‹ Un mariage extravagant [microforme]Chapitre 30 sur 44 · QUI EST-CE · texte numérisé non relu

QUI EST-CE

Le lieu de la scène est l'antique jardin d’une antique maison de Campagne; le moment, une heure, heure douce et parfumée avant le coucher du soleil; les persoñtages, un jeune homme et une jeune fille; leurs noms : Terence Dennison, du 2}e régiment de dragons de Sa Majesté, et Christabel Higgins, huitième fille du Révérend William Higgins, vicaire dé Starling, et la beauté de la famille.

Une beauté? Bien, comme dit Tony Lumpkin, cela peut être. Si vous aimez un teint de lait et de roses, la huitième fille de M. Higgins le possède. Si vous affectionnez les grands yeux bleu turquoise au regard enfantin et surpris, vous les trouveriez en elle. Si vous aimez une jolie petite bouche rose ornée de fossettes, elle s'y trouvait aussi. Si Vous avez du goût pour un front bas sans caractère, un menton arrondi sang expression, et une auréole nébuleuse de chevétx du blond le plus pâle, Mile Higgins jouissait de tous ces agréables dons. Si vous recherchez une taille que vous puissiez enserrer dans

votre main, des formes mignonnes, fragiles comme Une tige de lis, la petite Crystal eût réalisé certaine-

ment votre idéal. Jolie Oui, d’une espèce de gentillsse tendre, de colombe, vide; qui produit ue N sur une certaine catégorie d'hommes, D’esprit, “êlle n'en avait pas l'ombre; de connaissance du monde, aucune, En somme, elle était la réalisation de l'idéal

que les hommes se forment de la nature féminine par. faite, n’empiétant en rien. sur les qualités du sexe

. fort. Terry Dennison était son adorateur et SOn esclave.

midi ensoleillée d’août. Il semblait Terry qu’il l'avait toujours idolätrée… idolâtrée était le mot qui traduisait le mieux la pensée de Dennison… depuis l’époque où elle n’en avait que sept. Elle savait qu'elle était

entille.., malgré son innocence de colombe. et elle .

était heureuse de sa beauté tout à fait comme une coquette en herbe. | l É

N’avait-elle pas été toujours caressée , Choyé, vantée pour ces yeux bleus humides, pour ces tresses dorées, depuis le temps où elle. portait bavettes et brassières? N’avait-elle pas vu ses sept aînées. grondées et négligées, et les gâteaux et les sucreries réservés pour elle? Fi |

Il devait en être toujours ainsi, pensait Crystal. Dans l'éternel arrangement des choses cela avait été ainsi réglé. Les sept Cendrillons, ses sœurs ainées, . travaillaient à la cuisine et dans la maison, courant, pétrissant, raccommodant; ellé, comme les lis des champs, elle ne se fatiguait ni ne filait, les douceurs et les sucreries de la vie devaient toujours être pour elle; elles appartenaient de droit divin aux jolies personnes aux cheveux jaune clair et-aux yeux turquoise. Que les nez camus, les teints souillés de taches de rousseur et les chevelures couleur de poussière fissent le travail.

Elle devait se marier avec Terry quelque jour et devenir, comme Terry, une alliée de l'aristocratie. Peut-être cette grande dame qui était la protectrice et l’amie de Terry... voudrait-elle bien la guider, la pré -

Elle était âgée’ de dix-sept ans dans cette après-

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UN MARIAGE EXTRAVAGNNE= senter à la cour, qui sait? l’'inviter à ses réunions : et dans ce cas, le monde de ses rêves deviendrait pour elle le monde des réalités. DER Elle verrait ce beau, ce magnifique, ce princier Lord Éric dont Terry ne se lassait jamais de parler, cette

élégante et belle Mlle France Forrester qui devait.

épouser le jeune lord, et qui sait? ces êtres d’un

monde supérieur pourraient même condescendre à l'admirer à leur tour. Te

Crystal Higgins, en se promenant avec son Ten-

nySOn OU Son Owen Mereüith à la main dans le jardin du vicariat, avait fait ses rêves, Vous le voyez. Telle était la petite, bonne et simple existence qu’elle avait rêvée. 1e

Elle épouserait Terry, c’êtait-arrangé. Terry ne l'avait jamais demandée; mais bah! La plus innocentè petite fillette peut lire dans Je cœur des hommes comme dans un livre, quand elle s’en donne la peine. Terry était épris d’elle, il l'avait toujours été; elle)le savait aussi bien que Terry pouvait le sayètr Juimême. Et elle aimait béaucoup Terry; elle n’était Pas amoureuse de lui du tout, mais ‘elle lui était

“pendant plus attachée qu'à aucun autre jeune

| hommé de sa éonnaissance. D'ailleurs il était dragon, :

et cela lui mettait une espèce d’auréole sur le front. - C'était dommäge, soupirait-elle souvent avec regret, qu'il fût si bourgeois; même sa qualité de dragon ne pouvait empéchér entièrement qu’il ne fût bourgeois; et puis | Me les cheveux roux. Aucun des héros des romans favoris de Mlle Higgins n'avait une chevelure de cette nuance désagréable. Mais enfin on ne doit pas espérer tout avoir dans ce bas monde. Papa et ma- Man avaient inculqué cette vérité À sa petite tête senti-

mentale. Il n’y a que les êtres d’un monde supérieur.

comme Mile France Forrester, par exemple... qui puissent prétendre à des époux beaux comme les dieux de

la Grèce, titrés et opulents. Les mortels moins favo-

risés doivent se contenter des biens que les dieux leur aCCordent et en être reconnaissants. La femme d’un officier de dragons avec cinq cents livres par an pa- ‘raissait une brillante pérspective à la charmante fille du vicaire de Starling. es La question allait se résoudre d'elle-même. Pour. quoi Terry n’avait-il pas parlé? Il avait écrit pour ‘faire connaître sa bonne fortune et l'inépuisable bonté - de Lady Dynely, et le Révérend et Mme Higgins

s'étaient félicités de ce que le sort de Crissy fût

désormais assuré. PS ; Crissy elle-même avait sourt; ét À travers ses eils blonds elle avait vu avec une secrète satisfaction les regards aigres et jaloux des sept demoiselles Higgins plus âgées qu’elle, et qui tournaient à La feuille sèche et jaune. Enfin Terry avait àännoncCé sa rapide visite.

« Je crois réellement, Christabel, mon amour, dit | Me. Higgins, que nous .Pourrons commencer à

nous occuper du trousseau, Cela prendra ‘du te et, comme de juste, il ne vient qu'avec une inter unique, celle de te demander imffédiatement. $ 44%} # . En conséquence, on se mit à l'œuvre et l'on conte tionna quelques petits objets. La première semaine : d’août-Rrriva et le grand dragon avec elle : sa figure franche ses yeux si gais respiraient le plaisir de se MR iliSuid'eux. Ces yeux vifs, amoureux, WE L'eût-on mis à la torture, on ne PsSémpèché de Mébarder cette jolie figure de poupée, cÔtame" il ne manqua pas de le faire pendant les cinq premières minutes. Il la suivait partout comme un gros et lourd terre-neuve eût pu suivre

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-qui puis- un petit king-Chgrles frisé. Son regard, sa pensée, dieux de ses Mouvements, $es ‘actes, tout respirait en Jui l’a. oins favo- mour; Mais jg “à n parlait. Il rougissait si elle ieux leur le regardait’#éudhinément, il tressaillait si elle s'adresnme d’un sait À Jui à“Pi proviste. IL touchait la petite main AT an Pa- bldhche/}qhelle lui tendait avec cette timidité caracante fille téristique des hommes robustes au Cœur Chaud, poussée

à sa dernière limite. Mais il n’allait jamaié au delà. e. Pour-

- «Mademoiselle Crystal liggins, voulez-vous être mu femme? » Cette phrase formait un ‘ensemble de mots qu’il n’arrivait pas à prononcer, — . |

Mme Higgins cofmençait à le regarder de travers par-dessus ses lunettes, les sept sœurs aînées commençaient de leur côté à. jeter des regards fraternellement moquenrs à Crystal, et Crystal elle-même commençait à ouvrir tout grands ses innocents yeux

de turquoise et à se demander ce qui pouvait rendre

Terry si respectueux et si timide. L'avant-dernière. journée de sa visite était arrivée et Terry 2’avait pas parlé. | , « | C'était l’anniversaire de naissance de Crystal, et il devait y avoir une petite fête : une partie de croquet “lans le jardin de derrière, où d'habitude l'on étendait de linge*de"la famille, un.thé sous les pommiers en- “suite, et un bal au clair de lune pour finir.

