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UN MARIAGE FOROË ñ
je sondui le vide dans lequel j'avais vécu et m'aperçus ave désespoir que j'aimais, Ce cœur que j'avais eru mort à tout sentiment d'amour se réveillsit aux necents d'une voix mlorée Que de moments bien doux, j'ai passés pres de lui, paye
l'instant d'après de larmes bien nméres mes crées l'une pour l'autre, se rencontraient-clles, hebos, trop tar LE Tout nous unissait, sympathie trrésistible, bar monie de «entiments, Ses pensées étaient les miennes, je retrouvais @ trouvant aceablée de tristes, il eh intéressante à ramener chez moi la gaité! Eh bien! les passages qu'il choisinsait étaient ceux-li méme que j'avais dévorés tout le
Ah! Lé heur et pour le sien. Vingt fois dans sex regurds, remplis d'amour et d'angoisse, j'ai surpris un aveu qui montait de son cœur et mourait «ur ses lèvres, eur on dirait qu'il n eom-
quoi non deux
lui mes goûts et mes idées. Que de fois me ha pur uns lecture
our en lear demandant l'oubli de mes ennuis,
Léa, pour quoi l'ai-je rencontré pour men ni
pris qu'un mvineible obstacle nous sépare. Oh! je voudrais mourir.
Et les pleurs de la jeune femme recommencérent à couler, embrassa son amie
—. l'auvre Noémie, fit-elle, que puis-je te dire pour te consoler © je voudrais tant te voir heureuse de nouveau, Moi qui était venue te demander si tu venais au bal ce soir, com bien peu je m'attendais à te trouve en larmes,
— Cela t'étonne, et cepndant combien souvent j'ai versé des pleurs amers avant d'entrer dans une réunion, et là, je
parnissais gaie, heureuse ; ainsi ce soir j'irai à ve bul, tout le
monde eroira à mon bonheur lorsque j'ai le sésespoir dans l'âme.
Le soir était venu, Debout devan* sa glace, seule duns sa chambre, Noémie complétait sa toilette en y ajoutant une rose blanche. Elle était parfaite dans cette riche robe de velours noir, contrastant si bien avec la F'ancheur
irmo-
réenne de son cou et de ses bras, n'ayant pour tout orneurent que la fleur naturelle reposant avec coquetterit :ür son sein. Il y avait tant de grâce et de poésie dans cette petite per
sonne qu'il était difficile de la voir sans s atir attiré vers
elle,
La jeune femme jeta un long et triste regurd dans son miroir ; toute trace de larmes avait disparue de ses beaux yeux et l'on ne lisait plus sur cette figure enfantine qu'un peu de mélancolie ajoutant un nouveau char:
- Allons, dit-elle, encore un soir à jouer la comédie et demain tout pour moi sera fini.
Elle poussa un profond soupir, vuis d'un mouvement nerveux saisit sa sortie de bal la jeta sur ses épaules, d'une légère gaze rose couvrit ses blonds chaveux et se dirigea au
à su beauté.
dehors ou sa voiture l'attendait pour la conduire chez le due de Saint-Maur.
Le bal était dans toute son animation quand Melle de Soulanges y fit son entrée ; en l'apercevant plusieurs jeunes gens se détachèrent des groupes qu'ils formaient et l'entourérent. Elle était gaie, souriante, ayant pour chacun un mot aimable et plus d'une femme la voyant ainsi recherchée, murmura tout bas :
— Comme elle est heureuse.
Ee elle que lui faisaient ces admirateurs indifférents ? n'y
! pas au fond de sûù cœwtr un à pui lui donnait
la mort ! sa gaité même lui faisait mal et plus que jamais le monde lui semblait un rieur moqueur des angoisses le l'âme,
Q UN MARIAGR FOROË
Soudain elle pâlit, on venait d'annoncer le marquis de Ferrares et un homme d'une distinction parfaite, aux regards réveurs, à la démarche noble et fière s'avançn dans le salon, Eu entrant il chereha du regard une personne connue et tressaillit en apercevant Noémie ; de suite il vint prendre place près d'elle.
Je ne croyais pas vous rencontrer ce soir, dit-il,
Mademoiselle de Soulanges leva sur lui ses grands yeux sans répondre, Il lui sembla que Georges était plus triste qu'a l'ordinaire en prononçant ces paroles. Une résolution soudaine se peignit «ur les traits de la jeune femme, une pensée désespérante venait de s'emparer de son esprit.
