HISTOIRE
d'un
PRÉTEINDU SONNET
OU
J'ai connu Edmond de Bervé, il y a dix ans; un bon, joyeux et assez spirituel garçon, dépensant follement la vie, ne lui trouvant d'absynthe que celle qu'il buvait au café, aimant les plaisirs à la passion, et les femmes
à l'égal des plaisirs. Pour elles il avait penièlreuiî degré de tendresse de pins , el n'étail que souvent un cheval anglais ou une orgie se jetaient à la traverse de ses rêves féminins il eût été capable d'aimer sérieusemeni à celte époque.
Tout à coup Edmond devin? grave et sérieux, au dire de ses autres amis, fou selon moi ; il lui était passé par la tète un éclair d'ambition, et à la lueur de cet éclair, il avait entrevu la gloire ! QueiK; route suivre pour y arriver, il tâtonna de tous côtés et enûn le fil auquel ii se confia pour marcher à travers les dédales de ce labyrinthe, fut... devinez quoi?... la poésie.
— La poésie! s'écria-t-il, cela est bien; mais quel genre de poésie ?... Les vers religieux ne me vont guère, en lait de religion