LADY NELMOOR, MARIETTE, EMMA
EMMA. Eh bien ! cette visite que vous nous aviez annoncée !
LADY NELMOOR. Vous VOUS étiez donc trompée, Mariette!
MARIETTE. Non, madame ! la visite y est.
EMMA. Où est-elle?
MARIETTE. Ici, à côté.
LADY NELMOOR. Couunent?
MARIETTE, hésitant. Mais... je...
LADI NELMOOR. AchevCZ !
MARIETTE. .T'ai rcfusé la porte; ce n'était pas IM. de Normont.
LADY NELMOOR. Qui était-ce donc?
MARIETTE , soupirant. Le plus beau jeune homme.
EMMA rt LADY NELMOOR, eitsemhlc. Ah I Vous avez très-bien fait.
EMMA. Son nom ?
M \uii:tte. .Te ne l'ai pasdemandé; j'ai vu tout (le suite qu'il avait une charmante figure, pas trente ans, et alors... {elle soupire ) j'ai refusé de le recevoir.
EMMA, riant. C'est donc là ta consigne... trente ans, l'àj^e de rigueur... comme à la chambre dts Députés; tu ne veux te laisser donner des lois que par ceux qui sont d'âge à en laire.
LADY NELMOOn, à Dlan'elle. Il est parti tout de suite, sans difficultés...
MARIETTE. Par exemple I je ne pouvais lui faire entendre raison.
LADY NELMOOR. IMais dumoins vous lui avez parlé poliment? vous êtes quelquefois si brusque.
MARIETTE. Certes je ne lui ai rien dit de désagréable : j'ai dit que ces dames voulaient être seules, parce que les visites les ennuient. Que lui, particulièrement, ne pouvait pas entrer; que...
EMMA. Je pense qu'il a dû s'en aller de fort mauvaise humeur.
MARIETTE. Ah! bien, oui .. Il ne s'est pas en allé du tout I
LADY NELMOOR. Qu'entends-jc?
MARIETTE. Puisqu'il est encore là...
LADY IVELMOOR. Retournez donc le congédier.
MARIETTE. C'est que.
EMMA. C'est que... quoi?
MARIETTE. Ce monsieur a une manière de trancher les difficultés qui lui est particulière. . . Il m'a déjà embrassée trois fois. . . une pour chaque prétexte.
LADY NELMOOR. Est-ce possible?
MARIETTE. Et gare pour la quatrième...
car, tenez, je l'entends.
UNE VOIX, en dehors. M"^ Mariette!
LADY NELMOOR, à pari. Je connais cette voix.
EMMA , à part. Je ne me trompe pas, c'est lui.