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ses eils ction les Higgins [le sèche e visite.

our, dit .

encer à

semaine Les invités commençaient à se réunir ; mais Mme à figure Higgins et ses sept filles étaient là pour recevoir et ir de sg faire les honneurs; aussi Terry, prenant'là main de Dureux, son idole et la posant sur son bras, l’entraîna-t-il de- ,onne D hors pour faire une dernière promenade dans les gure de bruyères. | | | endant « Je repars demain, et Je ne puis dire au juste compartout D bien de temps Lady D: nely me retiendra; laissez-moi

suivre

donc respirer le Parfum de mes roses tandis qu’elles -

fleurissent, disajt Terry devenant poétique comme la plupart des jeunes gens lorsqu'ils font leur cour, me dit-on. |

— Il me semble, Terry, dit la’huitième demoiselle. Higgins d’un air maussade, que vous êtes pour Lady

Dynely un compagnon bien assidu, comme qui dirait sa levrette : vous allez, vous venez, vous cherchez et Vous rapportez dès qu’on vous l’ordonne. Vous êtés trop grand, je pense, pour vous laisser traiter comme un petit garçon toute votre vie. »

Il n'arrivait pas souvent à Crystal de fairé des interruptions aussi décidées ou de prononcer des discours aussi énergiques. Mais sa mère lui avait dit ce jour-là même qu’il était urgent de faire quelque chose et que si elle ne pouvait pas ämener elle-même Terry À se prononcer, son père devait Vinterroger sur ses inten. tions. Charger son arme à poudreest. très-bién pour effrayer, mais si l’on veut mettre le gibier à terre, il faut faire usage d’une bonne cartouche à plomb, et-le tuer.

Le visage de Terry devint pourpre. Il comprenait le reproche et sentait qu'il était mérité. L'amour peut être aveugle, mais pas au point de ne rien

“voir. Il vit bien ce que la famille du vicaire attendait . de lui, ce que la petite beauté elle-même brülait ‘d’entendre, et il comprit qu’il excitait leur blâme et leur colèreen ne faisant pas ce qu’il mourait d'envie defaire. Il méritait ce reproche et se reconnaissait coupable, Que serait-ce si Crystal sayait que c'était par ordre de Lady Dynely qu'il n’osait pas parler ? Comme elle le mépriserait ! Et pour la première fois, la pensée lui vint que c’était peu généreux de la part de la meilleure des femmes de l’avoir ainsi lié par sa promesse.

« J’aurais dû ne pas venir ici avant d’être libre de dire tout ce que j’ai dans le cœur, pensa-t-il. Oh! ma

chérie, avai lä-bas, vou:

perspective oir devenir Elle était

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‘Tel était le la LTerry qui le

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UN MARIAGE EXTI

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hérie, avant que le soleil ne soit entièrement caché li-bas, vous sauriez que la vie ne peut m'offrir de perspective aussi douce à mon cœur que celle de vous roir devenir ma femme. » | |

Elle était vraiment gentille à la clarté rosée de cette soirée. ;

« Mais, pensait Terry, quand est-ce qu’elle ne paait pas adorable ? »., :

Elle portait une robe de mousseline blanche. Elle appartenait à cette catégorie de créatures aériennes qui semblent être nées Pour porter de la mousseline anche, Elle avait un bouquet de roses à son corsage, les roses à la main, et un: irrésistible petit chapeau ur la tête. Elle avait un long collier, une; Cascade de erles imitées autour de son long et mince cou d’enant, et des nœuds d ruban bleu pendaient à ses boules. blondes.

La lumière dorée du soleil tombait en plein sur ce iage parfait, säns y révéler un défaut; sa petite nain reposait comme un flocon de neige sur le bras u jeune homme; ses doux yeux affectueux, pleins ereproches, étaient fixés sur lui avec une expression attente, de pathétique appel.

« Vous savez que je vous aime... je sais que vous r'adorez : pourquoi donc ne le dites-vous pas, Terry, our rendre heureuses maman et moi? Vous n’avez là demander pour que votre demande soit accueillie. elrouve que c’est bien mal de votre part de vous onduire de la sorte. »

‘Tel était le langage de ce petit regard de reproche, {Terry qui le voyait et*en comprenait le sens, géhissait et maudissait les liens qui le retenaient. CÉcoutez, Crystal, dit-il, il y a quelque chose que Veux Vous dire... »

Le cœur ‘de Crystal battit sous son bouquet & roses et ses lèvres s’entr’ouvrirent en un léger sw rire impossible à réprimer.

«.… Mais je ne puis vous le dire maintenant. »

Il se tut, parce que le sourire était parti et quel: yeux clairs se montraient pleins d’irritation et du larme.

«Je ne puis vous dire cela maintenant, poursuiri Dennison avec précipitation, pérce que. parce qu j'ai promis. Je ne sais pourquoi, certainement ; mai il ya quelque chèse qu’on doit me dire, et il fant que je retourne pour l'entendre, avant de revenir ici « de vous parler. » «.

C'était clair cela, certainement. Crystal, les yeu dilatés, la bouche ouverte, le regardait fixement, per dant que Terry se débattait sans espoir dans le sabk mouvant de ses explications. :

« Je pars demain, continua le dragon, je le lui à promis. Mais je reviens. je reviens immédiatement, comptez-y. Alors j’aurai quelque chose à vous din, Crissy, que je meurs d’envie de vous apprendre depui l'année passée. Aujourd’hui je ne puis m'explique plus clairement. Seulement, ne soyez pas en colèn contre moi, Crystal, ayez patience, fiez-vous à moi, t! attendez jusqu’à mon retour. »

En disant cela, son regard l’implorait. Une femme aveugle, sourde et muette aurait pu comprendre tu ce qu’il voulait dire. Mais Crystal était une petit chatte coquette dont les yeux étaient baissés, dont la couleurs avaient pris une teinte plus vive, et qui mé lait en pièces les fleurs de son bouquet dont elle ép | pillait les débris d’une main impitoyable.

«Je ne comprends pas un mot de ce que vous dits, monsieur Dennison, fut sa réponse. Je suis curieu

de savoi d'envie c arrivé.

— Ain mettre.

— Vo — D’a ne pas M Mlle .E d'une jeu homme € jeune fill « Atter tention d oublier ?..

sayerais, ; noncé dan jusqu’au s — Atte vous ceci jusqu'à m un diaman Il tire d mignonne faite uniq glisse très tabel, « Portezde moi. »

Terry ba et ils se cc :C'est une be Pas disposé

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, je le luiä rédiatement à vous dir endre depui m'explique is en colèr jus à moi,

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de savoir ce que nous sommes venus faire ici? Je meurs

d'envie de jouer au croquet et tout le monde doit être

arrivé.

— Ainsi, Crystal,

mettre...

— Vous promettre quoi, Terry?

— D'attendre jusqu’à ce que je revienne... de... de ne pas MXMblier.… » 1

Me Higgins se mit à rire. Quand l’amoureux d'une jeuñe fille est devant elle dans l'attitude d’un homme que l'anxiété rend maladroit et timide, la jeune fille se trouve immédiatement à son aise.

« Attendre jusqu’à votre retour? Je n’aj pas l’intention de m’enfuir nulle part, stupide Terry. Vous oublier ?.. Voyons, comment le pourrais-je quand je l’essayerais, alors que votre nom est à tout instant prononcé dans la maison Par mes sœurs depuis le matin jusqu’au soir? Rentrons et allons jouer au croquet.

— Attendez un instant, Crystal. J'ai acheté pour vous ceci ce matin. Portez-le pour l'amour de moi jusqu'à mon retour, et alors je le remplacerai par un diamant. »

Il tire de sa poche un pelit écrin, et de l’écrin une mignonne bague d’or, ornée de perles et de turquoises, faite uniquement pour de jolis petits doigts. Elle glisse très-facilement dans l’un des doigts de Christabel. |

«Portez-la, Crystal, dit-il tendrement de moi. »

Terry baise la petite main, et Crystal le regarde,

et ils se comprennent ct il n’y a plus rien À dire.

