DN MARTTR DU DESERT
Premiers travaux de Roger dans le Dauphiné. — Le fanatisme. — Guet-apens à Grane. — Voyage en Languedoc. — Il prend du service dans i'arméë royale. — Course missionnaire au val de Triève. — L'aventurier Chapon. — Dangers à Oie et à Beaufort.
Jacques Roger naquit vers 1675 (1) , à Boissières , village situé non loin de Nîmes , dans la Vannage , cette petite Canaan, comme l'appelaient nos pères. On montre encore la maison où il vit le jour ; mais les détails nous man-
(1) Et non en 1665 comme le disent quelques historiens. — Malgré des recherches actives à la mairie de Boissières, nous n'avons pu retrouver la date précise de sa naissance. Le registre des actes de baptêmes pour l'année 1675 fait défaut.
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quent sur sa famille et sur son enfance. Nouif'^ savons seulement que ses parents étaient fabri cants de bas , et qu'il avait appris lui-même métier. A la suite des persécutions, dont 1 révocation fut le signal', il quitta la France,^j! en 1696, et vint chercher, à Tâge de vingt un ans, un asile à l'étranger. Il séjourna douz^ ans en Suisse et en Allemagne. Dans ces paysy où TEvangile avait jeté de profondes racines, il fut mis en relation avec des hommes distingués et pieux qui exercèrent une heureuse influence sur sa vie religieuse. A leur contact , sa piété se développa et s'affermit. Aussi , vivement préoccupé du triste état des Eglises de sa patrie , résolut-il de rentrer au milieu d'elles et de se consacrer à leur service. Le ministère | sous la croix exerçait sur lui un attrait puis- ' sant. Il s'ouvrit de son projet au professeur Bénédict Pictet , de Genève , le pieux auteur de la Théologie chrétienne , et de tant d'autres ouvrages édifiants. Cet homme dévoué lui avait toujours témoigné une grande bienveillance, et, sur ses conseils, il rentra en France, en 1708, et choisit le Dauphiné pour théâtre de ses travaux.
Roger se mit à visiter aussitôt les nombreuses localités situées dans la vallée de la Drôme , où
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trouvaicoat autrefois des Eglises florissantes, is quels changements survenus depuis queles années I La persécution , semblable à un t d'orage , avait tout dévasté sur son pas- Les religionnaires du Dauphiné étaient tomme des troupeaux sans bergers , et , à dé* Imt de pasteurs fidèles , ils suivaient quelques personnes du peuple , qui , dépourvues d'une |iîété véritable, les retenaient pourtant autour d'elles au moyen d'un langage exalté et forte- Hient empreint des couleurs bibliques. Quelques femmes fimatiques , au nombre de sept ou huit, voulant marcher sur les traces de la célèbre Isabeau, réunissaient des assemblées considérables, et prétendaient leur annoncer le conseil de Dieu. Elles étaient secondées par denx prophètes nommés Bosméand et Jolicœur.
L Ce dernier avait essayé , quelques années auparavant, de provoquer dans le Dauphiné et le Vivarais , un soulèvement semblable à celui des Cévennes. Il se tenait, à cette époque , dans les Ses du Rhône, près de Lavoulte et du Pouzin, au milieu des pécheurs presque tous protestants qui conduisaient des passagers nocturnes à'une rive à l'autre. 11 y présidait des conciUabules belliqueux , et entretenait des intelligences secrètes avec les chefs camisards.
On comprend que l'arrivée de Roger d éveiller chez de telles personnes plus d'u prévention. Il ne cachait pas , en effet , sa sym]|, pathie pour Tordre et la discipline , ni son dé sir de rétablir sur leur ancienne base les Eglise: de cô pays. Mais pour ne pas compromettre son^I œuvre par trop de précipitation, il n'attaquaj ;
pas directement le fanatisme , et sut louer la zèle et les efforts de ceux qui se donnaient lej , nom de prophètes tout en s'efforçant de neu-, traliser leur influence. Il avait soin de montrer,, ^ par des preuves qu'il demandait à la fois au ;. raisonnement et à l'Ecriture, qu'on ne devait t pas regarder comme inspirés tous ceux qui pré-,,, tendaient Tètre. De pareils discours furent mal, accueillis par une population surexcitée. Plusieurs Eglises refusèrent de le recevoir. Seules^ i quelques personnes sensées et les vieillards i qui avaient gardé le souvenir des pasteurâ régulièrement consacrés , approuvèrent sa con- * duite.
