‹ Un mariage extravagant [microforme]Chapitre 17 sur 44 · S, NOUS · texte numérisé non relu

S, NOUS

ma physionomie, sant un effroyabl

ne pas le tuer. Ce que je me rappelle après cela, c’est que je me retrou vai dans la rue sombre, au nilieu de la À tourmente. Il était-près de minuit. A cette heure etpar ce temps, il n’y avait personne déhors à Toronto. Une foue de feu semblait tourner dans mon cerveau. Une effroyable et indescriptible horreur s'était emparée de moi. J'avais conscience de cela, maïs pas d’autre chose; j'étais stupéfait. Et puis il me semblé qu’en | . uninstant la nuit était passée’et que le jour avait paru. J'étais resté plusieurs heures dans les rues glacées. Avec la lumière du matin, les nuages de mon cérveau parurent se dissiper et je sentis toute l’horreur de : ma situation. de cet acte inQui, honteux, inqualifiable! La fille quej’avais aimée, en qui j'avais eu foi, que J'avais épousée, était la misérable qu'il avait retirée de la fange…. le rebut des rues de New-York: Et l’homme qui l'avait aveuglément, follement aimédFelle l'avait

u À joué et en avait ri depuis le commencement jusqu’à la NN * fin. Le démon de la rage sembla alors s’être emparé NET de moi. Je retournai à la maison. à la maison,

oh! ciel !.… avec une pensée, ung résolution ünique... la tuer et me tuer ensuite. »

Gordon s'arrêta un moment et passa lentement Sa main sur son front comme si ces souVenirs l’affigeaient au delà de toute expression. Encore une fois il regarda fixement sa cousine‘*et continua son récit.

< Elle n’était pas là. Elle m'avait entendu entrer. elle était descendue sans bruit, et avait tout écouté.

Puis elle était alors remontée à sa chambre, elle s'était habillée, elle avait pris tout son argent et ses bijoux et À elle s’était enfuie. ‘On m’a raconté tout cela. trois ou quatre de nos camarades se trouvaient. là, et un étrange et morne silence régnait dans ia maison. Le major Lowell était mort. Ce qui se passa après cela, pen- |

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ru UN MARIAGE EXTRAVAGANT . . 85

dant une semaine %u deux, est enveloppé de ténèbres “et forme comme un chaos dans mes Souvenirs. Je ne me brûlai pas la cervelle, je sais: à peine comment je fus préservé de cette dernière lâcheté, mais il en fut ainsi. On enterra le major et peu à peu l’histoire courut là ville. Je n’essayai pas de la poursuivre 5e premier paroxysme de ma folle rage passé, une soudaine réaction s’opéra en moi. Je fis une demande de divorce. Une simple séparation n’eût pas suffi... je voulais briser tout lien pouvant me rattacher à elle. J’écrivis à mon père et à ma mère. je leur racontai tout. tout. sans leur rien. cacher. Alors mon congé

arriva, et je quittai Toronto pour toujours. Des mois:

s’écoulérent. Je vécus dans là retraite à Montréal ; enfin la sentence de divorce fut rendue... J'étais libre! je retournai au pays natal. Avant itter le Canada pour n’y jamais revenir, je me reñdis à Québec pour rendre visite à un vieil ami de ma mère, mon parrain, le général Forrester. Naturellèment mon histoire était connue à Québec. n’av it-elle pas été colpqrtée par toute la contrée ? Mais le. bon vieux général n’y fit aucune allusion et il insista pour que je vinsse dîner au mess le jour de mon arrivée. J'y consentis. J'avais mené une existence d’ermite pendant cinq mois... il me tardait de voir des figures amies... Au dîner, tandis que les plaisanteries et les his. ioires allaient leur train autour de la table, quel-

qu’un proposa joyialement de boire à la santé de

des éclats de rire d’enthousi è, naturellement de cette célèbre dà pour le moment son nom mortel é

Je m’informai a @t j'appris que it’ Mme Gordon, richesse fabuleuses, qui était venue

LA

fut accueilli avec.