C'est une bonne petite créature en somme, et elle n’est

Vous ne voulez pas me pro-

» pour l'amour

Pas disposée à jouer avec le cœux de son robuste et

maladroit amoureux. Tout va bien. Terry est un

PRE Re 2 En NT

cs

. croquet.

212 UN MARIAGE EXTRAVAGANRT

aimable et bon garçon, et elle dira à papa de ne pas

l’interroger sur ses intentions. | Ils restent encore un moment. Au-dessus des marécages lointains, le soleil d’août descend et donne aux

ctangs, qui verdissent entre les roseaux, l’aspect de .

grandes mares de sang. Au loin, la mer calme réflé. chit ces derniers rayons. |

C'est fort beau. digne de Tennyson… pense Mlle Hig. gins, rêveuse. Mais son âme est avec les joueurs de

« Rentrons, Terry, » va-t-elle lui dire pour la troisième fois; mais elle s'arrête, frappée de la contenance de Terry.

Il regarde attentivement, droit devant lui, etsur son visage règne une expression où se peignent à la fois le doute, la reconnaissance et la joie. Crystal suit des yeux son regard, et elle aperçoit un homme s'avançant lentement vers eux.

« C'est lui! s’écrie Terry joyeux. ParJ upiter, c’est lui!

— Qui donc, Terry ?

— Éric. Je m'étonnais qu’il ne füt pas venu me voir plus tôt. Ilest venu passer ces cinq derniers jours au château de Sir Philippe Carruthers. Oui, oui, c’est Éric. 1

— Éric? | :

— Oui, Éric... Lord Dynely, vous savez bien. Non, au fait, vous ne le connaissez pas; mais vous m'en avez assez souvent entendu parler. »

Certainement Mlle Higgins en avait entendu parler ; aussi est-ce avec un nouveau battement de cœur qu'elle régarde s'approcher ce noble jeune homme, le premier qu’elle ait jamais vu, si ce n’est dans ss rêves, et qui a été décrit par l’enthousiaste Terence

Dennisor gleterre.

Donc 1 çait nonc ans, blonc tache dori a usé de:

| soixante o la destinée " « Éric, moi à la rayonnait lui causait présenter :

ma jeuness.

enfance, Le Lord Dyr cette grâce languissants voit venir ] jolie. Jolie!

jeune fille ét « Êtes-vou nison. Si ox l'änniversair partie de cro joueurs. Cry.

Comme dit la

4 règle géné minutes et der « — Si Mlle]

UN MARIAGE EXTRAYVAGANT "213 de ne pas ; Dennison comme le

gleterre.

‘Donc Mile Higgins re

çait nonchalamment u

plus joli garçon de toute VAn- (RES des mar.

lonne aux ’aspect de .

me réflé-

Mile Hig- Dueurs à soixante ou soixante-dix ans À partir de ce moment, | la destinée de trois Personnes se trouva changée. r la troi " « Éric, mon cher, enchanté que vous ayez pensé à ntenance moi à la fin, dit Terry, dont toute la physionomie | rayonnait comme si la ‘Me seule du nouveau venu ai, et sur lui causait un vif plaisir.Ÿ Permettez-moi de vous nent à la présenter à Mlle Crystal Higgins. Crystal, l’ami de stal suit ma jeunesse, le Compagnon de jeux de mon heureuse homme enfance, Lord Dynely. » .

Lord Dynely souleva Son Chapeau et s’inclina avec ter, c’est cette grâce pour laquelle il était renommé. Ses yeux languissants bri venu me rs jours ui, Oui, - Il ya une n. Non, martie de croquet organisée, et l’on a besoin de bons | 15° m'OU Joueurs. Crystal est passée maîtresse dans cet art. ! Comme dit la vieille Chanson : | du par- MR | le cœur pro ide "sh 1omme, ans ss

el, règle générale, ell minutes et demie.

« — Si Mile Higgins me le permet, je me considére-

e me met hors du jeu en deux l'erence

rai comme trop heureux, murmure Dynely avec un regard qui, tant de fois déjà, a fait.son œuvre et qui fait battre follement le petit cœur campagnard de Crystal et se succéder sur son visage impressionnable

de fugitives rougeurs.

— Oh! oui, je vous remercie. »

s C’est tout ce qu’elle peut articuler dans lé terrible € confusion d'idées où la jette la présencedu jeune Lord: ; inconsciente, elle s'appuie plus lourdement sur le bras « Annie ] de Terry, et elle ‘sent que le temps des demi-dieux tendre, douc n’est pas encore passé, puisque ce séraphique jeune MR 0" 502 in nobleman existe. : ce qui Je cha « N'ayez pas peur, Crissy, dit la voix bruyant v * à ss et joviale de Terry, Éric n’est pas aussi féroce qui re 7. , en a l’air. Avez-vous reçu des nouvelles de France ou re

de la mère depuis que vous êtes dans ces parages?» Éric lui lance un regard irrité. Ce Terry n’a pas de

tact. Est-ce le moment de parler de. hum! France

Forrester ?

« J'ai reçu un mot de ma mère par le courrier de ce matin, répond-il. Elle me recommande de vous dire de ne pas manquer de revenir. C’est pour cel que je voulais vous voir. Si j'avais su que vous hab tiez le paradis, ajoute-téil galamment, À serais vent

goûter a cons et qui n’a pas thé et mange les jeunes fill conte de jolie:

La lune s’e:

met à danser !

lequel depuis

il y a longtemps. » a .

Ils revinrent à la maison du vicaire. Lord Dynely terninée |

fut présenté à M. et Mme Higgins, aux demoiselles : Fes on

Higgins, à leurs invités, à tout le monde, et il impres négligemmen t

sionna, à les rendre muettes, toutes les femmes par st départ.

bonne tournure, la grâce élégante de ses manières el Ode

sa noble-condescendance. M of, .

- Qui, iljouait au croquet,etil y jouait biert, L'héroïne de la fête et lui sortent vainqueurs de toutes les par ties. On joue au croquet, et puis à cet autre jeu ch

le :

mon vieux...

y avec un uvre et qui

agnard de 3ssionnable -

lé terrible une Lord; sur le bras lemi-dieux îque: jeune

. bruyante féroce qu'il France où rages?»

n’a pas de !.. Franc

ourrier de le de vous pour cel vous habierais vent

rd Dynely lemoiselles il impres mes par Si 1anières et

| L'héroïne.

es les par- > jou clas-

auprès de Crystal, et pour inflammable fantaisie s'allume nouvelle jolie figure l'enchante,

Sa figure est Ja plus belle Que jamais le soleil éclaira de ses feux.

tendre, douce, innocente colombe. »

ce qui le charme le plus.

et bleue, de forme antique, le thé bouillant, de la pâti serie faite À la maison et des confitures. Éric, dont ]

conte de jolies petites histoires.

La lune s’est levée avant la fin du repas, et l’on se met à danser au son du bruyant piano du vicaire, sur lequel depuis vingt ans les neuf demoiselles Higgins ont fait leurs études. Plus lard on rentreau salon, où les danses continuent ; enfin à onze heures, la fête est terminée.

Alors vous repartez demain, Dennisonf demande

séeligemment Lord Dynely, en lui serrant la main au épart.

— Oui; et vous! F2:

— Moi, je reste deux ou trois jours encore. Carruders Ie désire, sa maison est agréable, et c’est un excellent garçon. Vous avez ici une garnison délicieuse, TOR Vieux... un vrai sérail de beautés.

sique nommé la Tante Sally, et il reste tout le temps la millième fois son » Sa tête tourne, et une

« Annie Laurie devait lui ressembler, pense-t-il, Or son innocence est précisément, chose curieuse,

On se rend au thé sous le vieux pommier. Une nappe d'une blancheur de neige, des tasses de porcelaine grise

goûter a consisté en un biscuit et un verre de sherry, etqui n’a pas dîné, se résigne au martyre : il boit du thé et mange des gâteaux et de la confiture; 11 sert les jeunes filles, leur adresse des compliments et ra-

— Comment la trouvez-vous? s’informe Terry.