A ces difficultés déjà si grandes s'ajoutaient des obstacles d'une autre nature. La malveillance de certains catholiques n'était pas endormie , et pour arriver à leurs fins , la ruse leur paraissait plus sûre que l'attaque ouverte. Un personnage déguisé, qu'on soupçonna plus tard
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UCQÛES ROOEâ. U
*étre un jésuite , se faisait passer pour un pré- [iJicateur protestant. Il convoqua à Grane, petit fillage situé près de la Drôme , non loin de Lo- fHol , une grande assemblée- à laquelle il invita tout ;particulièrement les autres prédicants du Bauphiné. Son but était de les faire prendre ou taer. Heureusement l'éveil fut donné, mais pas assez tôt toutefois , pour empêcher près de quatre-vingts personnes de tomber dans le guetapens. Elles furent arrêtées et enfermées dans la tour de Grest. '
On comprend que cette opposition, qui lui venait à la fois du clergé et des protestants exaltés , devait rendre bien difficile le ministère de Roger. D'où venait-il, d'ailleurs, et pouvait-on compter sur cet étranger ? Ne fallait-il pas plutôt se tenir à son égard dans une prudente réserve ? Quoi qu'il en soit , le fidèle ouvrier ne se découragea point, et il desservit pendant une année quatre ou cinq Eglises qui avaient appris à le connaître et qui surent apprécier ses services.
Mais, rapproché comme il Tétait de son pays et de sa famille, le plus grand désir de Roger était de les revoir après de si longues années d'absence. Les circonstances ne lui permirent pas cette fois de réaliser son dessein. Il partit ,
îî UN MAATVJR DU DÉSERT.
cependant , et toucbait presque au but de voyage , lorsqu'il trouva près de Nîmes les min s occupés par de nombreux détachemi de soldats. Un soulèviemenl des Gamisards ai provoqué te déploiement de eette force <ari Les allures du prédicant teur parurent susj tes, et il prévit le moment où on rarrètei Gommient échappa à ce dapger? Boger s'y pj assurément d'une singulière f^-çoa. Renoi à son projet , il s'^enrôla comme vtolonteire l'armée. Cette résolution audacieuse ne le vit qu'à demi. Op le mit d'abord aux :^Lrrête corps d^ gardô , puis on le conduisit dwa^iè le duc de Boquelaure , gouverneur dm Langiaôîf doc. IgaosTSût l'œuvre qu'il accomplissait émit le Dauphiné., icelui-ci m l'inteiFrog^ qw sur* son retour des ^pays étriangeps. Roger convint 3 qu'il ;avait séjourné quelque temps à Genève; j mais peu satis&it de ses réponses , le duc l'iBi- j corpoi» dans ie régiment de l'Ilerde-Ffwce. Il ' n'y fiBsta heureïisienïient que quelque pioiô, A ' Saint-Jean-de-Maurienne , en Savoie , il ArjOuvii le moyeu de s'-échappeir, et il se hU^ de rentrer dans son champ de travail.
Ses amis de la vallée de la Dxôme le reçurent à bras ouverts , et quoiqu'il eût encore à discuter avec Jolic(Bur et Bosméand , il vit ipeu à peu
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86 dissiper les préventions qu'on avail contre loi. Il reconnut avec jcm que c'était la faim de k Parole de Dieu qui rassemblait des foules Ifcsisidérables autour de ces prédicâj;durs im- [jNROvisés et ssuïs autorité morale, et il augura favorablement du progrès de TEvangile dans ces contrées. Vers la fin de i7ô9, un prêtes tmt zélé, Pierre Meffr^ , le conduisât dans plulieiârs Eglises qu'il n'avait pas enoore visitées. n fit aussi, à la même époque, la connaissance de Martel , le seul prédicateur qui repoussât les idées exagérées des fanatiques. Ces trois servitews de Dieu unirent leurs efforts , et ils virent bientôt avec joie leurs coreligionnaires se glKMper autour d'eux et Le fanatisme s'affaiiUir grd4uellement.
Mais, ^mimé comme il Tétait, d'un zèle infatigable , Roger vouluit connaître dans toute son éteadue le vaste champ de travail qu'il s'était assigné. Il pajrtit donc , en 1710 , pour le Triève, petU canton enfumé dans les montagoas du baut Dauphiné et qui a Mens pour cheif-lieu. Il trouva dans cette contrée intéressantes où la Réforme avait jeté de profondes racines et qui a donné le jour à Froment , le hardi prédica- 1 leur de la place du Molard , à Genève , un grand nombre de fidèles avides d'entendre la Parole
de Dieu. Mais ici encore les esprits étaient e effervescence. Un aventurier des environs dô Die , nommé Chapon , avait essayé , dans d vues intéressées , de provoquer au milieu d'eux un soulèvement armé. Trompés par ses faux rapports et ceux de quelques hommes de sota caractère , le duc de Savoie et les Hollandais , f alors en guerre avec Louis XIV, convaincus que f les protestants de ce pays étaient disposés à ^ prendre les armes comme ceux des Gévennes,
lui avaient envoyé de l'argent. Ils espéraient, par ce moyen , opérer une diversion et obliger Louis XIV à dégarnir de troupes la frontière. Roger fit aisément comprendre à ses coreligionnaires la gravité et l'imprudence d'une pareille entreprise ; et Chapon , irrité , disparut emportant une forte somme d'argent que des protestants trop crédules lui avaient confiée.