te =

Me

mois auparavant et s'était enfermée. dans une vieille maison déserte, pour y pleurer en silence, sans doute le cher défunt. La vérité m'apparut alors comme un rayon de lumière. « Très-intéressant en vérité, Ercildoun, dis-je, ce que vous m’apprenez d’elle. A

qui devons-nous boire? à une jolie blonde ou à une

belle brune?—Brune.. brune. une peinture du Titien. Des yeux comme des prunes sauvages, et une chevelure comme les ailes du corbeau, » répliqua Ercildoun. Le toast fut enlevé avec entrain. J'étais aussi gai que le plus joyeux d’entre eux. Il ÿ a des moments où il faut noyer la pensée n'importe comment. Le lende- Mai ne mis délibérément en chasse pour la retrouve] me désigna sa servante dans la rue; je la * en me promenant de long en large sur le la rivière, par un beau coucher de soleil, je me trouvai face à face avec la fille qui avait été ma femme. Je crois que d’abord elle s’imagina que j'étais venu pour la tuer. Je la rassurai immédiatement. Qu'est-il nécessaire, Lucie, de vous parler de cette entrevue? Elle fut bien courte. Je l’ai vue, je l’espère, pour la dernière fois:sur la terre, cette femme qui fut la mienne pendant quatre mois. Je l'espère, et cependant, aussi sûrement que je suis ici, je crois qu’elle se trouvera encore sur mon chemin. Elle l’a juré lorsque nous nous sommes séparés ce soir-là, et elle est femme à tenir son serment en dépit de tout. »

Cette histoire avait été racontée rapidement, par moments d’une manière incohérente, mais enfin elle | avait été racontée tout entière. IL était debout à : côté d’elle, en plein clair de lune, le visage pâle et 1

regard empreint d’un désespoir navrant à voir.

€ Vous savez le reste, dit-il après une pause, la honte qui a brisé le Cœur de mon père et la conduit

au tombes Du reste, ce sort je

. mère de 1

Forrester

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fin de la « gleterre. :

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« Je ve dans un 1 l'existence bon d’avoi pense aux et égorgés toir, quan rerent de I qu’il y a qu ayant du sa cousine, vo haiterez ur

Il prit s désolé,

« Et vou Vous êtes | moi, Dynel

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Elle reti tourné d’x

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> vieille s doute comme vérité, elle. A 1 à une Titien.

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| mère de rien. Votre fils Eric ow la fille”

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UN MARIAGE EXTRAVAGANT "Enr

au tombeau... el qui m’a séparé à jamais de ma mère. Du reste, quel que soit le sort que l’avenir me réserve, ce sort je l’ai grandement mérité. Je neMlime ma général Forrester hériteront de Caryllynne à ma place. Qu'il

. en soit ainsi. Pour moi, je pars d'ici ce soir. Avant la

fin de la semaine, j'aurai quitté pour toujours l’Angleterre. » Da

Elle avait détourné la tête, mais il s’aperçut qw’elle pleurait.

« Je vais dans l’Inde, j'ai permuté pour entrer | dans un régiment désigné pour s’y rendre. Quand | l'existence d’un homme est finie dans son pays, il est

bon d’avoir quelque service à faire au loin. Lorsqu’on pense aux femmes et aux enfants qui furent enfermés et égorgés à Cawnpore, comme des moutons à l’abattoir, quand on pense à ces noirs démons qui torturerent de pauvres petits enfants qui jouaient, on sent qu’il y a quelque chose à faire là-bas, pour tout homme ayant du sang dans les veines. Ainsi, Lucie, ma chère cousine, Vous au moins vous me direz adieu et me souhaiterez un bon voyage avant que je ne m'’eg aille. » Il prit ses mâäins, en contemplant son beau visage désolé. : ù € Et vous, poursuivit-il, êtes-vous heureuse, Lucie ? Vous êtes pâle et délicate comme une ombre. Ditesmoi, Dynely... » | ; | Il s'arrêta. | Elle retira ses mains, son visage restait toujours tourné d’un autre côté. de |

| € J'ai fait un mariage d'intérêt, répondit-elle aÿec

un accent tout à coup froid et sec, vous le savez. Tout le bonheur que de semblables. unions peuvént donner, je lai. Tant que j'aurai mon fils, mon Eric,

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je ne serai jamais entièrement malheureuse. Gordon! » | A

Elle se retourna tout à coup vers lui, et son visage s’empourpra.

‘ «Vous connaissiez Lord Dynely avant son mariage.

Vous avez passé avec lui un automne en Irlande, n’estce pas? Dites-moi…. »

Elle se tut tout à coup.

« Quoi, Lucie?

