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> .70 UN MARIAGE EXTRAVAGANT l'être seule, ou malheureuse, ou abandonnée. Si papa le voulait j’y retournerais demainf » « Mais papa ne veut pas, interrompif le major en éclatant de rire. Papa ne peut plus de passer de son agneau bienaimé. M, Caryll, que voici, fera tout son possible, j’en suis sûr, pour te distraire, petite. Chut! écoutez; j'entends frapper à la porte. Voilà enfin les autres. » En ce moment, avec des rires bruyants, des trépignements et beaucoup de remue-ménage, trois ou quatre officiers entrèrent et furent successivement présentés. « Ma fille Rosamonde. » Je ne sais quel effet produisit sur eux sa vue, Je ne puis parler que de moi. Dès le premier moment où je jetai les yeux sur le visage de Rosamonde Lowell, je perdis la tête. Vous me connaissez assez, Lucie, reprit le narrateur avec un demi-sourire, pouffsavoir que je ne fais jamais ces choses là à demi. Mais cette fois c'était différent de tout ce qui avait eu lieu auparavant. Je regardai une fois seulement ces ad”
mirables yéux si ténébreux, et je me dis : « J’é-
pouserai Rosamonde Lowell , S'il est au poüvoir d'un mortel de le faire. » Je ne perdis pas de temps pour réaliser mon vœu. Il n’est pas étonnant que mes camarades en aient ri. Is admiraient, eux aussi, la fillé de Lowell, sans aucun doute... c'était fort naturel... mais leur admjration n’atteignait pas les hauteurs de la ‘folie. Ils me aissèrent ce lot. Je refusai de jouer à l’écarté, je refusai les: rognons sautés, le douteux sherry… j'étais déjà suffisamment enivré. Cette Rosamonde sans rivale me souriait timidement; elle, n’était pas habituée À cette passion soudaine et fou royante.. ange timide! Néanmoins elle sourit et permit de l’accompagner dans le coin éloigné l'appartement
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où se trouvait le piano, pendant que les autres jouaient à distance et que le major, avec une grande impartialité , les dépouillait tous indistinctement. Elle joua du piano pour moi... elle chanta pour moi, avec une riche voix, de contralto, Je la vois encore aujourd’hui comme elle était dans cette pre-
ière fatale soirée, vêtue de rose, avec des roses
blanches à sa ceinture et à son corsage, la lumière des bougies inondant de clarté sa rithe et brune beauté. Pouah! l'odeur des roses blanches me fera vomir jusqu’à ma dernière heure. I] était tard quand nous primes congé. Mlle Lowell, après avoir salué les autres d’un air maussade, me tendit la main en me saluant gracieusement. Je sortis de l’appartement, chaud et bien éclairé, pour passer à l’obscurité pluvieuse et triste de la rue, à minuit, avec la tête et le cœur en ébullition. Les autres, d’abord assez ihsensibles à leurs pertes au jeu, s’amusèrent
assez lordement de moi. Mais le major les avait
tous si bien saignés à l'écarté, que leurs grosses sé blaisanteries ne tardèrent pas à faire place à un :
silence morose. Ils devaient revenir le lendemain sôir pour ‘prendre leur revanche, et le major m’avait invité, moi aussi, à les accompagner. « Quoique vous nous délaissiez, Carryll, mon cher ami , dit-il dé sa grosséoix débonnaire » Vous empêchez la petite Rosie ‘s’ennuyer à périr. Qui, oui, venez xpportez-lui de nouvelle$ romances. Elle a une passion pour la musique, ma fillette, et une voix qui mendrait la Nilsson jalouse, si son pauvre vieux papa pouvait se résoudre à lscultiver. » Je fus
- fiévreusement agité pendant les lofffues heures de. la matinée. « Rosamonde.… Rosamonge1.., pétai-je - Saps ceSse. Il y a une douce mu: