‹ Un mariage extravagant [microforme]Chapitre 28 sur 44 · WEST MAIN STREET WEBSTER, N.Y · texte numérisé non relu

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Naples, et sans lui, qui s’empressa d’accourir vaillam-

ment à mon secours, la race des Dynely se fût éteinte pour toujours. Il est étrange que je ne me sois pas rappelé votre nom quand je l'ai entendu prononcer ;

mais je suis très-heureux de vous retrouver ici, tout

de même. »

Ils s’étaient tous levés, et d’un même mouvement

ils marchaient dans la direction de la maison. I] faisait tout à fait nuit; les arbres projetaient des ombres nojres, tranchant sur la teinte claire du ciel, Les joueurs de croquet s'étaient repliés vers la

maison, et les boules et les maillets avaient fait place au piano et à la danse. Sur les degrés du perron,

Terry siflotait et contemplait la lune. 11 s'avanga rapidement, la main tendue, ses yeux si francs animés par la joie. |

« Mon cher Éric, dit-il en serrant ses doigts déli-

Cats si fort qu’il en tressaillit, je suis bien aise de

vous voir de retour. Je pensais Que vous ne viendriez jamais, que quelque vieil hidalgo, devenu terriblement jaloux, vous avait frappé sous la cinquième côte, dans un coin sombre. La mère est folle de joie.

— Doucement, doucement, Terry, dit Lord Dynely |

en retirant sa main avec une légère grimace. Ufe dose modérée d'affection me va, et je n’y trouve pas à redire. Mais il ne faut pas que l’étreinte d’une main

musclée comme la vôtre se Charge d'exprimer les -émotions d’un cœur qui déborde. Ils ont l'air de so tré. mousser, avec un entrain fantastique, là dedans. Les rejoignons-nous ? »

On rentre au salon. Là, nouvelles démonstrations et quelques présentations, Le propriétaire du domaine : est revenu, le seigneur de Dynely {est à la maison, et sa présence se fait dimgétËment sentir. 11 se trouve

France s’

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Une pause. I iège, Elle est ] Mais très-belle,

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en excellentes dispositions d'esprit; il en à banni toute langueur et tout ennui; il a oublié qu'il est blasé, et il danse comme un étudiant à Mabille.

France s'excuse. Il fait trop chaud, dit-elle; il faut qu’elle aide Lady Dynely et qu’elle la remplace au jeu. Locksley lui fait vite ses adieux et part.

« Comment avez-vous réussi à dénicher ce Locksley, France? demande plus tard Éric.

— Le dénicher? Je ne comprends pas parfaitement.

Il a peint le tableau Marquant de cette année, qu’il a endu un prix fabuleux ; il était Surchargé de com-

mandes, et comme faveur spéciale pour Lady Dynely,

a consenti à mettre de côté tout cela pour nous

suivre ici et faire MOn portrait. »

Elle parle avec une

bappe pas aux regards

« Ah! part, vraiment. C’est

Locksley; un artiste erve, quelque chose ‘tout cela. C’est un

— Combien y a-t-il de temps qu'il est ici?

— Une quinzaine, » ‘

Une pause, I1 l'examine, appuyé sur le dos de soù iége, Elle est légèrement pâle encore, plutôt grave; Mis très-belle, très-belle. ne { Elle à gagné beaucoup, pense Éric avec une cerne satisfaction, car les"“brunes sont ses préférées iirellement. Ce serait une épouse très-propre à faire

honneur à -son mari, se dit-il. Une femme belle, à ‘ grande éducation, représentant admirablement po présider une table, et s’il y a dans cette tête un tant soit peu plus de cervelle qu’on n’en voudrait y voir. on peut passer par là-dessus) avec une épouse... ] faut que j'obtienne de Locksle qu’il m'en fasse copie, dit-il en s’inclinant vers elle et la regardu tendrement. France, vous ne m’avez pas encore que vous étiez aise de me revoir.

— Estil nécessaire de répéter cette formule banal répond-elle négligemment. C’est convenu et sou entendu cela, n’est-ce pas?