— Qui?... Ellef.. Il y en atant. Ah! la petite reine \ de la fête, comme de juste. C’est une petite nymphe des bois, aussi charmante que la plus charmante & toutes les femmes que j'ai vues jusqu’à présent. Mn goût n’est pas, en général, porté vers les beautés Chan: pètres, mais celle-ci est aussi douce que ses roses, Quand devrai-je vous féliciter, Terry, mon cher?

— Bientôt, j'espère, » répond Terry avec un rin joyeux et un gai rayonnement dans le regard.

Lord Dynely le considère avec un singulier sourire en roulant une cigarette pour la fumer en route.

Elle le voit se diriger vers la grille. Comment s'ar. range-t-il pour cela? On ne pourrait le dire, mais i est exceptionnellement habile pour ces sortes de choses, Toujours est-il qu’elle l'accompagne jusqu’à la porte et lui tend à travers la grille une petite main timide la main qui porte la bague de Terry. Il la serre ave Chaleur, la garde un instant dans la sienne, et incline sa belle tête devant elle.

« Puis-je revenir vous voir, Crystal? »

Ce nom est venu naturellement à ses lèvres, et i l’a prononcé. Il lui sied bien d’ailleurs, et Mlle Hig: gins est une appellation horrible pourcette perle de beauté. Ce qu’elle répond, les étoiles et Lord Dynely seuls le savent. La réponse est satisfaisante sans

. doute, car ce sn nt est encore sur ses lèvres

quand il rentre en fumant chez lui.

« C’est la plus charmante petite fée que j’aie vuede puis bien longtemps, pense-t-il, et elle vase marier avet ce rustre de Terry.Allons donc. ceseraitun sacrilége!

Comme elle rougit, comme elle tremble, comme ell s’effraye facilement! On voit si peu de ces sortes de choseÿ que leur nouveauté charme. C’est un de cs

| tendres “avec la cette cige Il est 1 à sa chan yeux d’w finie de il réfléch Dynely 1 résultat « prend d’é rette, s'as

Depuis que vous m'avez raison; il es à exécuter ur aime cordiale forcerai jama Non, ma ché besoin de dir

* droits à votre

vez me rendr

Moi la pensé

amour, Je pot

Jde.vois clair:

valoir mes dr ‘ Cœur ne répon

Moi, jamais je

Écrivez-moi ici entrevue perso rai vers vous, :

> Terry.

petite rein ite nympie armante de résent. Mon autés chan:

e ses rosu, n Cher?

vec un rir ard.

ier sourire route.

iment s'ar re, maïs | s de choses.

’à la porte ain timide, serre ave , et incline

vres, et il Mille Hige perle de rd Dynely ante sans ses lèvres

ie vue dearier ave sacrilége!

mme elle sortes de in de ces

UN MARIAGE EXTRAVAGANT 217 | tendres petits cœurs avec la même facilité

cette cigarette. »

Il est minuit quand il arrive au Château. Il se rend à sa chambre, mais il ne se couche pas. Il lève les yeux d’une façon distraite et il fume une série indéfinie de cigarettes. Il réfléchit... chose étrange. il réfléchit. C’est une chose qu’en principe Lord Dynely ne fait jamais, mais ce soir il la fait. Le résultat de tout cela, c’est la détermination qu'il prend d'écrire une lettre, Il jette sa dernière cigarette, s'assied À son bureau, et il écrit ce qui suit :

qu’ün homme pourrait briser que je secoue les cendres de

Château de Carruchers, 5 août 1870. .

MA cHÈRe FRANCE,

À sans votre consentement. Je vous aime cordialement et je vous aimerai toujours; ais je ne vous forcerai jamais à m'épouser si vous ne m'airhez pas en retour. Non, ma chère France, quoi qu'il doive m'en coûter. et ai-je

ncerai à lous mes tiez que vous pouvous offre, loin de

Que notre volonté est impuissante d Pour aimer ou pour n'aimer pas !

Jevois clairement à présent combien valoir mes droits sur vous dans le p

— Moi, jamais je n'invoquerai ces droits sur vous à l'avenir. Écrivez-moi ici... ce sera moins pénible pour tous deux qu'une entrevue personnelle. Si vous m'aim

rai vers vous, avec quelle joie, vous

vous sentez que vous ne le pouvez pas, eh bieh ! je m'inclinerai: et je me soumettrai à votre décision. F

Votre toujours dévoué,

Éric.

C'était un généreux modèle de style. Lord Dynely

se sentait animé d’une ardente admiration pour la

noblesse de ses sentiments, pour sa générosité et son abnégation, en scellant la lettre et en y mettant l’a dresse. Ce n’est pas le premier venu pârmi les hommes

qui aurait pu se séparer de la jeune fille qu’il aime

d’une façon aussi héroïque et se résigner à un malheur qui doit durer toute la vie. Non, non, il y en à pas beaucoup qui en auraient le courage, et: France doit le juger ainsi. Seulement, et voilà le point alarmant, c’est une étrange fille. Il'espère qu’elle ne se croira pas obligée de se montrer aussi généreuse que lui et d’insister pour accepter ce mariage bon gré, mal gré.

= La lettre partit par le courier du matin. Le train aui emmenait Terry partit À midi cinquante. Peu d#ieures après, irréprochable de tenue dans son élé-

gant négligé, Lord Dynely se présentait à la porte du .

vicariat,

Elles étaient toutes de gaies jeunes filles, excepté les trois afnées, qui étaient fort maigres et vieilles. Mais Crystal était là comme une pierre précieuse

. parmi des cailloux. Elle gagnait à êlre connue, pensait-il. Elle chanta pour lui, avec une douce voix de mezz0-Soprano. Elle erra avec lui par le jardin et attacha de ses doigts tremblants un des boutons de rose de son corsage à sa boutonnière, Elle fut tout à

fait délicieuse, et le lendemain Sa Jéigneurio teint.

Le courrier du soir lui apporta une lettre. 11 frissonna en la regardant. C’était l'écriture hardie, ferme,

\ de France aÿait l’dir !

dahlé. Cepe au MOINS, ]

denait que de la langu

Qni est-ce?

Affectuet

: Dans las Dennison à assise à la fe une de.ces jo sans le moi avancée, éta mosphère ét qui précède envahit, pa ne tremble, lage les por brûlant de I

es

< EN MARIAGE EXTRAVAGANT 219 n’inclinerai, de France et le sceau et le cher des Forrester. Elle é avait l'éir fer, carré, belliquéux et tout à fait formi. | dahlé. Cependant il fallait la lire; six pages croisées au moins, pensa-t-il en gémissant. Les jeunes filles ne d Dynely JKnanquent jamais une occasion d’infliger ces sortes de | pour la RE tarvées à leurs victimes. 11 l’ouvrit. La lettre ne conté et son Menait que trois mots, trois des mots:les plus courts ttant l’a- de la langue.

rs 1e Abbaye de Dynely; jeudi 7 août.

des ee | | Car ÉRic, Ke EF SR à vous, re int alarle ne se 'euse que JON gré, , tra | | CHAPITRE IX ate. Peu - = son élé- RÉVÉLATION porte du : | , Dans la soirée du jour qui devait ramener Terence excepté Dennison à l'Abbaye, Lady Dynely attendait seule, vieilles. assise à la fenêtre de sa chambre. La journée avait été récieuse une de.ces journées d'août, étouffantes, insupportables, le, pen- sans le moindre souffle, L'air, même à cette heure voix de avancée, était lourd, pénible à respirer. Le cielet l’at- 1rdin et mosphère étaient chargés de cette électricité intense tons de qui précède l'orage. Dans l’espace que le crépuscule

envahit, pas un rameau ne bouge, pas une feuille

lage les poumons oppressés, ne rafratchit le front brûlant de Lady Dynely, appuyé à la glacé de la croi-

—Re-tremble, pas le plus petit souffle de vent ne sou-

TD

sée. Toujours pâle, elle était presque livide dans | pénombre, et toute tremblante de la têtä aux pieds, comme sous l'influence d’une puissante terreur ner veuse. NA et dans le passé comme pro:

elle était la seule femme qui r à trembler à l'approche 4e i qu’elle craïignait, mais ce

té con.