-[1 souffre, se dit-elle, eh bien ! je vais tout lui avouer, lui dire combien je l'aime, qu'importe si nous devons être séparés, il ne faut pas qu'il eroie que j'ai joué avec ses sentiments. Qu'il sache done combi i souffert pour lui
Poussée par ce désir, elle répondit :
—Je ne serais pas ici, si je n'avais espéré vous y voir, Je avais que votre présence me ferait du bien. J'ai été si triste à at le jour ; il y a des instants dans la vie où l'existence est bien pénible.
Georges la regarda, c'était la première fois qu'elle lui parlait ainsi, il soupira et prenant subitement la main de la jeune fille il murmura :
__Noémie, vous souffrez et moi aussi, oh ! venez loin de ce tumulte, j'ai tant de choses à vous dire : cette gaité folle qui nous entoure me fait mal.
Et prenant le bras de Melle de Soulanges il l'entraina rapidement hors de la salle du bal, ils traversèrent plusieurs pièces et se trouvèrent enfin sur la verandah.
La nuit était belle, mille étoiles brillaient dans l'immense nappe des cieux demeurée encore azurée ; et la terre ne semblait sommeiller qu'a demi, inondée des rayons de Phéhée. A cette heure du soir, un charme mystérieux régnait dans cet endroit et tous deux se sentaient émus et ravis de se retrouver enfin seuls sous le regard de Dieu. Pour quelques instants ils oublièrent le monde entier, les angoisses de leur âme, la cruelle entrevue du lendemain, les anxiétés du triste jour qui venait de finir ; tout ; ils avaient tout oublié, si ce n'est qu'ils s'aimaient : et les mains entrelacées ils demeurèrent ainsi quelques secondes sans prononcer une parole, plongés dans une muette ivresse. Cependant cet instant de jouissance il fallait le rompre par un aveu cruel de si cruelle vérité,
— Noémie, dit enfin le marquis, j'ai à implorer votre pardon, vous allez me trouver bien lâche et hien misérable ; mais songez que cet aveu que je vais vous faire, je l'ai retardé jusqu’à aujourd'hui, ne me sentan, n. la force, ni le courage de vous faire connaître ce qui doit m'éloigner de vous à jamais. Vous le savez, vous le savez, Noémie, je vous aime...
— Georges, n'achevez pas, c'est moi qui ai tous les torts, c'est moi qui doit solliciter votre indulgence. Malheureuse que je suis! que penserez-vous de moi lorsque vous saurez tout ? Oh! Georges, il faudra cependant me plaindre et me pardonner, car désormais ma vie sera triste et désolée. Depuis trois mois, sous le charme de votre présence, insensée ! j'avais oublié le terrible passé et ce cœur, auquel j'avais ordonné de ne plus ‘tir, de no plus souffrir, de ne plus aimer, s'est réveillé Je vous nimais avant de le savoir, chez vous je retrouvais les qualités qu'un jeur i'uvais o8é rêver chez celui à qui j'avais voulu confier mes destinées. Hélas ! pourquoi fallait-il vous rencontrer trop tard.
Et brisée par l'énotiou, la jeune femme fondit en larmes,
Le marquis très ému la rogarc.it. Elle aussi avait done un terrible secret dont jusqu'alors elle lui avait fait myrtère Qu'ullait-elie lui révéler ? Anxiété cruelle ! que n'aurait-il donné à cette heure pour nouvoir lui dire :
Aimes-moi, aimes-moi, Je veux vous consacrer ma vie ; je veux par ma tendreme, je veux par mon amour vous faire oublier ce passé qui vous oppreme.
Qu'aurnit-il donné à cet instant pour pouvoir la presser
ret lui demander d'être sn femme, sa fomme chérie, la compagne de ses joies, la cousolation de ses chagrins, lu mère de ses enfants, Mais un obstacle les séparait et les larmes qu'il voyait couler, il n'avait pas le droit de les scher, Combien était grande l'amertume de son Ame. Voir souffrir celle qui est pour vous plus que tout au monde, et être impuissant à la soulager; sentir que tout vous unit iei bas, lorsque la fatalité vous ordonne de vous quitter, aimer qui vous aime, trouver l'idéal de vos rêves pour n'éprouver que les angoisses de la séparation ; enfin voir le ciel entr'ouvert devant vous pour être précipité dans un lieu de douleur éternelle. Voilà tous les tourments qu'éprouvait Georges en contemplant près de lui la femme de son choix. En regardant ce visage charmant, ces traits délicats empreints de tant de tristesse, il éprouvait des ragrets si cuisants qu'il n'avait plus le pouvoir de prononcer ure parole pour lui faire connaître la vérité et portant ls min de Melle de Soulanges à ses lèvres il lui murmura de secte voix douce et tendre qui lui avait acquis l'amour de tant de femmes.