— J'ai été retenu à Saint-Jean, poursuit-il. Il m tardait de vous revoir, et Vous pouvez vous imagine combien j'en étais impatient ! :

— Oui, je puis l’imaginer, répond France, et go dain toute sa réserve s'enfuit et elle le regarde . liant au visage. Je puis. imaginer la brülan et tuosité, la fièvre d’impatience avec laquelle vous ava dévoré l’espace pour traverser les Pyrénées et k France pour arriver ici. Éric, ces sortes de cho peuvent avoir cours en Espagne, mais il ne faut pm essayer d’en faire usage avec moi. - :

— Toujours impitoyable. Eh bien, j’avais besoin à rentrer chez moi. Oui, oui, j’en avais besoin. I] faisil | diablement chaud l-bas, et l'on ne peut pas jouir ca

fortablément des choses quand le thermomètre m: que cent cinquante degrés à l’ombre. Votre saison Londres vous a profité, France; je ne vous ai jamai vu si bonne figure. La renommée de vos succès a vo même jusque de l’autre côté des Pyrénées ; nous avon appris là-bas que Hà où les autres gagnent des centains de cœurs, Mlle Forrester en gagne des milliers, 4 que les hommes tombaient sous les œillades de #

yeux n . MOÏSSOn — M fant po vous pa n’onÿ j& Mais- je années ce chang — Ve C'est 1 blant de ÎFSe sc

* foñdémer cette nou

l'a été pa par n’imp il est tout Pourquoi tout de s tout homr

Le clair arbres son revêtent 1 leur prése d'eux.

« Oh!s

, — Oui, :

tiques yeu:

de lune* pour l'amo

D'est-ce pa:

— Le po:

lord Dynel,

à 5 fe : ê RCE + “UN MARIAGE EXTRAVAGANT

me belle, à yeux noirs Comme les épis de blé sous la faucille du

olement por@i moissonnéur. | |

tête un tan — Mon cher Éric, répliqua Mile Forrester en étouf-

draif, y vor fant polinent un bâillement; comment ne trouvezépouse... ] vous pas fatigant de tant parler? Les longs discours

en fasse 1 n’onf jamais été votre défaut dominant, cependant.

la regardai Mais- je suppose qu’une longue pratique de. deux

as encore ii années du langage des compliments doit m'expliquer ce changement. | Des :

. — Venez sur la terrasse. » ‘

C’est tout ce qu’il répond, et en dépit de son semblant de résistance, il la conduit de ce côté. #se sent de plus en plus charmé. Il n’est pas profondément amoureux, il est tout juste touché par | cette nouvelle et belle figure. Il est auêsi fasciné qu’il e ce, ets l'a été partine autre, la semaine dernière, qu'il le sera par n’importe quelle autre la semaine prochaine, mais ilest tout à fait sincère el convaincu en ce moment. Pourquoi différerait-il ? Pourquoi ne pas se déclarer tout de suite? Réellement, Franco ferait honneur à tout homme, quel qu’il soit, en Angleterre. ne Le clair de lune inonde la terrasse de lumière. Les arbres sontargentés par ses rayons, les vases de pierre revétent une nuance perlée, et les fleurs trahissent . leur présence, par leur pénétrant parfum, tout autour d'eux. “ ; « Oh! soupire France, quelle splendide nuit!

. — Oui, répond Éric, en levant vers le ciel ses poétiques yeux bleus, une chose très-claire comme clair de lune; et les heures du clair de lune sont faites pour l'amour et tout ce qui s’ensuit ; le poëte le dit,

+ L'est-ce pas, France?

Le poëte!.. quel poëte? Ne soyez pas si vague, des de # lord Dynely. 4 = Le

CR î ; | Û \

— Ah! France, pouvez-vous rire de moif

— Je ne ris pas ; jamais je n’ai été moins disposée en ce

que je après avoir joué deux heures au croquet,

à rire dans ma vie. Ma principale sensation, moment, -c’est qu’il est onze heures et demie, . suis fatiguée, eb que je dois et veux vous dire bonsoir et

coucher. :

— Non, pas encore, France. »

Il prend sa main et la retient.

« Quelle jolie main vous modèle pour un sculpteur! Voulez-v d’y placer l’anneau des fiançailles, p ces diamants,

n’avez pas voulu me laisser faire. »

France rit, le regarde, et retire sa main,

« Vous ne perdez pas de temps, lord Dynely.

La rapidité et l’ardeur que vous mettez à faire votre Cour sont vraiment capables d’empêcher les gens de respirer. J’ai plus de bagues maintenant qu’il n’en faut, pour ne savoir qu’en.faire; une de plus me metirait dans l’embarrag des richesses, Éric, finissons celte farce. Vous ne vouÿ 8ouciez pas plus de moi que d’une paille. Vous n'avez. pas plus envie de vous ma: rier avec moi que je n’ai envie de me marier avec Vous. Pourquoi nous fatiguer tous les deux à nous faire des protestations d'amour qui le signifient rien? Cela causera un peu de désappointement à deux excellentes femmes, mais c’est inévitable, Allez trouver votre mère, comme un honnête garçon, et dites-lui qu’elle doit en prendre son parti et compter sur une autre pour en faire sa bru. »

Les yeux d’Éric brillent. La contradiction le décide toujours, à tort ou à raison.

pe:

ne tendrement, un ous me permettre

mi. ces rubis ef France? Je vous l’ai déjà demandé une fois jadis, à Rome, vous en Souvenez-vous? et vous

« Je ne 1:

> vous ai t pouse.