la mauvaise action et de qui depuis était devenr

Lady Dynely était bonne, consciencieuse, elle faisait son devoir envers tout le monde, suivant la Connaissance qu’elle en avait; c’était une maîtresse bienveil. lante, une charitable bienfaitricé, une mère aimante, une amié loyale. Dans toute sa vie elle n’avait fait tort qu’à un homme et c'était précisément celui qui la vénérait et l’aimait plus que toutes les autres femmes sur la terre, Terry. Po

Mais elle était faible, faible dans son orgueil et dans l'intensité de son &mour pour son fils. Cet orgueil et cet amour s’étaient placés entre elle et le devoir,

avaient scellé ses lèvres et l'avaient rendue coupabke. |

Elle âvaif mal agi envers Terry; elle lui avait caug un {ort grave et prémédité, et elle avait trouvé là

punition de ce crime dans le remords qui jàmais \

ne la Quittait, qui agissait sur SON Corps aussi bien que sur son esprit, et qui rendait son existence misé-

rable. Le fardeau de sa faute était trop lourd pour

croix est trop ÿ ,

,;Un pas qu’e

k corridor, m

« Entrez. | Dennison en deaux. Dans 1 pas voir la m sage, el cepenc l'ffraya. 11 s’a «Il n’est rien n'êtes pas mala — Je ne suis défaillante. Ass er une histoire

EN

UN MARIAGE EXTRAVAGANT el

; five pût le porter plus longtemps; ce soir-la vérité nue dans ik seraitrévélée; alors advienne que pourra, sa conscience ë aux pied, sera.dégagée. : | F erreur ner Mais c'était dur, et son cœur fier sentait toute l'amertume et l’humiliation de ce pénible aveu. Elle: comme pro.

® Mn'osail pas penser à son mari, dans la crainte d’être : femme qu tentée de haïr sa mémoire. Elle n’Osait penser à son proche de MB, ni à la terrible colère, ni aux reproches dont il it, AIS € Mlaccablerait si cela arrivait jamais à ses oreilles. resté.ense. ML sait à peinè penser à Terry, le loyal, le noble ait étroite.

st, 4 EMTOn au cœur droit, qui avait tant de confiance en n esprit, el elle, qui croyait si fermement en elle, et dont l’afrecexistence D reconnaissance étaient si profondes. De tous aitété con D ji 1e setior du devoir était obstrué par les épines, ction ed à) fallait s’y engager. et ait devenr DE Assistez-moi, mon Dieu ! disait-elle dans l’amère tou rire que du fon du cœur elle adressait au ciel, ma elle faisait EE oix est trop lourde pour mes forces! » |

+ Connais- Un pas qu’elle connaissait bien se fit entendre dans, » bienveil LE corridor, malgré le tapis qui le couvrait. C'était le aimant, ns qu'elle attendait, le pas qu’elle

Stars guettait. On ‘ avait fait frappa à la porte. Elle attndit un moment comme * lui qui la pour reprendre haleine. |

s femmes

Entrez... », dit-elle d’ûne voix à peine distincte. Dennison enttä. Elle se rejeta dans l'ombre des ÿirgueil a daux. Dans l'obscurité de la chambre, il ne pouvait torgueil x voir la mortelle pâleur stéréotypée sur son videvoir, Be et cependamt quelque chose dans son attitude

oupabk. fraya. 11 s’avança et lui prit la main.

Lt caug «Il n’est rien arrivé?… demanda-t-il anxieux. Vous oUvé À Muites pas malade?… None

Jamais EE ne suis pas malade, répondit-elle d’une voix ssi bien étilante, Ass

rS eyez-vous, Terry. Je Vais Vous racon- —t rune histoire ce soir. J'aurais dû vous la direil ya rd pour LS.

longtemps, mais j'ai été lâche..., tristement et mé

chamment lâche. et je n’ai pas osé. je n’ai pas osé, Il s'assit à ses pieds sur un tabouret, et la regard: avec un étonnement silencieux et plein d'alarme, … € Vous avez eu confiance en moi, Terry; vous ave été reconnaissant pour moi; vous m'avez aimée! 4h: mon pauvre enfant! cette confiance et cet amour ont été bien amers à porter. Je n’ai mérité ni l’une ni l'autre... je n’ai mérité que votre dédain et votr mépris. … — Lady Dynely! Se — J'ai prié pour obtenir la force, poursuivit-ell .ävec une exaltatiôn: sauvagè. Mais la force n’est p “venue! Je connaissais mon devoir éNVErS VOUS, enven le ciel etenvers ma conscience, mais je n’ai pas vouh le remplir: J’ai caché la vérité, je me suis plongée dans le mystère et le crime, et je vous ai fait tort de puis le commencement jusqu’à la fin. en

— Me faire tort à moi, Lad y Dynely! s'écria:til constérné, Savez-vous ce que vous dites?

— Piût à Dieu que je ne le sache pas! répondit-ell amérement. Cela paraît étrange, Terry ; mais attendu jusqu’à ce que vous ayez tout entendu. Alors vous me mépriserez mille fois plus que vous ne m’avez jamii aimée. -

— Jamais! répondit-il vivement. Dites-moi « que Vous voudrez, rien ne pourra jamais altérer l'affection et la gratitude que je ressens pour vou. Elles ont grandi avec moi; elles font partie de mn existence. Je pourrai presque aussi facilement perdyt ma foi en Dieu. Quand je tesserai de croire à votr bonté, je cesserai de croire à toute bonté sur terre.

— Non, non,. dit-elle d’une voix qui dénotait un vive peine, Attendez Jusqu'à-ce que vous sachiez tout

Terry, VC pourquoi .

et me suis votre édu — Ma troublé, à certain le Je suis le dans la bol vous avez loire; n’es — Ohn tout. La bc parole dev mon mari!

— Lady — Son f Il resta elle folleg fils de Lor ardente rox tarel de Te était la fille Toute lhist Il cacha s étourdi par parmi les pl la mémoire C'était une :

le plus prof Et mainten.

nent et mc l'ai pas osé,»

t la regard:

alarme.

; VOUS aye aimée! Ah!

amour ont ni l’une ni ain et votre

ursui vit-elle ce n’est pa JOUS, envers \i pas vouli dis plongé fait tort de

s’écria-il

vez jamais

__-#Ledy Dynely, ditil durement, pourquoi m'avez. Vous dit cela 8 » |

Terry, vous est-il jamais arrivé de vous pourquoi je vous ai retiré de la chaumière.

et me suis chargée moi-même de votre éducation.

— Ma foi, répond le jeune homme, légèrement troublé, à certains moments, oui. Mais ja certain le peu que j'ai connu de ma cou Je suis le fils d’un parent éloigné de vo dans la bonté de votre cœur, vous m'avez vous aVEZ Pourvu aux besoins de ma vie. Voilà l’histoire; n’est-ce pas cela?.…

— Oh non, non, non! ce n’est pas l’histoire du tout. La bonté de mon cœur! Quelle ironie amèrecette

demander irlandaise “votre entretien et de

rie histoire.

tre mari, et

parole devient sur vos lévres? Un parent éloigné de .

mon mari! Terry... vous êtes son fils !

— Lady Dynély! - — Son fils, Terry. son fils aîné! »

Il resta muet et la regarda. Lady Dynely était.

elle folle? Qu'est - ce qu'elle lui racontait donc? Le fils de Lord Dynely! En ce moment une subite et ardente rougeur se répandit sur le visage franc et naturel de Terry. Le fils de Lord Dynely!... Et sa mère était la fille d’un Paysan ! Qu’y avait-il à dire de plus? Toute l’histoire était com prise dans ce rapprochement. Il cacha sa tête entre ses Mains comme un homme étourdi par un Coup violent. Il y a peu de gens, même parmi les plus MauVais, qui ne vénérent plus ou moins la mémoire deleur mère. Pour lâme simple de Terry, C'était une mémoire bénie, idéalisée… À garder dans le plus profond de son cœur pour n'en parler jamais.

Et maintenant on lui -disait que son père était Lord Dynely !

i tenu pour .

recherché et

Elle plaça sa main sur la tête homme.