— C’est peut-être une idée, mais je me suis imaginé

qu’il y a un. un secret qui se rattache à ce voyage en Irlande. Il y a de cela sept ans, un an avant notre mariage, Vous étiez un enfant à cette époque. Cependant... » | È ‘Elle s’arrêta encore confuse.

« Eh bien? | | — N°y avait-il pas une jeune fille. une paysanne, qui attira les regards de Lord Dÿnely, cet été-1à dans le Galway. Fai entendu.… »

Pour la troisième fois elle s’interrompit, comme effrayée de continuer.

Son cousin la regardait avec surprise.

< Vous savez comment est Lord Dynely... comme il était, veux-je dire, quand ik était encore garçon, dit tranquillement Gordon »enadmiration devant toutesles jolies filles quil rencontrait, pairesses ou paysannes. Il y avait beaucoup de femmes à la beauté espagnole à voir pendant cette saison d’été que nous passâmes alors à pêcher sur les côtes du Galway.&ord Dynely les admirait toutes, je suis forcé de le dire, avec la plus complète impartialité, autant que je pus en juger. Ne vous fourrez pas d'idées romanesques dans la tête, Lucie, les faits suffisent, Et maintenant il faut que jesparte. Mon Dieu! comme le temps a passé. Je

Vous air Lucie. G brebis ge pour moi Il prit se pench.

" Elle pouss « Oh!

vous voir Il souri « Cela :

Il lâcha alla d'un clair de Iu

Une demi nely se pro large à l’end préoccuper d lette de soi nuit.

Elle avait de trois ans avoir vingt d Nn’y avait j;

UN MARIAGE EXTRAVAGANT 89 vous ai retenue là à la ro Lucie. Gardez une place d brebis galeuse du troupea pour moi. Encore une fois adieu. »:

ise. Gor-

sée bien longtemps. Adieu. . LA dci

on visage

ariage… Il prit les mains de la jeune femme dans les siennes, ! de, n’est- so pencha, et sa longue moustache toucha ses joues. [à ” Elle poussa soudain un soupir passionné. RE < Oh! Gordon, mon cousin, mon cœur se brise de A ; M vous voir partir! » ? ee imaginé Il sourit.

oyage en nt notre . Cepen- «alla d'un pas rapide et disparut dans la nuit, que le clair de lune rendait brillante.

ysanne, -là dans comme III | # ne MORT DE LORD VICOMTE DYNELY On, dit + utesles Une demi-heure s’était écoulée, et Lucie Lady Dyannes. nely se promenait toujours lentement de long en nole à large à l’endroit où son cousin l'avait quittée, sans se sÂmes préoccuper de la rosée qui tombait, de sa légère toi- )ynel y lette de soirée, alourdie déjà par l'humidité de la vec la nuit. : ’ n ju- Elle avait ans la l faut

sé. Je

de fiançailles, ni de projet de mariage entre eux. Elle suivant sa avait dohné sa main au vicomte Dynely de son plein Wide ses pl gré, et malgré tout, (a plus poignante, la plus vive bonne fois sensation de jalousie qu'elle eût jamais éprouvée, elle ft sa dema l'avait connue au moment; où elle entendit parler pour Mriage fixé, la première fois du mariage de Gordon Caryll. ;

On avait considéré comme une très-brillante alliance, Ce jour-l comme l'alliance remarquable de la saison, celle que lité pâle e Lucie Paget contractait avec Alexis vicomte Dynely épuisé ! Qu et vingtième baron Camperdown.

Elle avait été conduite à Londres à dix-huit ans, et N'y a

“à: elle avait été présentée par sa parente la comtesse: WE Marie d'Haldane. Elle était grande, mince, belle et frêle Fe comme un lis, une jeune fille pauvre avec une lon- Ms il les gue généalogie. un rien insipide pour certains goûts: Mhoir aux pi

