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Sans remonter à Juvénal et à Hippocrate, Cabanès rappelle la vogue du trémoussoir au xviné siècle. La Faculté le recommandait contre la mélancolie, la neurasthénie. Plus tard, la chaise berceuse fut préconisée dans latonie gastrique. |

Le trémoussoir ou fauteuil de poste, s’il ne guérissait pas toujours avait du moins l’avantage de distraire le malade en le faisant voyager. Quelquefois même il le conduisait aux stations thermales dont Cabanès dans les tomes X et XII nous signale les particularités tant historiques que médicales. Les Eaux chaudes et Cauterets avaient la réputation de faire cesser la stérilité. La reine de Navarre s’y rendit. Au xvnie siècle

Henri IV mit à la mode les stations pyrénéennes. A d’autres époques Plombières, Bagnoles, Bourbon- Lancy, Pougues eurent également leurs hôtes célèbres. À Plombières, une coutume curieuse voulait que le curé de la ville héritât des meubles des étrangers déeédés en cours de cure.

Le XIe volume des « Mœurs intimes du passé »

traite deux sujets originaux : le Sabbat a-t-il existé ? l'importance du facteur météorologique en Médecine et en Histoire. Sous la plume de Cabanès renaissent les pantomirnes effrénées,les figures grimaçantes des malheureux hystériques dont certains payèrent de leur vie des crimes imaginaires.

À propos des influences météorologiques Cabanès relève que les chaleurs estivales favorisent l’éclosion

des mouvements révoluticnnaires, révolution de 89,

juillet 1830 ; le froid à permis à Pichegru d'occuper

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la Hollande ; le vent a toujours protégé Albion. C'est lui qui dispersa l’invincible Armada envoyé par Philippe IF, empêchant le débarquement en Angleterre Même mésaventure arriva à la flotte de Napoléon qui ne put quitter Boulogne. Le brouillard a tantôt empêché l’attaque, tantôt favorisé l’assaut. Enfin l’inondation a toujours été une puissante arme défensive pour les assaillis.

Au moment de sa mort, Cabanès avait en préparation plusieurs ouvrages. De nombreux chapitresétaient déjà écrits, prêts à la publication. Madame Cabanès, pressée par les amis et admirateurs de son mari, afin que quelques fleurons ne fissent pas défaut à l’œuvre de l’écrivain, colligea tous ces chapitres, y mit la dernière main. C'est ainsi que les quatre derniers volumes des « Mœurs intimes du passé » sont des œuvres posthumes.

Nous ne saurions mieux faire ressortir l'importance des « Mœurs intimes du passé » qu’en rappelant ce que dit Cabanès au premier chapitre du tome IV consacré à la vie de l'étudiant : «La connaissance du passé ne sert pas seulement àsatisfaire la curiosité qu’éveillent en nous des coutumes pittoresques ou des usages surannés, elle nous permet de constater aussi bien en matière d'institutions universitaires que d'institutions sociales, religieuses ou politiques la continuité historique, la survivance des habitudes. »

Nous aurons parcouru tous les ouvrages médicohistoriques lorsque nous aurons signalé deux livres aux sujets contraires. « Les Évadés de la médecine » rappellent à notre attention Perrault, Denis Papin, Sainte-Beuve, Véron, Berlioz qui, après avoir fréquenté la faculté de médecine, désertèrent notre art. Tandis que «les Médecins amateurs » évoquent des personnalités littéraires, artistiques et mondaines qui, sans être passées par la faculté se sont vivement intéressées et parfois même de façon excessive à la médecine, en particulier à la thérapeutique appliquée pour le grand dam de leurs éventuelsclients. Que de conseils Mme de Sévigné ne prodigua-t-elle pas à sa fille, à ses parents et amis ! « Mme de Sévigné a, toute sa vie, fait de la médecine ; elle aurait vécu de nos jours, qu'elle se fût exposée à des poursuites pour exercice illégal. » Citons parmi ces médecins amateurs : Léonard de Vinci,

Diderot, Mirabeau, Bernardin de Saint-Pierre.

Si nous avous choisi pour classer les livres de Médecine historique un ordre presque chronologique, cest, avons-nous jugé, qu'il était le plus logique pour suivre le développement de la pensée du grand artisan de la méthode médico-historique. Aux lignes sévères de ses premiers ouvrages, à l’austérité de leur science où la plume du médecin garde le tranchant du scalpel, s’ajoute bientôt l’art du conteur qui donne à la science

vulgarisatrice l'attrait d’un roman passionnant.

7e 2. Livres d’histoire de la médecine.

« Remèdes d’autrefois » inaugure la série d’études d'histoire de la médecine, où l’on trouve les caractéristiques du talent de Cabanès : sûreté de la documentation, grande et profonde érudition.

Dans ce livre paru peu après les premiers ouvrages de médecine historique, notre infatigable chercheur nous rappelle les médications du passé. Nos pères subissaient les médecines les plus variées. Les unes incontestablement eflicaces : quinquina, thériaque, saignée, ‘clystère. Les autres inopérantes, voire même dangereuses. Parmi celles-ci relevons au hasard le traitement aussi imprévu que frappant, pourrait-on dire, conseillé par le D'Récamier pour les cholériques. « I faut les rosser ferme et fort.» Un autre disciple d’Esculape, ayant observéqu'un serrurier avait guéri du choléra après ingestion de harengs saurs et de haricots, ordonnait le même traitement à un maçon. Ce dernier succombait peu après. Notre clinicien consignait dans ses notes : Chcléra. — Remède : harengs saurs, haricots — bon pour les serruriers — mauvais pour les maçons. Quelques médecines, outre leur inefficacité, étaient franchement répugnantes : absorption d'excréments de toutes sortes.

Si l’étrangeté, la cocasserie de ces médicalions provoquent notre surprise, nous font sourire, n’en déduisons pas que la naïveté, la crédulité soient moindres aujourd’hui qu'au temps de nos aïeux. La présomption,

l'ignorance de nos guérisseurs. contemporains ne le

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