« Cela n’est pas tel que vous le pensez, Terry, dit-elle tristement. Je sais ce que voùs voulez dire... mais ce n’est pas cela. Votre mère était la femme de Lord Dynely aussi légitimement que je l’ai jamais été. Vous êtes le fils de Lord Dynely aussi légitimement qu'Éric. Plus même... vous êtes l'héritier de Lord Dynély. ÿ

Il entendit à peine ces derniers mots, car son âme était inondée de joie et de reconnaissance,

« Dieu merci! Lentendit-elle murmurer, c’eût été trop pénible à penser. Mais. le fils de Lord Dynely! Oh! Lady Dynely, trés-dificile à croire.

— C’est étonnant, sans aucun donte. Mais comprenez-vous entièrement ? Vous êtes non-seulement lefils Pa: Lord Dynely, mais encore son héritier.

— Son héritier! répéta-t-il émbarrassé,

— Vous êtes de trois ans plus âgé qu’'Éric. Ne

» Comprenez-vous pasf Votre mère Lord Dynely; vous n vicomte Dynely. »

Il releva la tête et la régarda avec une expression d'horreur. -

« Et Éric est... quoi?

—— Oui : quoif cria la mère d’Éric affolée. Il est Éric Hamilton, le fils cadet, avec un patrimoine d'à peu près la moitié de ce qu'il dépense tous les ans en cigarettes et en bouquets. Vous êtes l'héritier et le sei- £neur du domaine; il est le second fils et le frère cadet. Tel est le secret que j'ai apprisà mes dépens, il y a seize ans, au lit de mort de votre père. Je secret de ce que Yousappelez ma générosité envers vous, le secret quia —

’êtes pas Terence Dennison, mais

inclinée du jeune

pardonnez-moi, mais cela me parait

était l’épouse de -

nous sommes Un long « droite sur so

es genoux, ur l’espace.

Quant à I

une circonsta krvelle de pro:

in dédale d’id € Racontez- Elle respira

lie tâche. Le resque autant

ste bien peu d iPpose que la | tre racontés en

du jeune

Zz, Terry, lez dire.

femme de ti jamais légitimeritier de

Son âme

c'eût été Dynely!

ne parait

compre:

nt lefils

ric. Ne

ouse de -

n, mais

)r'ession

. Il est ine d'à ans en , le seicadet.

a seize ce que tquia

UN MARIAGE EXTRAVAGANT empoisonné et gâté ma vi forte dans ma perversité pu le garder jusqu’à la fin,

€ entière. Si j'avais été aussi que je suis faible, j’aurais

mais cela je ne le pouvais.

iles révélé. Mon âme est enfin délivrée de ce far

dau. Vous connaissez la vérité, et mon fiïs et moi ous sommes à votre merci. »

Un long et profond silence se fit alors. Elle était droite sur son siège, sa figure unie comme un marbre au sein de l’obscurité, ses mains frêles croisées sur

HS SeNOUX, ses yeux secs et égarés Vaguement fixés ur l’espace.

ir de Lord Dynely

Dennison le parent Pauvre, mais un pair du royaume |

ric, Éric, son frère Cadet, sans aucun d

se

» fut sa première parole.

t et se Prépara à remplir

ble était dit. c'était amer résque autant que l’a

etcependant létait plus aisé de le ’à tout autre.

certainement ainsi. Dans la nuit de la mort de Lori

Dynely.…. il y a justement seize àns ce même soir. n’était-il pas convenable dechoisir cet anniversaitet.. j'ai tout appris moi-même pour la première fois. Ja me rappelle toutes les circonstances de cet événement ‘ mieux que de quoi que ce soit de. toute. mon exis. tence. Mon cousin était venu me voir... Vous avez er

tendu parler de lui. Gordon Caryll, pauvre garçon!

pour me raconter son histoire. C’était par un beau clajr de lune; bras dessus, bras dessous, nous nous proménions autour de l'étang tandis qu’en quelques.mot brefs et amers il me racontait le drame ds vie. Je vois tout cela comme un tableau. La blanc e clartéde la lune, les longues ombres noires, l'étang comme une glace ronde, l’arome des fleurs et la fraîcheur du vent du soir. Je vois la place où il.me dit adieu « me quitta, pauvre Gordon! et je ne l'ai jamais revu depuis, M. Locksley me le rappelle d’une certaine manière; mon Cœur se ranime quand nous nous rencontrons, à cause de cette ressemblance fortuite. » Elle s'arrêta. Elle avait un peu perdu le fil des narration en pensant à ce cousin, à cet élégant soldat qu’elle avait aimé et dont elle avait été séparée dans cette soirée d’il y a seize ans.

€ Il me quitta, poursuivit-elle, et je m’attardai en songeant aux mécomptes que la vie offre à la plupart d’entre nous, et m’étonnant de ceque presque toujours nous abandonnons la voie droite où se trouve le bor-

j'étais c:

* Caryll. :

mais je n qu’on vin d'un acc éprouve .

venu qui 1 désespoir Je rejoind tait-il que ilavait ur pas mouri aimée... ol égoïsme et fier de sa 1 toute sa vi, lit de mort absolu et se tique de sa ayez pu éch Elle s’arr à son fils. T ment, èt tor muler comp avaient été égoïste était « Comme Terry, il me DaVrante his le Galway, -i beauté brune de jeunes fille Ses pasai

j'étais capable de donner avait été vouée à Gordon CaryIl. Je fis mon devoir d’épouse en toute chose,

ureuse épouse. Et lors-

1ort de Lori nême soir...

iversaite!..

ère fois. Je ; événement + MON exis- US A VEZ en-

egarçon!…

beau clai le rejoindre. Il était Mouranten effet... à peine lui res- Al

nous pro MN tait-il quelques heures À vivre lorsque j’arrivai. Mais i, 1ques mot il avait une grande force de volonté et il ne voulait . » sa vie. Je RW pas mourir avant de m’avoir vue. Il m'avait beaucoup Ë

e clartéde aimée... oh oui! je n'ai Jamais douté que, nialgré son comme une égoïsme et ses passions, il ne m’ait aimée et n’ait été f aîcheur du fer de sa femme. I] s'était épargné lui-même pendant . ï it adieu DD toute sa vie, mais lorsqu'il se trouva étendu sur son Hs mais rem D lit de mort, il ne voulut pas m’épargner. Un égoïsme ; 1e certaine

absolu et sans limite a toujours été le trait caractéris- “ Hrfet tique de sa race, Je m’étonne souvent, Terry, que vous 4e. | ayez pu échapper à la contagion de cet héritage. » : ss

$ NOUS retuite. »

le fil de a Elle s'arréta de nouveau en soupirant. Elle pensait ii | . ï ant soldat à son fils. Tout en. l’aimant aveuglément, profondé- “ER parée dans DS ment; ét tout en l'admirant, elle ne pouvait se dissi-

muler complétement ses défauts.

Tous les Dynelys

ttardai en MN avaient été foncièrement égoïstes, et foncièrement la plupart M égoïste était le dernier Lord Dynely. |

le toujours € Comme j'étais agenouillée au pied de son lit, ive lebor- D Terry, il me racontàa en

quelques mots cette triste et

ignent.Î RS navrante histoire. Dan

3 Je résuk M le Galway, -il avait rencontré Maureen Gannon, une | |: > et la plus M beauté brune, à l'air espagnol, comme sont beaucoup . . d Dynelÿ; D de jeunes filles du Galway set avéc sa lôte Ghaude a . ue je n'ai ses Passions

8 passion l'eut | Pendant toute sa vie la réputation méritée de courir 4 |

action que

sans réflexion après toutes les femmes, qui. avaïent *

éveillé sesdésir$: un autre trait de sa nature dônt vous

avez été préservé et dontmon pauvre Éric a hérité, lui, Vous savez ce que sont les jeunes filles irlandaises.… les .

- femmes les plus, chastes de la terre... un amour qui

n’a pas pour but et pour résultat le mariage est au- .

près d’elles une folie sans aucune chance de succès Mais il était fou quand la satisfaction de ses désirs était en jeu. Il épousa Maureen Gannon. »

Nouvelle pause pour reprendre haleine, avec un effôrt pénible.