vant la fin

mais elle avait plu à Lord Dynely. ne IFarrivait d’une excursion en yacht sur les côtes Il était for de Norvège et des OT se présenta avait pas à le -inopinément à la Foire auWnités. Il était le parti Mais il fut fi le plus désirable de tous, "ayant des châteaux et des Il l’emmen domaines dans quatre comtés, une villa à Ryde, un bout de laque rendez-vous de chasse dans les Highlands, et une for. Metit Eric, et tune qui roulait comme un fleuve d’or inépuisable. eux des pèr C'était un parti qu’on avait beaucoup et longtemps Cependant, recherché. Sa Seigneurie était dans sa quarante. hangement £ cinquième année. Jeunes filles et mères de famille rer à des : avaient dépuis longtemps fait leurs tatouages de Miss échappe guerre eb mis leurs wigwams en bon ordre à son quelque ma intention. Mais tot cela inutilement. Sa chevelure ne MRés. Il parlai pendait encôre, à l’état de scalp, à aucune ceinture. 11 Me" et quelqu admirait tout. les ballerines, en thèse générale, plus D Lady Dynely que les baronnes, les actrices plus que les duchesses. ations. I1 ne Mais son heure sonna à la fin. Il vit Lucie Paget, Mes aux ge: qui n’était pourtant pas la beauté de la saison, et” était quelque

gir quand jl «Y allait Changer pour une | ndit à discrétion. 11 uvée, elle

L , e fois le jour du marler pour a fixé, r, Content et satis- Il. |) LU

alliance, Ce jour-là ce fut une surprise générale. cette nulcelle que lité pâle et insipide.… ce blasé fastidieux, ce roué e Dynely épuisé! Qu’avaitil trouvé en elle ?

eux. Elle son plein plus vive

it ans, et 1 | I y avait en Écosse des ülles beaucoup plus belles, comtess Fe x r Ravies de devenir la femme du jeune Lochinyar. et frêle M * | une lon. Maïs il les avait toutes dédaignées et il jetait le … ns goûts: hoir aux pieds Indifférents de cette jeune fille blonde. \vant la fin de la sfison ils furent mariés.

les côtes

présenta le parti de Il lemmena sur le yde, un Mpout de laquelle ils une forsable.

ngtemps uarantefamille ages de > à SO elure ne ture. Il le, plus hesses. rose :

L AT gens du 7 était quelque méfai

Continent pendant une année, au

UN MARIAGE EXTRAVAGANT | quelconque sur l’avenir de son enfant ou sur le sien,

Le

quelque crime dont tous deux auraient à porter la |

peine. | ; . Dans ses rêves troublés et agités par le remords il prononçait parfois un nom de femme. L’épouse put saisir ce nom: Maureen. Qu'est-ce que cela voulait dire ? Elle n’avait jamai éson mari. Elle en avait toujours eu un peu peur, et elle le craignait de plus en plus ÿ mesure que les années s’écoulaient. Eric avait cinq ans: le secret, quel qu’il fût, était encore son secret. Seulement une fois il lui dit : 4 « Lucie, si je meurs avant vous, j'aurai’ quelque chose à vous dire que vous ne serez pas aise d’en. tendre. Bien des gens font leur confession à leur lit de mort, i’est-ce pas? En principe, je suppos que cela vient de ce qu’ils ont un passé coupable; mais je me demande s’ils dorment plus à l’aise sous leurs six pieds de terre pour avoir reconnu et avoué leurs nombreux péchés et-leurs faiblesses. J’écrirai la mienne et la laisserai cachetée avec mon testament, et si par hasard j'étais subitement enlevé par accident, et. c’est une étrange particularité dans la généalogie des Dynelys, nous mourons tous par accident dans

notre famille. elle sera connué en même temps. I1yh

aura pour vous une consolation, dit-il avec un sourire insouciant et rapide, vous n’avez jamais eu d’affectio d'aucune sorte pour moi. En m’épousant, c'était le titre, les propriétés que vous/épousiez, et vousen jouirez jusqu’à la fin du chapitre, donc vous n’en mourre pas de.chagrin. » | I] siffia ses chiens et s’éloigna lentement, sans ajouter un mot. Sa femme l'avait écouté, la pâleur avait décoloré ses joues et la surprise dilaté ses yeux, maïs elle né lui avait adressé aucune question. Elle n’avait

aucune fo physique une crain

Si Lord besoin d’ cune conf mettre de secrets pe mort.

Elle so:

où Gordc quelque e blancs, av décoloré. ( choses, ur noncer qu avait parle

L’horlog

res et la ti Qu'il était

Elle grel et l’humidi s'arrêta, ca ment inter d’un cheva

Était-ce ( pour la tro:

cheval et le et sauta à t Cousin, mai:

« Mylady Il ôta son clarté de la sage blanc €

ur le sien, , porter la

remords il épouse put ela voulait [le en avait ait de plus ent. Eric lait encore f ai quelque aise d’enon à leur je suppos able; maïs sous leur voué leurs écrirai la testament, r accident,

eux, mai le n’avait

aucune force ni dans l’esprit, ni dans le Cœur, ni au

physique ; elle fuyait Ja douleur de toute nature avec :

une crainte pusillanime.

