‹ Un mariage impérial chinois; cérémonialChapitre 16 sur 24 · La pomme est l'image de la félicité constante · texte numérisé non relu

La pomme est l'image de la félicité constante

4. Ces sceptres^ plus petits et plus légers que celui déposé dans le palanquin , sont en or.

enfin elles l'inviteront respectueusement à se mettre en palanquin.

A ce moment, les eunuques et autres gens de service se retireront ; le chef des eunuques baissera le store du palanquin aussitôt que l'Impératrice s'y sera installée. Les maîtresses des cérémonies feront donner le signal du départ ; le chef des eunuques, celui chargé de lever le store du palanquin^ les préposés à la garde des portes intérieures et extérieures du palais, les grands écuyers préposés aux équipages et leurs officiers, les hauts fonctionnaires de l'Intendance du palais, les porteurs et les gens de service de toutes sortes sortiront, avec le palanquin, par la porte centrale de la demeure de Tlmpératrice. Le directeur général des eunuques et d'autres eunuques soutiendront de la main les brancards de droite et de gauche du palanquin ^.

I. Le palanquin est soutenu par i6 porteurs, 8 devant , 8 derrière ; les eunuques sont sur le côté, pour le maintenir, la main simplement posée sur les brancards.

Les gardes du corps, porteurs d'encensoirs remplis d'encens du Tibet, marcheront en avant; les officiers des gardes du corps et leur personnel suivront comme de coutume.

Les princesses et autres dames , accompagnées des maîtresses des cérémonies, rentreront, de leur côté, au palais par la porte Chen-ou men et la porte Chouentcheng men. Elles attendront, dans le palais Kouen-ning kong, que le palanquin de l'Impératrice ait franchi la grande ouverture centrale de la porte Kientsing men où se tiendront des gardes du corps pour en ouvrir et fermer les battants.

Le palanquin de l'Impératrice s'arrêtera au milieu de la salle du trône dans le palais Kien-tsing kong, l'ouverture tournée au sud, dans la direction du génie du bonheur. Dès que le palanquin aura été déposé à terre, les gens de service, les surveillants et les chefs des eunuques se retireront tous. Les gardes fermeront la

porte Kien-tsing men ^ (Quelques moments avant l'arrivée de Tlmpératrice, les princes du sang auront prié l'Empereur, qui se trouvait dans la chambre à coucher occidentale du palais Kien-tsing kong, de passer dans Tantisalle pour s'y faire coiffer et revêtir sa robe et sa veste ornées de dragons ; les princes commandant les gardes du corps auront parfumé la salle en y promenant des encensoirs remplis d'encens du Tibet. Huit princes ou nobles appartenant à la famille impériale portant chacun une lanterne, deux autres portant chacun un brûle-parfums auront fait sortirPEmpereur par une porte de derrière et l'auront conduit au palais Kouenning kong, en passant par la salle du trône Kiao-taï tien. Les princes du sang et les commandants des gardes du corps se seront tous retirés et ceux d'entre eux,

I. Ce qui va se trouver entre parenthèse se passe quelques instants avant l'arrivée de l'Impératrice. Lors de l'entrée du palanquin, l'Empereur n'est déjà plus là.

ayant encore des devoirs à remplir, attendront en dehors du palais Kouen-ning kong avec les chefs des eunuques et autres. )

Les huit princesses et les maîtresses des cérémonies qui se trouveront dans la chambre à coucher orientale du palais Kien-tsing kong, prieront llmpératrice, aussitôt qu'on aura levé le store et rangé les brancards du palanquin, de mettre pied à terre.

Les princesses recevront les pommes apportées par l'Impératrice ' et lui remettront, en échange, le flacon rempli de matières précieuses dont il a été question plus haut.

Qjiatre princesses soutiendront Tlmpératrice ; les maîtresses des cérémonies tenant des lanternes ouvriront la marche, et, faisant sortir Sa Majesté par la porte de derrière du palais Kien-tsing kong,

I . Dans le peuple , la fiancée mord dans une pomme avant que de les remettre afin , dit-on , de ne pas arriver complètement à jeun.

elles la mèneront dans la chambre à cou* cher orientale du palais Kouen-ning kongy en passant par la salle du trône Kiao-taï tien.

A la suite de Sa Majesté marcheront quatre princesses portant le caractère long {dragon) et les sceptres qu'elles auront retirés de son palanquin.

Les employés de l'Intendance impériale auront fait placer des braseros dans la salle du trône du palais Kien-tsing kong et les officiers du Dépôt de la guerre auront placé des selles sur le seuil de la porte du palais Kouen-ning kong.

Les employés de Tlntendance impériale auront placé deux pommes sous ces selles '.