Roger put annoncer l'Evangile à de grandes î foules. Un des services qu'il présida, réunit de • quatre à cinq mille personnes. Mais des assem- j blées aussi considérables attiraient l'attention ! des catholiques. L'une d'elles fut surprise et dispersée par quelques-uns d'entre eux qui avaient à leur tête le prieur de Mens, et le prédicateur n'échappa que par miracle. Ces diverses raisons le décidèrent à retourner dans le
bas Dauphiné. Mais son voyage ne s'effectua pas sans de nouveaux dangers. Il dut marcher toute une nuit sous une pluie torrentielle. Près de Die, il faillit se noyer en traversant une rivière , et pour éviter les soldats que le projet de Chapon avait attirés dans ces quartiers, il fut obligé de s'engager dans des chemins détournés et difficiles.
Roger retrouva , dans la vallée de la Drôme , les mêmes sympathies et la même opposition qu'il y avait laissées. S'il voyait le zèle et la foi se développer chez les fldales , d'autre part la haine de ses ennemis grandissait chaque jour. C'est ^insi que deux catholiques des environs de Beaufort jurèrent de le prenqire mort ou vivant , et le poursuivirent sans relâche pendant quatre mois. Un matin, le pasteur, surpris dans sa retraite , fut à portée de leurs armes , et il ne dut ijon salut, après Dieu, qu'à une fuite rapide. Jéi^s le courage et la foi du fidèle témoin de Jésus-Christ étaient à la hauteur de tous ces périls, et, durant un ministère qui devait se prolonger encore trente-quatre ans, « sous la croix des fictions, » nous le verrons, avec une respectueuse admiration , mettre chaque jour au service de son Maître un zèle infatigable qui se jouait des difficultés.
Emigration de plusieurs Dauphinois. — Mission de Roger auprès des seigneurs de Berne. — Il séjourne en Suisse et dans le Wurtemberg. — Ses services comme aumônier. — Sa consécration au saint ministère. — L'Eglise de Mariensdorf lui adresse vocation. — Roger retourne dans le Dauphiné.
A l'époque où nous sommes arrivés, les gouverneurs se mirent à exécuter les édits avec une rigueur inouïe, et les protestants étaient sous la terreur. Un grand nombre d'entre eux, poussés à bout, quittèrent le royaume et allèrent grossir le nombre des réfugiés. Plusieurs Dauphinois se fixèrent à Neuchâtel (1). C'étaient : Moïse Marcel , de Grupies ; Daniel Second , de
(l) BuUetin, t. I, p. 465.
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Mens; Denys Long, Samson Charbonnier, de Montélimar ; Henri Bertrand , de Nyons ; Jean Vernet , René Lauzon , Etienne Marchié , Jeanne Gras, de Dieuleflt; François Ghabaud, Danie Ghabanel, Louis Poyas, de Valence; Jacques Fuzier , François Astié , de Beaumont ; Moïse Montoison, de Ghabeuil; Bernard Bessonnet, de Loriol; Suzanne Bouvier, de Montmeyran, et tant d'autres dont nous pourrions citer les noms. Ils étaient de tout état et de toute condition. Dans leur nombre se trouvaient des avocats et des laboureurs , des médecins et des négociants, des riches et des pauvres. Tous nourrissaient le secret espoir de revoir encore la pierre du foyer. Combien furent trompés dans leur attente 1
Au milieu de ces pénibles circonstances, ceux qui restaient tournaient avec espérance leurs regards vers les pays protestants. D'eux seuls , pensaient-ils , après Dieu pouvait leur venir le secours. Vers la fin de l'année 1711 , quelques protestants du Dauphiné , au nombre desquels se trouvait Génac de Beaulieu , gentilliomme de Crest, députèrent Roger auprès des seigneurs de Berne. Il devait les prier de plaider, auprès des cours protestantes, engagées dans la guerre pour la succession d'Espagne , la cause
des protestants de France , afin qu'elles massent pour eux, dans le traité qu'elles sur le point de conclure avec Louis XI\ berté de conscience. Roger se rendit d'j Genève et alla voir le professeur Pictet. C flye comptant pas sur le succès de ses dém l'engageait à retourner en France ; mais puté voulut remplir jusqu'au bout sa mis se rendit à Berne.