Noémie, votre douleur m'enlève toute mon énergie. Chère enfant, donnez-moi l'exemple du courage. Racontezmoi tous vos chagrins puisque j'ai encore la consolation d'être près de vous. Mais lorsque vous connaîtres ma vie, torsque vous m'aurez ordonné de vous quitter, rappelez-vous que mon cœur vous appartenait tout entier ; que jamais aucune femme ne pourra vous y remplacer, que pour vous savoir à moi j'aurais affronté tous les dangers, souffert toutes les misères et me serais senti heureux de pouvoir à ce prix conserver votre amour Si un jour vous m'aves pardonné et vous souvenez du malheureux qui vous aimait tant, rappelez-vous que jamais il n'a pu vous oublier.
—Gcorges, fit la jeune femme en étouffant ses sanglots, ah ! je ne suis pas digne d’un tel amour. Tandis que ma conscience m'ordonnait de vous fuir, de vous éviter les tourments de mon âme, je ne vous ai rien dit. Georges, me pardonnerez-vous jamais de vous avoir trompé ? depuis sept ans je suis mariée au baron de Maldigny, le nom que je porte n'est pas le mien.
Un eri s'échappa des lèvres du marquis. Etait-il possible, n'était-ce point un songe, devait-il s'éveiller pour éprouver toutes les tortures de la réalité? Noémie, la femme du baron de Maldigny ! mais le baron de Maldigny c'était lai ! Noémie était sa femme ; et fou de joie i! saisit la jeune fille dans ses bras et la pressant avec délire sur son cœur il s'écria :
—Ah ! répétez-moi ce que vous venez de me dire. Est-il bien vrai, ai-je toute ma raison, ne suis-je pas le jouct d'un rève.
— Laissez-moi, laissez-moi, dit-elle cherchant à se di r de son étreinte. Vous ne m'avez donc pas comprise. Je suis la femme du baron de Maldigny.
—Noémie, je suis cet époux perfide qui vous abandonnait lâchement il y a sept ans. Le nom que je porte n'a pas -
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UN MARIAGE FOROË
toujours été mien Hélas ! insonsé, je n'avais pas compris alors quel trésor l'on m'rvait confié, et je m'éloignai sans songer qu'un jour pour ‘tre ainé « volontiers tout au monde,
Et s'agenouillant devant elle,
— Noémie, marmara-t-il, pourresz-vous jamais me pardon ner,
Tout ceci était si inattendu que la joune femme sentit sex forces l'abandonner sous le poids du bonheur, ear le délire de la joie est aussi grand que celui du désespoir, et elle ne seruit affnisséu sur le sol si le marquis ne l'eut soutenue,
vous je anerilieruis
Ah! Georges, murmura-t-elle en laissant tomber côte
sur le sein de son époux, pourquoi m'aviez-vous abandonné chagrin s'il m'avait fallu m. séparer de vous, si vous n'aviez pas été le baron de Malchgny.
Je serais morte «|
— Chère enfant, répondit-il, je n'ai ri faute, mais les
n pour justifier ma ngoisses que j'ai éprouvées iepuis que je vous connais m'ont fait expier mes torts envers vous, Main tenant que vous connaissez Ines erreurs, pourrez- Vous encore m'aimer !
Pour toute réponse le jeune: nme sentit deux brus en sants entourer son cou et les chèrent les sien oublièrent le pass.
«vres de la jeine femme cher Dans un long baiser d'amour tous deux
“Le murquis et la marquise de Ferrares viennent quitter lu
capitale pour un voyage à Naples.
Grand émoi duns le “ercle du faubotrg ten
Quelle est cette marquise de Ferrures, se nt toutes les femmes avec jalouse, Le marquis sost done marie à la sourdine ? Cela parait mal, tres mal, il faut que cela soit
un coup de tête
Et les mères, qui avaient mis en Georges tout
espérances, répétaient d'un ton larmoyant
Quel dommage ! Un jeune homme qui aurait * * faire va si bon mariige, 1 le regretters bientôt, cela va x dir
De qui par 2-vous ! demanda à ce moment Mie te Treslin faisant son entrée dans le salon où se tennient res comme rage
— Du marquis de Forrares, Ne savez-vous pus la nouvelle
Oui, sans doute, puisque c'est de chez moi qu'est partie
la mare,
Mais qui est-elle done ? 0 crièremt vingt voix la
fois,
t Mde A ce nom Louis de Rouville s'était levé,
Noemie de Noulanges, à » Trexlin
Madame, dit-il, vous ai-je bien comprise !