Lorsque l'Impératrice sera arrivée dans la chambre à coucher orientale du palais

I. La fiancée doit enjamber ces selles pour aller vers son époux. Elle se déclare probablement par cet acte apte à monter à cheval et à partager avec lui les fatigues de la guerre. Cette coutume est peut-être d'origine tartare. D'après certains

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Kouen-ning kong, les princesses retireront respectueusement des mains de Sa Majesté le flacon dont il a été question plus haut. Cet objet précieux, ainsi que ceux provenant du palanquin de l'Impératrice, la pomme, le sceptre de congratulation et le caractère (long) dragon, seront rangés sur une table.

( Ce qui précède se passe sous les yeux du Souverain.)

Les princesses attendront que l'Empereur ait découvert le visage de sa fiancée pour aller déposer le voile rouge de l'Impératrice sur le lit nuptial du dragon et du phénix.

L'Empereur s'asseoira sur ce lit, l'Impératrice prendra place à sa gauche. Les

Chinois, Tadjonction des pommes sous les selles constituerait un rébus dont la def est le mot Paix :

Le caractère Z|i ping^ paix, se prononce comme le caractère ^ ping, pomme.

Le caractère ^ ftgan, tranquillité, se prononce comme le caractère ^ ngan , selle ; et Q( l'agrégation des sons ping-figan veut alors dire Qj tranquillité, aussi bien que pomme et selle.

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maîtresses des cérémonies auront disposé sur le lit nuptial un bassin de cuivre renversé ' sur lequel sera placée une boîte contenant les gâteaux de postérité ^.

Les maîtresses des cérémonies inviteront le couple impérial à en manger.

Quatre princesses assistées de maîtresses des cérémonies inviteront l'Impératrice à se coiffer 3 et à mettre dans ses cheveux le sceptre portant le caractère choanghi (bonheurs jumeaux), ses épingles,

1. Sur la couche impériale on place un bassin rond renversé , tenant lieu de table ; sa forme est rimage de ce qui est sans fin comme le bonheur des deux époux.

2. TT^e-somn po-po. Ces gâteaux sont de petits raviolis. Leur nom est gâteau des enfants et des petits-enfants. Ils représentent, dans cette circonstance, la postérité que les deux époux se souhaitent l'un à l'autre.

3. Ce n'est que maintenant que l'Impératrice prend la coiffure des femmes mariées. Cette transformation de coiffure consacre le mariage. Aussi les huit princesses remplissant les fonctions de dames d'honneur sont-elles désignées par l'expression kiéf coiffer, /fl, chevelure, fou-hinn^ princesses.

les fleurs de velours, emblèmes du bonheur et de la richesse ^ et enfin à mettre son collier.

L'office du palais dressera, en dehors de la porte de la salle du trône du palais Kouen-ning kong, une table sur laquelle seront servis du jambon, un gigot de mouton, du vin d'or, du vin d'argent, du riz d'or, du riz d'argent ^, des rouelles de viande et autres mets.

Les maîtresses des cérémonies introduiront cette table, placeront des coussins sur le sol, au pied du lit nuptial, et ç quatre princesses inviteront l'Empereur et l'Impératrice à s'asseoir l'un vis à vis de l'autre; elles apporteront l'aiguière contenant le vin, les soucoupes et les

1. Ces fleurs ne sont autre chose que des * pivoines roses. La pivoine rose est regardée en

Chine comme la Reme des fleurs.

2. Le vin d'or est du vin jaune fait de riz. Le vin d'argent est de Teau-de-vie blanche de sorgho. Riz d'or veut dire riz jaune. Riz d'argent n'est autre chose que le riz ordinaire.

coupes ', puis elles inviteront Leurs Majestés à commencer le repas nuptial.

Pendant ce repas, le garde du corps et sa femme, chargés de coiffer l'Empereur et llmpératrice, réciteront à haute voix derrière une cloison, en se répondant l'un à l'autre , l'hymne de circonstance^.

Le repas terminé, les maîtresses des cérémonies retireront la table, et quatre princesses inviteront l'Impératrice à enlever son collier.

L'Empereur et l'Impératrice reprendront leur place sur le lit nuptial, tous deux de front, faisant face au sud, direction dans laquelle se trouve le génie du bonheur ; ils seront assis sous les rideaux ? . Ensuite les maîtresses des cérémonies placeront sur le lit nuptial un bassin de cuivre

' I. Les aiguières et les coupes sont attachées

deux par deux avec des rubans rouges.

! 2. Cet hymne contient les vœux que les nou-

I veaux époux doivent se faire Tun à Fautre.

3. Tso-tchang littéralement: s'asseoir rideau \ les rideaux du lit nuptial sont baissés et immédiatement relevés.

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renversé, quatre princesses inviteront le couple impérial à manger des pâtes de longévité y qui seront apportées dans une boîte ronde '.

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