Si Lord Dynely avait de fâcheux secrets, elle n’avait besoin d'en connaître aucun, elle ne désirait au-

cune confession, et il y avait cruauté à lui à lui promebtre de lui en faire. De même qu’il avait gardé ses

LA

secrets pendant dans sa vie, il devrait les garder à sa

mort. |

Elle songeait vaguement à tout cela, à l’endroit où Gordon l'avait quittée, et on l’eût prise pour quelque esprit du clair de lune dans ses vêtements blancs, avec ses cheveux blonds flottants, et son visage décoloré. Or, au moment même où elle pensait à ces choses, un messager approchait chargé de lui an-

noncer qu'elle allait apprendre le secret dont on lui

avait parlé.

L’horloge -des écuries sonna lentement onze heures ef la tira de sa profonde réverie. Elle tressaillit. Qu'il était tard ! qu’il faisait froid !

Elle grelotta, sentant pour la première fois le froid et l’humidité, et elle se préparait à rentrer. Mais elle s’'arrêla, car le silence de cette nuit d'été fut bruyamment interrompu par le retentissement des sabots d’un cheval galopant dans l’avente.

Était-ce Gordon qui revenait? Peu de chose suffisait pour la troubler, Son cœur battait en écoutant. Le cheval et le cavalier étaient en vue; l’homme l’aperçut et sauta à terre. Non, ce petit homme n’était pas son Cousin, mais bien Squills, lapothicaire du village. «Mylady.… » :

___ Il ôta son chapeau et resta incliné devant elle. A la clarté de la lune, la jeune femme pouvait voir le visage blanc et le regard effrayé de cet homme.

UN MARIAGE EXTRAVAGANT :. Qu'ya-t-il? démanda-t-elle.

cerlainement... on°m’a chargé de vous l’apprendre, mais c’est si difficile à annoncer ces choses-là. Il est un survenu un accident, milady. L’express de 9 heures 50-venänt de Plymouth, et. que je ne vous ef. fraye pas, milady… Sa Seigneurie se trouvait dans le

train, et...»

Elle porta sa main à son Cœur, car elle se sentit un moment sur le point de défaillir. Elle reprit courage. 4 Lord Dynely était dans cetrain? I y à eu un actident, dites-vous, est-il. ? re Oh! mylady, préparez-vous. C’est... c’est une chose terrible que d'apprendre certaines choses à. — Lord Dynely est-il blessé ? demanda-t-elle.

— Oui, mylady, très-grièvement blessé. Je suis dé: solé de vous l’apprendre.

—— Dangereusement ?

— Nous le craignons, mylady. M. Glauber est près

de lui, et l’on a télégraphié à Londres pour faire venir

un célèbre docteur.

-— Il est vivant ? interrogea-t-elle d’une voix que orreur ef le chagrin rendaient perçante.

— Il vit, mylady, mais, il vaut mieux que vous saiez la vérité, il ne sera pas en vie demain matin. Le

être est auprès de lui, mais il demande sans cesse à JOUS voir. .

— À l'auberge... aux Armes de Dynely, dans le ‘ Village. mylady, il n'y a pas de temps à perdre. »

‘ Elle le quitta et se précipita dahs la maison. Elle nira un des domestiques et lui ordonna de faire Atteler sa voiture. Elle monta à sa chambre, jeta un manteau noir sur sa robe de soirée, mit son thapeau

ne myladÿ.…. je ne veux.pas vous alarmer, r

en tremtb se présen la chami mait déjà Lalam coliqueme moelleux beauté et éparpillée offrait au de bonheu baisa avec « O0 mor tout ce q1 vivrai, au toi ne t’att Elle sort son. La vo roulait raf pagne, à mi était étend On la co prêtre s’éca reposait, so:

linges, le :

lueur blafar détails de 1 élait moura Ses yeux sourcils se cc ,.< Faites-le roles.

