SCENE IV
OCTAVIE, seule.
Mon beau-frère va venir... et que va-til m'annoncer ?.. Mon avenir maintenant, quel sera-t-il ?... Ce château, cette terre , c'est à M. Victorin Geoffray que tout cela avait été donné par son empereur !... faudra-t-il donc les quitter?., surtout mon joli boudoir, que j'avais fait décorer avec
' tant de goût et d'élégance... Mais auraisje le droit de me plaindre?.. Cet honmie , qui fut mon mari, me doit-il quelque chose?.. ÎMe suis-je montrée pour lui ce qu'il pouvait espérer peut-être?... N'ai-je pas été fière et dédaigneuse ?... Ne l'ai-jc pas offensé dans sa famille?., mais comme il s'en est vengé.'., de quelle façon il m'a traitée... c'est une... bégueule !... une bégueule?,, voilà dans quels ternies il aura parlé de moi à son frère!.. Eh bien! non, je ne veux pas qu'il me juge ainsi !.. s il a des préventions , je les détruirai!., je le forcerai de convenir que son frère fut injuste et cruel envers moi... et ce sera ma vengeance ! . . .
Air : Tyrolienne d'Emma.
Quel csfjoir !
Pour me voir.
Qu'il \ ieniie !
S;i haine S'ëteindra ; II lira Dans ce cœur qu'on déchira ; Il me plaindra.
Il va sans doute être froid et sp'vère !
Qu'importe?., .le veux aujourd'hui, Si je n'eus pas l'amour de mon mari , Con(|ue'rir l'amitié' d'un frère, il faut qu'en lui J'aie un appui.
Quel espoir ! etc.
UN DOMESTIQUE. M. le comte Geoffray demande la permission de se présenter devant madame.
OCTAVIE. Ah! comment dites-vous?....
M. le comte ?...
LE DOMESTIQUE. Oui, madame, c'est bien ainsi qu'il s'annonce.
OCTAVIE. Vraiment?.. Priez-le d'entrer.
{Le (lumestique sort.) Comte !.. il est comte, lui!..