
— Bah! ma tante, ne soupirez pas sur son sort, fit en riant M. Lescalle; son père est riche, il trouvera bien une femme qui s'en chargera. Quand on peut donner à un malade quinze mille livres de rentes pour se faire soigner, les gardes-malades de bonne volonté ne manquent pas.
— Ah! mon père, un fada, c'est bien pis qu'un malade, s'écria Rose.
— Je suis de l'avis de Rose, dit la tante Médé.
— Et sur quoi bases-tu cette grande antipathie? demanda M. Lescalle à sa fille.
— Sur ceci, cher père : un malade, d'abord, peut guérir. Puis, chez un malade, le corps seul est atteint; il peut vous être reconnaissant de vos soins, vous aimer : le fada a l'esprit malade ; il ne comprend même pas ce qu'on fait pour lui.
— Oui, ce doit être affreux, continua la tante Médé, d'avoir près de soi un corps jeune et vigoureux dont l'âme est comme absente.
— Eh bien! un tel mari n'est pas gênant, reprit le notaire ; on le traite comme un grand enfant dont on a accepté la garde.
— Mais, papa, celui-là n'est pas un grand enfant sans volonté, comme vous le croyez bien; il a, au contraire, toutes sortes de manies bizarres, d'entêtements déraisonnables. Il prétend empêcher son père de cultiver ses terres, afin d'y voir pousser les buissons de câpriers, dont il aime les fleurs ; il ne veut pas laisser couper une branche d'arbre qui entre chez lui par une
fenêtre; il habite un grenier où, comme un maniaque qu'il est, il entasse mille choses baroques et inutiles; il ne veut pas s'habiller comme tout le monde, il porte des vestes comme Lieutaud, le garde-chasse, et des guêtres de peau comme le facteur. A le voir, on ne le prendrait pas pour le fils d'un comte, je vous assure.
— Ce que Rose te dit là est exact, reprit Mme Lescalle, et ajoute à cela qu'il n'a pas même l'air de comprendre quand on lui parle.
— Tout cela peut être vrai, ma chère amie ; cependant ce garçon-là trouvera une femme quand il voudra. C'est joli, vois-tu, d'être riche et de s'appeler la baronne de Védelle.
— Peux-tu dire de pareilles choses, Toussaint? Épouser un fada! C'est une pensée à faire horreur! Songe donc, ajouta plus bas Mme Lescalle, une fois mariée, il faut être la femme de son mari, et.... tiens, c'est révoltant; j'aimerais cent fois mieux soigner toute ma vie un infirme que d'épouser un de ces fous tranquilles.
— Bon, bon, madame Lescalle, ne t'emporte pas; on ne veut pas te le faire épouser. »
La conversation prit un autre tour. Après le dîner on quitta la tante Médé, et chacun revint à la ville assez préoccupé : le notaire songeant à tirer le meilleur parti possible de ses relations avec la Pinède, Mme Lescalle rêvant de faire venir une robe de Marseille pour sa prochaine visite au château, Rose se rappelant involontairement le beau visage de Jacques; et, repassant dans son esprit chacune des paroles qu'il lui avait adressées, elle le comparait à Artémon Richer de Montlouis, le lion de la Ciotat, et le trouvait plus élégant et plus aimable, ce II va retourner à Paris! » pensait-elle avec un soupir.