IL faisait tout à fait nuit et le vent, précurseur de l'orage qui arrivait, s'était levé et soufflait dans le parc. Un ormeau, placé juste en face et tout proche de la fenêtre, frappait de l'extrémité de ses branches comme avec des-doïgts de spectre, aux carreaux. Elle frémit en entendant ce bruit, et se rapprocha de son compagnon attentif et silencieux. :

«€ Il s'était donné le nom de Dennison, et c'est sous ce nom qu'il l’épousa. La cérémonie eut ljeu dans la petite chapelle rustique et fut célébrée pâr le prêtre de la paroisse. Des amis de son rang à lui, il n’y en avait naturellement aucun qui fût présent, mais ses humbles amis à elle et sa famille tout ertière y assistaient. Il l’'emmena tout, de suite au loin, et on ne la revit plus chez elle jusqu’au jour où elle y revint pour mourir. Elle arriva vous portant dans ses bras, et histoire de sa vie fut finie. C'était toujours la même vieille histoire: un caprice ardent d'a bord, caprice refroidi ensuite, froideur, indifférence, abandon complet, et enfin la fuite. Elle mourut et vous restâtes. Mais Lord Dynely fut libre de faire la courà une autre et de l’épouser. Cette autré, ce fut moi. De la fille dont il avait brisé le cœur, de l'enfant unique

vivant @ crois que à son esp - Alors le :

âme pour légitime...

time. Il.

‘ aimait au l'avenir d gagner. Il aucune dé recueillir 1 mettant à ‘nirs désagr toute sa vi, lit d’agoni il pourrait ciet les ré jours lui, ft suprême. Q cæ que je p réparât sa n séquences}? ] vérité. « Vo:

dans mon bt net. Le cert du petit s’y 1 ver un vice d et cela a eu Lucie, quand choses à un monde, Je ne dans le monde en face, en ay:

ji avaient * dônt vous

érité, lui, :

aises… les mour qui je est au-. le succès.

ses désirs

avec un

urseur de t dans le proche de branches, aux. Elle La de son

et c'est eut lieu ée pâr le r à lui, il présent, tout enau loin, où elle y ant dans tait toudent d’afférence, t et vous’ la courà moi. De L unique

“@face, en ayantconscience quele tort que j’ai fait à son

vivant en Irlande dans la pauvreté et l'abandon, je

crois que jamais le souvenir ne s'offrit une seule fois à son esprit, jusqu’au moment de la naissance d'Eric. - Alors le remords et la crainte s’emparèrent de son

âme pour la première fois. Elle avait été sa femme .

légitime... vous étiez son fils et son héritier légitime. Il m'aimait, ai-je dit, à sa façon égoïste; il

‘ aimait aussi le petit Éric, et l'inquiétude touchant

l'avenir de son plus jeune enfant commença à le gagner. Il n’en parla toutefois à personne, il nefit aucune démarche à votre intention ; il se. contenta de recueillir tous les documents pour la fin de sa vie, remettant à après sa mort et pour les autres. les souve- ‘airs désagréables, comme cela avait été l'habitude de toute sa vie. Ce fut seulement lorsqu'il se vit:sur son lit d’agonie et qu'il pensa que dans un autre monde il pourrait avoir à répondre de sés crimes dan celuiciet äles réparer qu’il eut peur lâchement.… et lui, toujours lui, fut sa préoccupation principale à ce moment suprême. Que lui importait ce que deviendrait Éric ou c que je pourrais devenir oi-même, pourvu qu'il réparât sa mauvaise action et qu’il échappât à ses conséquences? Il m’envoya chercher et me fit connaître la. vérité. « Vous trouverez tout cela consigné par écrit dans mon bureau. Je l'ai écrit pour en avoir le cœur net, Le certificat de mariage et l'extrait de -baptême du petit s’y trouvent également. La loi pourrâit trouver un vice dans un mariage irlandais comme celui-là, ef cela a eu lieu dans bien des cas analogues; mais, Lucie, quand un homme va mourir, il voit toutes ces choses à un autre point de vue que celui de ja loi, dû monde, Je ne pourrais Pas ‘retrouver cette pauvre fille dans le monde dans lequel je vais entreret la regarder

fils n’est pas réparé. C’est lui l’héritier, Lucie, souve. nez-vous-en.… et non pas Éric, le pauvre petit diable. Et je veux que vous fassiez, quand je ne ane plus, ce que je n’ai jamais eu le courage de faire moi-même... remettre ce petit garçon qui est en Irlande en posses. sion de ses droits légitimes. Mon premier mariage doit être prouvé, et le jeune homme doit reprendre ses | droits. Vous êtes pourvue, dans tous les cas, comme ma veuve, d’un riche douaire, et votre enfant aura une part de cadet. Mais celui qui est en Irlande, Je fils de la pauvre Maureen, doit étrel’héritier, ne l’ou. bliez pas. » J'étais agenouillée à côté de son lit, Terry, écoutant ces terribles révélations, saisie d’une horreur trop grande pour pouvoir parler ou pleurer. J’ai aimé Éric depuis le jour de sa naissance, je crois, avec un quadruple amour de mère. Il était tout mon bonheur, Son père ne partègea pas mon cœur avec lui, comme cela arrive à la plupart des mères. Mon fils était tout ce que j'avais au monde... tout. Et maintenant j'étais sommée d’avoir à me retirer en l’emmenant avec moi° et de donner son titre et ses domaines à l'enfant d’une autre. Terry, s’écria-t-elle avec colère, il demandait plus que la nature humaine ne peut donner. »

Sa voix se brisa dans. ce cri fiévreux, convulsif comme un sanglot. Terry prit les deux mains de la pauvre femme dans les siennes et les étreignit avec une douce énergie. ;

« Je le crois comme vouk, répondit-il tristement.

— ‘Il mourut pendant que j'étais agenouillé ainsi, poursuivit Lady Dynely; ses yeux entr'ouverts restaient fixés d’un air menaçant sur moi, ses lèvres remuaient comme pour parler encore. « Souve-

“nez-vous , me dit-il, que vous avez à veiller à ce qe. justice soit faite. Je ne l’ai pu faire. vous, vous le

È devè. Je r

que vous ne chercherez

droits, à la:

dernières pe Je ne pouv:

quand. mên mienne. J’é etd’âme. Ta rible, l’effra jeux:étaien:

mon Visage eux. Je ne m longtemps a ténèbres. On son COnvoi

des signes d et les jetai.a père qui le dé tais, moi; m:

le cœur... c* haine passior tombe une p sociales et do inscription, « Ah! oui, elles et la honte. J ironie que cor Je crois que

point et que :

une peur hoi œlte nuit et u-cauchema je ne voulai

le, SOUvVeit diable,

i plus, ce.

-mêmé. OÙ n possesmariage

endre ses

, Comme ant aura lande, Je , ne l’ou.

t, Terry, > horreur Pai aimé avec un Jonheur, , Commé tait tout nt j'étais

VeC mo

nt d’une mandait

onvulsif ns de la nit avec

ment.

nouillée entr’ounoi, 68 Souve-

ce qu.

vous le

HR { rs ; = : »

devéz. Je ne reposerai pas tranquille-dans ma tombe que vous ne me l’ayez promis. Promettez-moi que vous chercherez cet enfant et que vous lui restituerez ses droits, à la face du monde. Promettez!...»Ce furent ses dernières paroles; mais la omessen’avaitpas étéfaite. Je ne pouvais pas parler; cla m’eût été impossible, quand. même une parole eût dû sauver sa vie et la mienne. J'étais étourdie, stupéfaite, anéantie de corps d'âme. Tandis qu’il me regardait encore d’un œil terrible, l’effrayant hoquet de la mort se fitentendre. Ses jeux.étaient fixés, avec une expression de menace, sur mon Visage, lorsque le voile du trépas s’étendit sur eux. Je ne me rappelle plus rien. Quelqu’un vint à moi longtemps après, et je m'évanouis, puis ensuite tout est ténèbres. On l’enterra, et Éric et moi, nous suivimes son Convoi et conduisimes le deuil. On avait mis des signes de deuil sur mon enfant; je les arrachai

el les jetai.au loin avec horreur. Porter le deuil d’un père qui le dépouillait si cruellement. non! Jele por- :

tais, moi; mais ce n’était pas le deuil que j'avais dans le cœur. c'était la révolte irritée, la a une haine passionnée pour cet homme. On plaça sur sa iombe une plaque de marbre rappelant ses vertus sociales et domestiques, et au bas de cette pompeuse inscription, cette citation : Ses ŒUVRES LE SUIVRONT. Ah! oui, elles l’ontsuivi… dans l’amertume, le remords, et la honte. J'aurais pu rire bien haut de la sanglante ironie que contenait cette phrase, s'appliquant à lui. Je crois que mon esprit s’égara jusqu’à un certain point et que ma santé Commença à décliner. J'avais ue peur horrible de cet homme mort et enseveli : œlte nuit et.ses révélations me hantaiént comme

“-cauchemar plein de spectrès. Je no pouvais... je ne voulais pas obéir.