— Éric, e — J'espèr ant d’année OUS, VOUS à — Aprèsce n le regard e comprend

— C’est peu obliger, que onvention tac

Il se content.

« Je vous ain

bistes et troub:

«Il est indéli è me pousser :

‘ai jamais cons orant, mais, }

18 disposée ion, en ce ie, que je u croque,

ment, un Jermettre > rubis et

andé une et vous

Dynely.

re votre les gens w’il n’en me metinissons moi que ous maer avec à nous at rien?

L excelrouver ites-lui ar une

décide |

« Je ne lui dirai jamaŸs cela. Je vousaime, France, > vous ai toujours aimée, et vous seule serez ma chère pouse. |

— Éric, espérez-vous me faire croire cela ?

— J'espère vous faire croire la vérité. Et si, après ant d'années, si, après tout ce qui s’est passé entre ous, VOUS avez l'intention de me repousser.

— Aprèsce quis’est passé entre nous?… répète-t-elle, n le regardant fixement, les yeux dans les yeux. Je

e comprends pas, Éric. Qu'est-ce qui s’est jamais assé entre nous ?

— Vous saviez que je vous aimais, et vous ne me epoussiez pas tout à fait. Vous savez que cela à touours été une chose entendue, que nous devions nous , larier ensemble. .

— Et vous prétendez me contraindre à exécuter un acte comme celui-là!

— Je prétends que je vous aime et que je serais le lus malheureux des hommes si vous ne deveniez pas là femme. |

— C'est peu généreux, murmure-t-elle. Vous voulez obliger, que je le veuille ou non, à exécuter cette nvention tacite, à laquelle je n’ai pris aucune part, ous le savez, » ; de Il se contente de répéter :

(Je vous aime, France; je vous veux pour femmë. » Elle est debout, elle regarde la douce lumière qui ille au firmament, les arbres sombres ét les oinbres anches, le visage pâle, les lèvres serrées, les ÿéux ristes et troublés. | | | «Il est indélicat.…, ilest peu généreux, s’écrie-t-elle, me pousser à me soumettre À un pacte auquel je ai jamais consenti. Je ne ferai jamais rien de déshoorant, mais, Éric, c’est peu bienveillant de votre

EE

Là

UN MARIAGE EXTRAVAGANT : ne

part. Vous ne m’aimez pas... Chut! quand vous testeriez toute votre vie, je ne vous croirais pas. } Vous connais, je crois, mieux que vous ne vous naissez vous-même. Vous croyez cela, èt vous tk sincère maintenant; mais la semaine prochaine vo | Pouvez avoir oublié jusqu’à mon existence. Je ne sui en aucunefaçon la femme qu'il vous faut. Ce dont vou avez besoin, c’est une créature qui vous adore COM un dieu, qui soit toujours à vos pieds, voilà. — E} Mlle ‘Forr ‘se retourna impatientée, — Laissez-moi, je ne puleyant à sa vous’ donner de réponse ce soir. La rosée tomb ontemple la rentrons. Je ne voudrais pas contrarier Mme Carjenais pris je ne voudrais pas désappointer votre mère. Quant: ance. Elle à otre chagrin, si fant est que vous en éprouviez jhiC mieux | n’en ai pas plus de souci que d’un brin d'herbe. etait que d: — France, vous êtes sans pitié pour moi, dit] alifencontrer A colère. | age enfantin — Non, je ne dis que la vérité. Laissez-moi. laisse PRIS One moi m'en aller. Cela Yaudra mieux pour tous les deu Ra — Je ne vous laisserai jamais vous en aller, répaiMfuis qu’elle er il avec vivacité. Si vous voulez me repousser bel dMroquer du m bien, je devrai me soumettre, Mais il ne serait pal 0se cynique, convenable que France Forrester s’en allât courir dRF2ner tête ba se perdre a un autre. ». Dublier un an Les yeux de la jeune fille lui lancèrent un regaifip "0 Veau, (ans ardent de colère. : ord Éric.

«Vous faites bien dedire cela, réplique-t-elle, voussur

tout. Donnez-moiunesemaine. Je ne puis vous répond Era Re

cesoir. Si, au bout de ce temps, vousêtes dans les mêm4 ra pi

intentions, vous viendrez chercher votre réponse.»

Elle passe fièrement devant lui et retourne au # Dans 1

lon, en le laissant seul sur la terrasse, au clair de lue Sr ; mieux convenir

pliquait certain

êt vous CHAPITRE VII

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