Cette ville, qui fut au seizième siècle boulevards de la Réforme , avait ouve] empressement ses portes aux sujets pros< Louis XIV. A la auite de la révocation, ; deux cents familles s'y établirent, et une ration française s'y organisa en 1689. El sit pour inspecteurs trois pasteurs refu quelques anciens, et le directeur en fu HoUard , ministre de l'Eglise française de et l'un des membres les plus distingi corps des pasteurs (1). Ce fut à eux que s'adressa tout d'abord, et ils lui ménj une audience auprès des seigneurs de Leurs Excellences lui donnèrent acte de cution de sa mission ^en promettant (
(1) Weiss , Bktoire des réfugiés protestants de Frat p. 207.
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aux, différentes Eglises d'Allemagne , afin que la même requête, présentée par plusieurs corps eoclésiastiqties, eût un résultat plus assuré.
Roger, satisfÈrit du résultat de sa mission, en écrivit à ses amis du Dauphiné. Il leur exprimait en tDénae' temps le regret qu'avaient éprouvé les seigneurs de Berne de n'avoir pas vff sijg6»ées les letttes qui l'accréditaient auprès d'eux. M. de Beaulieu et ses amis se hâtèrent d'écrire au vénérable consistoire de Berne. Ils lui disaient qu'il se trouvait encore près d'un million de protestants dans le royaume, et que pour l'enconragement et l'édification des troupeaux dispersés , il serait bon qu'un des ministres réfugiés leur adressât chaque mois une lettre pastorale. Le célèbre Basnage, qui habitait la Hollande, se chargea de ce soin. Ils envoyaient sttissi un placet pour le ministre d'Etat à Versailles ; mais « de pieux et habiles politiques , » dit la Relation de Vouland , t ne trouvèrent pas à propos de le faire parvenir à son adresse. »
Enfin, la lettre parlait en ces termes de Roger : € Permettez , Messieurs , que nous prenions la liberté de vous recommander le sieur Roger doùt la piété est si recommandable et dont le zèle ardent a produit des fruits excellents , dignes de tous vos soins, » Ainsi accrédité, Ro-
ger ne resta pas inactif. Il établit un commerce épistolaire entre les protestants de France et ceux du dehors, et trouva même des correspondants jusqu'en Angleterre, grâce à la société établie à Londres pour la propagation de l'Evangile dans les Indes, avec laquelle il fut mis en relation . Cet échange de lettres eut des résultats précieux. Il montra aux nations étrangères que les protestants de France n'étaient pas tous fanatiques ou convertis, et que l'arbre de la Réforme poussait encore dans ce pays des jets vigoureux.
L'hiver de 1711 se passa au milieu de ces démarches. Le printemps venu, notre infatigable évangéliste voulut retourner en France et reprendre le cours de ses travaux. MM. HoUard et de Saussure, dont il appréciait l'amitié et les conseils, l'en dissuadèrent. Ils avaient conçu une estime particuUère pour lui, et ils voulaient savoir , avant de lui permettre de les quitter , dans quel état se trouvaient en France les affaires de la religion. Ils craignaient que leur protégé ne courût trop de risques en y rentrant. On leur répondit , en effet , qu'il serait bon que Roger attendît encore quelque temps.
Sur ces entrefaites , la guerre de Suisse éclata. Elle fut provoquée par l'abbé de Saint-Gall, qui,
désireux de suivre l'exemple de Louis XIV et comptant, d'ailleurs, sur l'appui de ce prince, manifesta l'intention d'enlever à ses sujets réformés du Tockenbourg les libertés dont ils avaient joui jusqu'alors. Ces mesures violentes > produisirent dans les cantons évangéliques une grande fermentation. De toutes les chaires de Berne, de Zurich, de Genève, de Lausanne, s'élevèrent des prières en faveur des opprimés ; « et quand l'excès de l'oppression, » dit M. Weiss, « eut fait éclater la révolte en 1712, Berne et Zurich s'empressèrent de faire cause commune avec les rebelles, tandis que les cinq cantons catholiques se déclarèrent pour l'abbé de Saint-Gall (1). » Le concours des réfugiés devenait nécessaire aux cantons protestants, et Roger les engagea lui-même . à offrir leurs services à leurs bienfaiteurs. Il fut leur intermédiaire auprès du conseil de guerre et les accompagna même, en qualité d'aumônier. « Les réfugiés, » dit l'auteur déjà cité , « payèrent noblement de leur sang l'hospitalité qu'ils avaient reçue , et leur dévouement héroïque contribua à Theureuse issue de la journée de Villmergen qui contraignit les cinq cantons à signer la paix d'Arau. »
(1) W^eiss, ouvrage cité, t. Il, p. 234.