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se dissiper ce glorieux héritage. Le dernier Condé mènera une vie honteuse qu'il quittera dans des condi-
tions scandaleuses.
Tous les ouvrages précités concernent surlout des événements relatifs à l'Histoire de France. La curio— sité de Cabanès l’ayant conduit à jeter un regard pardessus nos frontières, sa précieuse indiscrétion nous a valu trois ouvrages d’un haut intérêt médico-historique : « Folie d’empereur», « Fous couronnés, » «Le mal héréditaire ».
«Folie d’empereur »c’est l’histoire intime des Hohenzollern depuis le petit burgrave de Nurembreg jusqu'à l’empereur Guillaume I.
Le rôle important joué par la Syphilis acquise ou héréditaire dans cette maison royale et impériale est
nettement établi par Cabanès.
Avec une science égale, un artidentique dans «Fous couronnés » défilent sous le regard aigu du psychiâtre, les Romanoff depuis Pierre le Grand jusqu’à Nicolas IT et la dynastie des Wittelsbach.
Pour chaque membre de l’impériale famille, le clinicien averti fait un diagnostic précis. « Sans doute Paul Le avait de qui tenir ; et serait-il démontré qu’il n’est pas le fils de Pierre If, on ne saurait oublier que,
le frère de Pierre le Grand, Ivan était atteint d’im-
bécillité congénitale, que son fils Alexis était un être dénué d'intelligence ; que son petit-fils Pierre IT fut un névrosé à penchant érotique ; que sa fille Elisabeth se montra mystique et sensuelle jusqu’au dévergondage ; du côté même de Catherine, sans rappeler la nymphomanie de celle-ci, n’a-t-on pas découvert dans la ligne holsteinoise au moins trois cas d’égarement d'esprit. » | |
La dynastie Wittelsbach n’est pas mieux partagée : « Ceux des membres qui n’ont pas l'esprit complètement dérangé ont eu d’étranges manies qui attestent
un déséquilibre cérébral manifeste. »
Dans «Le mal héréditaire », les maladies, les tares, les vices de la famille des Habsbourg et des Bourbons d'Espagne sont mis à nu : Jeanne la Folle avec sa nécrophilie et sa manie circulaire ; Charles le Quint dont les bizarreries n’ont pas amoindri l'intelligence politique supérieure, Philippe IT instable, d’une jalousie maladive, accusé du meurtre de son fils, le dément don Carlos ; Philippe IV aboulique ; Charles IT véritable épave humaine. |
Devant ces tristesses médico-historiques, nous partageons le sentiment exprimé par le Professeur La- . cassagne dans la préface de « Les morts mystérieuses de l'Histoire : » «A connaître tous ces dessousde la royauté, . on se sent malgré soi pris de pitié pour les guenilles empourprées que sécoue sans trêve et à toute géné-
ration les bras impitoyables de la Nemesis antique. »
À travers ses différentes œuvres, nous avons vu Cabanès historien, anatomo-pathologiste, psychiatre, médecin consultant, thérapeute à l’occasion, dans la série des « Mœurs intimes du passé » on le découvre hygiéniste. Cette série, la plus longue de toutes, comprend douze tomes.
Le premier décrit comment nos aïeux se garantissaient du froid. Les moyens de protection n'étaient pas toujours efficaces. Au. xvire siècle, lorsqu'on ne possédait pas, comme le Roi Soleil, une santé bravant les intempéries, on prolongeait le plus longtemps possible son séjour au lit. Les amis et connaissances venaient vous y rendre visite.
Dans ce même volume, Cabanès se livre à une enquête approfondie sur la propreté manuelle, buccale, sexuelle à travers les siècles, notant au passage de bizarres pratiques. Son érudition nous renseigne sur l’origine du mouchoir et du peigne.
Si, a-t-on prétendu, l’hydrothérapie, fort répandue chez les anciens, notamment chez les Romains qui l’avaient importée et développée en Gaule, avait presque disparu au moyen âge, c’est que les moines tout puissants alors, l'avaient proscrite exaltant, glorifiant la saleté corporelle dont Job sur son fumier était le symbole évangélique. Avec une mauvaise foi partisane, il a été affirmé qu'afin de marquer son mépris des
soins de propreté — pratique païenne — et voir
Spore
voir triompher la saleté — dogme chrétien — le clergé avait fait fermer les établissements balnéaires. Cabanès, dans le tome Il des «(Mœurs intimes du passé » fait justice de ces imputations calomnieuses. Il prouve, que la plupart des établissements d’hydrothérapie étaient devenus de véritables lupanars, sources de démoralisation et de dépravation. L’hygiène et la morale publiques seules imposèrent leur fermeture. Pour corroborer cette explication, Cabanès découvre dans de vieux textes que : « les règles de divers monastères imposaient aux religieux l'obligation de prendre des bains la veille de grandes fêtes ».
Dans le troisième tome, les processions licencieuses circulent, gesticulent, déployant un naturalisme débordant ; les folies du carnaval se donnent libre cours ; les fous et les bouffons amusants et grotesques, sous leur apparente folie font entendre les avertisse-
ments, les jugements les plus sensés.
La vie de l’étudiant à travers les âges fait l’objet du quatrième volume. Cabanès relate la turbulence, les farces, les pérégrinations, la vie de bohème et aussi de labeur de la jeunesse estudiantine et plus particulièrement du carabin. Toutefois il montre que les privilèges dontcette jeunesse usaitetabusait même tendent
de plus en plus à disparaitre.
Sous l’angle médico -historique, dans le cinquième tome, Cabanès retrace les maladies contagieuses dont le génie épidémique prit à certaines époques une allure
tellement maligne qu'elles furent de véritables fléaux
de l’humanité : la peste, la lèpre, le choléra, la variole, la grippe.
Ces calamités provoquèrent dans la foule des réactions semblables à celles déclenchées au cours des mouvements révolutionnaires : influence prépondérante de la peur, foisonnement des aberrations mentales, éclosions des sentiments extrêmes les plus opposés, l'égoïsme féroce alternant avec les plus beaux exemples d’altruisme. Cabanès en cite un sublime : pour éviter de contaminer les personnes qui viendraient l'ensevelir, un nonagénaire, atteint de peste, creusa sa tombe, mit un peu de paille sur le bord et se coucha de manière qu’en expirant, il put choir dans la fosse.
L'obstétrique, la gynécologie, la puériculture fournissent l’ample matière des VIS, VII et VIILE volumes : naissance de l'enfant, régime du nouveau-né au moyen âge et à la renaissance ; comment accouchaient les reines. Grâce à de nombreuses et attrayantes descriptions, nous assistons à la délivrance des royales parturientes, cérémonial auquel seuls étaient conviés les princes du sang.
De la naissance, Cabanès passe naturellement à l'éducation des enfants royaux et impériaux de France depuis Charles XVI jusqu’à Louis XVIII, du Roi de Rome au Prince impérial.
Le règlement des honoraires médicaux au temps jadis, la découverte de la médecine vibratoire sont décrits dans le IX® volume. Cette thérapeutique que
beaucoup croient de date récente est fort ancienne. J. Govaerts-Regis 4