Je tremblais d’horreur

mt nnten. 2

en refusant: c'était une chose si terrible que de

désobéir volontairement aux ordres d’un mourant! Il ne reposerait pas tranquille dans le tombeau, avait-il dit, si je désobéissais. Une crainte superstitieuse et maladive qu'il ne se levât de ce sépulcre, d'où k repos avait fui, et qu’il ne me poursuivit, me gla çait presque à certain$ moments. Je crois. que cet lutte incessante aurait fini par me rendre folle, si elle avait continué. Mais les 1édecins m’ordonn rent d’aller en Italie AR à d’air. Au lieu & cela, j'allai dans le Galway, et je vous trouvai. Vox savez le reste. Je voulus faire un “compromis ave ma conscience. jà trichai avec la vérité. Vous devie être élevé et instruit comme mon propre fils et par tager avec lui tous les avantages. tous, excepté mon affection. Cette dernière chose, mon pauvre Terry, pour tant que vous l’eussiez méritée, je ne pouvais vous la donner. L’horreur et la haine que j'étais assez méchante pour ressentir à l'égard de votre hèr, j'étais assez méchante pour l’éprouver envers vous. Un jour, pensais-je, peut-être, quand moi aussi je se rais mourante, je vous révélerais tout. En attendant, votre existence devait être aussi aisée et auxi agréable que cela est possible avec de l'argent. Quani nous sommes frustrés à notre insu, otre perte n'est rien. Éric ne vous céderait jamais son. titre et ss propriétés, à vous, le fils d’une pauvre paysanne irlandaise. Sa vie.ne devait jamais être flétrie par l'ordre donné en mourant par un père sensuel, égoïste ve, cruel. Je ne dirais rien, je vous cacherais la vérité. Je me suis dit cela des milliers de fois, Terry, et les années ont passé, et vous êtes des hommes tous les deux. Sa majorité arrive dans quelques jours. France doit être sa femme, et la jeune fille du vicaire la vôtre

Je m'étais tout. J’ai voltées; j et pour ok m'a été ac connaissez ment vou pouillé. Ve Je suis pré tribunaux mais quanc Sa voix si bien les t protestatio:

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voltées; j’en ai fatigué Dieu pour connaître le droit et pour obtenir la force de m'y conformer. Cette force m'a été accordée à la fin. Mon devoir est rempli. Vous connaissez la. vérité... vous savez combien honteuse-

ment vous avez été toute votre vie, frustré et dé

pouillé. Voici les papiers que Lord Dynely a laissés. Je suis prête à répéter cette histoire devant tous les tribunaux d'Angleterre. Tobt cela me semble facile ; mais quand-je pense à Éric, j’ai l'âme navréel»

Sa voix s'éteignit dans un sanglot. Elle prévoyait

si bien les terribles colères d’Éric, sa rage furieuse, ses :

protestations. il préférerait lutter jusqu’à la mort contre son compétiteur, et dans ses emportements égoïstes il maudirait son père et détesterait la mère qui l'avait porté dans ses flancs. La haïr! Oui, toute sa vie. Les hommes faibles et égoïstes sont toujours ardents pour la haine. Pourquoi ne s’était-elle pas tue? Comment avait-elle osé parler? Qu'étaient ces craintes lâches de mille pères mourants à côté de ses droits de naissance? Était-co. là son prétendu amour pour lui ? Quelle que füt la fin de tout cela, il ne lui pardonnetait jamais, il ne voudrait plus la voir. Elle savait ce qui allait arriver, aussi bien qu'elle savait Melle était assise 14, sur ce siège. |

Elle tend un rouleau. de papiers à Terry. Il ouvrit I main en laissant échapper-celle de son interlocu: fige et le prit en silence. Même lui, pensa-t-elle avec

I amer désespoir, se mettait aussi contre elle. Voilà

‘que c'est que de faire son devoir. . # € Je n’ai plus rien à vous dire, dit-elle. d'une voix

ferme. Allez, Terry, et laissez-moi, »

— 186 leva aussitôt, mais sans se hâter, et il resta à

Je m'étais promis de ne rien révéler, et je vous révèle tout. J'ai adressé au ciel des prières passionnées, ré-.

la considérer. Dans la profande obscurité qui maintenant remplissait la chambre, il ne pouvait voir que le contour de sa personne et la pâleur rigide de sa figure.

« Je ne sais que kr “encore, dit-il d’une yoix con

trainte qui n’avait plus son timbre ordinaire. Je me sens étourdi et ahuri. Ma tête est toute troublée. Tout cela est si étrange! Vous m’accorderez cette nuit pour y réfléchir. le voulez-vous ?

— Qu'aije à voir à cela ? répondit-elle brusquement. Tout est maintenant dans vos mains. C’est vous qui êtes le maître, et non moi, Vous êtes Lord Dynely.

— Vous n'êtes pas irritée contre moi?»demanda-t-il sérieusement, quoique en hésitant. : :

C'était une question qu’il lui avait adressée bien des fois dans sa vie, lorsqu'un regard de déplaisir à demi dissimulé l’avait frappé et fait frissonner, et il avait timidement cherché à savoir ce qui avait pu lui déplaire dans sa conduite. Son attention et sa sim-

plicité enfantine touchèrent son cœur en ce moment, :

« Irritée contre vous! dit-elle en gémissant. Oh! mon pauvre Térry, dans tout le cours de votre vie, vous ne m'avez jamais donné de sujet de mécontentement.

— J'en suis bien heureux, dit-il simplement, j'espère ne vous en donner jamais aucun. Maintenant, Lady Dynely, ajouta-t-il en hésitant, encore, mon. opinion ne peut avoir aucune importance pour vous, naturellement; mais j'espère que vous sentez... j'ai besoin que vous sentiez.…, que je ne vous blâme pas de tout. cela. Je comprends tout ce que vous avez di éprouver. C'était trop demander à une mère. Vous auriez été plus qu’une mortelle si vous aviez fait ce

qu’il vous avait ordonné, »

Elle se con des yeux ali « Vous l’a

Il se releva état affreux, p

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Elle se contenta de le regarder dans l’obscurité avec des yeux attristés, sans espoir. |

« Vous l’auriez fait, vous, Terryf? dit-elle.

— Non... je ne sais pas. Je nesuis pas très-héroïque, et il faut de l’héroïsme pour faire ces choses-là. Je

suis un être maladroit et embarrassé, bien différent Ze. d'Éric; mais je crois que je pourrais plus facilement

me résigner à la mort qu’à faire volontairement du tort à quelqu'un que j'aime, pour en profiter moimême. Vous savez ce que je veux dire, Lady Dynely. Ne vous afligez pas trop à ce sujet. Je ne puis supporer de vous voir dans la peine. Tont ira bien encore. Éric. Éric ne sait rien, n’est-ce pas ?

— Non, pas encore... pas encore. Oh! Dieu! Ce sera k plus pénible-épreuve à endurer! »

Il fléchit un genou devant elle, et pour la première lois il effleura de ses lèvres 1a joue de Lady Dynelÿ.

« Mère, dit-il, et l'amour donnait à sa voix une inlnation angélique, mère. Vous, l’amie la meilleure et a plus vraie qu’homme ait jamais eue. ne vous déso- Lez pas. Tout ira bien. Cetté nuit je penserai à cela, et suite nous en finirons ane bonne fois et pour toujours. » |

Il se releva alors doucement et la laissa dans un état affreux, pleine d'anxiété, de doute, et de crainte.

UN MARIAGE EXTRAVAGANT d'impo rte qi rière lui. Il fautes, et il.

coupable à 8

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