Elle renvo près du lit.

en iremblant, et se disposa à partir. Mais une pensée se présenta tout à coup à son esprit, et elleentra dans

S alarmer,

apprendre, DD la chambre voisine, lhursery, pi son enfant dors-là. Il est mait déjà. :

s de 9 heu- 1e vous ef.

ait dans le

La lampe de nuit, la mèche baissée, brûlait mélancoliquement, L'enfant reposait dans son petit lit LE moelleux et garni de dentelles. /Un joli baby, plein de L 1 beauté et de santé. Rose, grac eux, ses boucles dorées Ne éparpillées sur l’'oreiller |

> sentit un t courage, y à eu un

c’est une 8e, murmurait-elle, tu es

ses à. tout ce que je possède dans le monde. Tant que je CARE le. vivrai, aucun des maux que je pourrai éloigner de Es a. > suis dé | if RE : t, eb un moment aprés elle , : HS "est près roulait rapidement au milieu du calme de 1Fàm- a EL ire venir D pagne, à minuit, vers l’auberge du village où sôn mari LES était étendu sur son lit de mort. | Me a Joix que On la conduisit à sa chambre. Le médecin et le . prêtre s’écartèrent et firent place à l’épouse. Le blessé È vous sa- D reposait, soutenu par des oreillers, la tête entourée de | atin. Le linges, le visage horriblement ple et défait, à la s cesse à D lueur blafarde de la lampe. Elle ne connaissait pas les He | détails de l'accident, elle n’en avait pas demandé. I] | était mourant, tout était dans ces mots. | dans le Ses yeux brillègent en se fixant sur elle, mais ses | ire. » sourcils se contractérent.

n, Elle .€-Faïtes-les tous sortir! » furent sos premières pa- h de faire M:roles. — | .. j jeta un Elle renvoie tout le monde et tombe à genoux auhapeau D près du lit. Le manteau n

oir qui l'enveloppe s’en-

n + LS x

tr'ouvre et laisse voinsa robe desoie blanche, ses riches dentelles, sa belle chevelure flottante, etses bijoux, qui forment un si étrange contraste avec l'idée de la mort. PUS |

Elle tremblait de la tête aux pieds. Ses dents grinçaient d'horreur, ses yeux, énormément dilatés, étaient rivés sur la figure du mourant. +:

Il reste étendu et lance sur elle un Jong regard assuré, courroucé. | | ef

« Je me meurs, dit-il, vous le savez. Vous ne m'a. vez jamais aimé... non, jamais, pas même au moment de votre mariage. Vous n'avez jamais eu souci de moi..., pourquoi prendrais-je souci de vous ? pourquoi hésiterais-je à vous dire la vérité? »

IL s'était rencontré une épine dans son existence toute couronnée de roses. Cette épine, c'était la certi. tude où il était que la fille sans dot qu’il avait épousée ne lui avait jamais donné son Cœur.

« Dites-moi maintenant, dit-il, toujours avec ce regard lourd et morose, j'ai toujours été trop lâche Pour Vous le demander plus tôt. avouez-moi maintenant que vous avez épousé le rang et la fortune, et non l’homme. a ae

— J’ai eu tort, répondit-elle sèchement, mais j'ai täché de faire MOrr devoir d’épouse. Pardonnez-moi, Alexis. +

— Ah! dit-il avec amertume, nous avons tous Je deux quelque chose à pardonner... nous sommes quittes. J'ai été un lâche. ‘un lâthe envers vous, un

Tâche envers elle. 11 est pénible d'avouer ce qui vous déshonore le plus, mais il faut que vous sachiez la Vérité Maintenant, et vous agirez ensuite comme vou le Jugerez convenable. Approchez.. »

Elle s’avança plus près du lit. Il prit sa main dans

ses doigt et brisée Une de et dans « entendre.

sont inqu IL est tou son état temps; il

Enfin le r

Pas de ré Il ouvre 1 sur les or toujours s moments.

ses muscle face aussi pierre.

« Mylad Elle ner « Ma chë accent indi Elle fait ]

‘deux yeux

est sans for ses bras lor:

lourdement

UN MARIAGE EXTRAVAGANT 97 e,ses riches bijoux, qui ’idée de la

une voix rauque le HE . r - . 5 | F.

et brisée sa confession du lit de mort. D.

Une autre... passent, en Cun bruit ne se fait rit docteur et le recteur MS A rdent teurs montres. : PAR e Lord Dynely, dans - rler pendant tout ce: .… D PE qu’il sé soit endormi. . Fa el'frappe à la porte.

Ses dents ent dilatés,

ng regard

us ne m'a.

au moment 1 souci de ? pourquoi

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ses muscles aussi tendus, face aussi blanche, aus pierre.

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