Oui, sans doute, répondit-elle, et je anis ce qui Vous inquiété: ms rassurez-vous, monsieur, l'honneur de votre ami est sauf et l'on ne pourra le poursuivre pour bigamie, eur sn mariage que l'on annonce aujourd'hui était aecompli depuis sept ans. Noémie est la fille du banquier Beleourt: Vous vovez qu'en la retrouvant le marquis à aussi retrouvé le bonheur,
SATIRE CONTRE L'IGNORANCE (Ecrite en 1819)
Mon étoile, en naissant, ne m a pas fait poite :
Et je crains que du ciel l'influence secrète
Ne vienne point exprès d'un beou feu m'animer ; Mais comment résister à l'amour de rimer, Quand cet amour provient d'une honorable cause, Quand rimer et guérir sont une même chose ?
L'autre jour, arrivant au troisième feuillet Contre l'Ambition, je reçois ce billet :
“ Croyez-moi, cher ami, laissez là ia satire ; « Renoncez pour toujours au métier de médire : + Ainsi que vous, je vois des torts et des travers ; ais jamais je n'en tis le sujet de mes vers, « Et jameis je n ai cet étrange caprice, “ Je conviens qu'il est beau de combattre le vice : i-même, je tiendrais la lutte à grand hanneur, 'osais espérer de m'en tirer vainqueur.
Mais, peut-on l'espérer ? Dans !« siècle où nous sommes, qu'on corrige les hommes ?
vu gran travers :
t de la prose et des vers:
« Soyez bien convaincu qu'il est incorrigible, « Et n'ayez pas le tort de tenter l'impossibie. « ‘Tenez. ani, tenez votre esprit en repos, Un autre me rencontre, et me tient ce propos : « Chacun vous dit l'auteur des essais satiriques, “ Que naguère on a lus dans les feuilles publiques : « Tous vos amis pour vous en seraient bien fachés, « Croiraient par là vous voir expier vos péchés. « Que si votre destin à rimer vous oblige, « Choisissez des sujets où rien ne nous atlige : « Des bords du Saguenay, peignez-nous la hauteur, « Et de son large lit l'énorme profondeur :
“ Ou du Montmorency l'admirable cascade, “ Ou du Cap-Diamant l'étonnunte esplanade.
« Le sol du Canada, sa végétation “ Présentent un champ vaste à la descriptiou, 4 Tout s'y prête à la rime, au moral, au physique. « La culture des champs, les camps, la politique. “ Dites-nous, pour chanter sur un ton favori, “ Les exploits d'Iberville ou de Salaberry :
« Tous deux dans les combuts se sont couverts de gloire : “ Ils méritent, tous deux, de vivre en la mémoire « Des vaillants Canadiens. Mais aux travaux de Mars “ Si de l’heureuse paiz vous préfèrez les urts, “ Prenez un autre ton; dites, dans l'assemblée, “ Qui nous conviendrait mieux, de Neilson ou de Lee : “ En quoi, de ce pays la constitution « Est diverse, ou semblable à celle d’Albion. “ Qui nous proeurerait le plus grand avantage, « De la tenure antique ou du commun soccage.
de ces grands sujets vous craignez d'approcher, Libre à vous de choisir, libre à vous de chercher « Des sujets plus légers, des scènes plus riantes : « Décrivez et les jeux, et les fêtes bruyantes ; “ Peignez les traits de Laure, ou ceux d'Amaryllis ; « Dites par quel moyen sont les près embellis. « Enfin, le champ est vaste et la carrière immense. Qu'on veuille ouir ma réponse, ou plutôt mn défense : Le sentier qu'on m'indique est déjà parcouru ; Et, l'autre soir, Phébus m'est en songe apparu, M'a tiré par l'oreille, et d'un moqueur sourire. « Crois-tu qu'impunément l'on se permet de rire." M'a:t-il dit, “ des neuf sœurs, de Minerve et de moi ? « Elles ont eu, pourtant, quelque pitié de toi
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