UN MARTYR DU DÊ8BUT
sée. Il s'agit d'encourager ce malade quij n'ayant abjuré que des lèvres, refuse, à sa dei nière heure, la visite du curé au risque de voir traiter de relaps, et de subir, après sa morfi'^ le supplice ignominieux de la claie; d'exhorté ce frère mal affermi qui tremble peut-être à to pensée des persécutions qui se préparent; delï porter à cette famille , dont un membre souffre iî sur les galères ou dans les prisons de la province , les consolations de l'Evangile , ou à ce coreligionnaire , dans l'indigence , l'offrande et la sympathie de frères éloignés.
Mais à côté de ces visites pastorales , pleines d'utilité et de péril , Roger ne négligeait pas la convocation des assemblées. Quand l'emplacement était choisi, caverne dans les rochers, vallon solitaire à la lisière d'un bois, retraite perdue dans les montagnes, des hommes sûrs, ordinairement les anciens , allaient avertir les fidèles, et ceux-ci se réunissaient , à l'endroit désigné, un à un , par des sentiers détournés , pour ne pas donner l'éveil. « Des familles entières, » dit M. Muston, « franchissaient, parfois, de grandes distances pour s'y trouver. On partait le soir, on voyageait toute la nuit. Aux abords des villages, les hommes enlevaient leurs chaussures et marchaient pieds nus, sur le pavé endormi, pour
que le retentissement de leurs souliers ferrés m'y trahît pas leur passage. Les pieds de la monture, chargée de la femme et des enfants, étaient enveloppés d'un linge qui les rendait muets; et la caravane , fatiguée , mais joyeuse , arrivait tout émue au rendez-vous furtif de prière et d'édification (1). » Alors, à la clarté vacillante d'une torche de résine , le pasteur , revêtu des insignes de ses fonctions, montait dans la chaire portative du désert. Il exhortait son auditoire à persévérer dans la foi, malgré tous les assauts de l'ennemi et , à l'issue du service qui laissait toujours des impressions salutaires dans les cœurs , il bénissait les mariages et baptisait les enfants. Parfois, il scellait par ses exhortations la réconciliation de deux ennemis, ou recevait les touchants aveux de quelque coreligionnaire qui , après avoir abjuré par crainte des tourments, et a porté la marque de la Bête , » faisait reconnaissance publique de sa faute , et était « reçu à la paix de l'Eglise. > Les jours de fête, les communiants munis d'un méreau, petite médaille en plomb , portant sur l'une de ses faces cette inscription : « Ne crains point,
(l) Les Parfums de l'hysope , ou la Foi dans ks solitudes , p. 34.
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petit troupeau, » s'approchaient de la TalÉÛ-^ sainte; et l'assemblée , lorsque les dragons w^^ fondaient pas sur elle à Timproviste, n'était so»^ vent dissoute qu'à une heure avancée de la nrajv^'-
Pour mettre leurs frères à l'abri de la maiw^^* chaussée, dont les détachements roulaient toul»^ la nuit dans la campagne, des sentinelles v€àt|4^ ^ laient sur les hauteurs. Mais que de fois lëitf 1^ vigilance fut mise en défaut! Que de fois lel* ^ bruit de la fusillade vint interrompre le cfiantl^ff des psaumes ou la prière du pasteur ! et les 1 malheureux qui ne pouvaient s'échapper à k In^ faveur des ténèbres , comparaissaient bientôt lét devant le parlement de Grenoble qui les con- |3« damnait aux galères , au bannissement, ou tout I ^ au moins à de fortes amendes, si le vent souf- I s fiait à la tolérance. 1 1
Mais quand le pasteur avait réuni pour le 1 ^ culte sous la voûte du ciel son troupeau dis- 1 ' perse, il n'avait accompli qu'une partie de sa j tâche. Il fallait encore dresser les consistoires et \ les réunir, prendre part aux délibérations des I synodes et faire adopter leurs décisions, songer | à l'instruction des enfants et les pourvoir de Bibles, de catéchismes d'Osterwald et d'autres livres de piété ; et, de nouveau , mille précautions devenaient nécessaires. Alors l'imagination I
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ile des. pasteurs leur suggérait mille expéfents. Parfois, la balle sur le dos, ils se déguittent en marchands, et quand ils parcouraient pays, ils appelaient cela « aller de foire en Ave. » C'est aussi le nom qu'ils donnaient à nxvs assemblées synodales et dans leurs lettres ^ de convocation , ils avertissaient leurs collègues ' et les anciens , désignés pour en faire partie : r « Que la foire se tiendrait en tel lieu et que les ; affaires y seraient importantes. »
L'entrée des livres protestants dans le royaume ne s'opérait point non plus sans difficulté. Ils étaient indispensables pour l'éducation de la jeunesse ou l'édification des fidèles qui n'étaient visités qu'à de longs intervalles ; mais que de soins pour les faire venir de Genève I On les dissimulait au milieu d'autres marchandises.
Une caisse de livres traversa un jour la frontière en portant cette indication : Poix blanche et noire. Mais souvent ces précautions étaient inutiles. Vers 1720, Dumolard , subdélégué de l'intendant du Languedoc, fit saisir à Serrières, dans le Vivarais, un ballot considérable de livres que Roger faisait venir pour ses coreligionnaires; et en 1744, l'un d'eux, Jacques Guillot, de Mengion, fut condamné aux galères perpétuelles, par arrêt du 26 août, « pour avoir
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introduit dans la province des de la retigioQ. » Mais quelle qui lauce des douaniers, boa nomb Testaments et de Psautiers pénfamilles. C'était comme autant muets qui allaient réveiller ou dans les cœurs.
Au milieu des difficultés sa sautes , qu'ils rencontrtûent si compensations précieuses était pasteurs du Désert. Ils avaient pour lesquels c'était une fête leur foyer. Aux Vachères, che?
les Mourard , au quartier de F lans; chez Poulat, marchand hameau du Grand-Chirac, non chez les Gencel.etdaosbiend''' core, Roger recevait une affeci Il arrivait le soir harassé de meilleure place lui était raser après le culte domestique, sait en entretiens sérieux su' temps et les espérances de moindre alerte était donnée, disparaissait bientôt dans sa
.(1) H. le pasteur Sibleynia dderit n
aux beautés de (*- il arrive partions (io i)uristo D lui écrivait ro assiez, le moins ..'etle manière de )el a«j;rémenl des ition. On n'a pas à un lionune qui qui tantôt, sans air rébarbatif et 3nce. » Mais, aus- Je viens de receplaisir ([ue vous mais je suis surquestions sur des ment indiiiue ass étudié rétvmouissi sèrlies. Mon lans son endroit, ais dire. » lio^er )ri(|ue que Tétyu*de et traînante, d'incidentes. 11 \ svntaxe et Torette et sern-'e répé et un homme