‹ Un Médecin au Service de l'HistoireChapitre 6 sur 23 · MIE · texte numérisé non relu

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attiré par la profession médicale. Avec l'assentiment paternel, il prit ses inscriptions à la Faculté de Médecine. Sa scolarité médicale terminée, sa Thèse passée, son père lui signifia de venir exercer son art à Gourdon. Mais Cabanès, déjà conquis par ses recherches médico-historiques, refusa de quitter Paris. Parlant de ses études, plus tard, il dira : « Qui a bu une seule fois à ce vin fort et amer, y boira jusqu’à sa mort. » Sa famille pensant l’amener à résipiscence lui supprima toute subvention. C’est mal connaître Augustin Cabanès que croire qu'il cèdera. Il a une volonté tenace. Dès cette époque sa voie est tracée : il restera à Paris, seule ville où il peut satisfaire sa soif d’érudition. :

Il s’installe comme médecin de quartier rue du Montparnasse et connaît les durs débuts du jeune praticien. Pour augmenter ses ressources, il devient médecin du Bureau de Bienfaisance et médecin de Ja Préfecture. Si ces diverses occupations lui permettent de subvenir à ses besoins, elles ne lui laissent que peu de temps pour se consacrer à ses recherches médico-historiques. Un hasard heureux allait lui procurer la joie d’organiser sa vie à sa convenance.

Il fut présenté au grand chirurgien Péan qui le prit comme anesthésiste. Dès lors, sa vie matérielle assurée, jouissant de plus de liberté, il put reprendre ses chères études.

Déjà sa collaboration était très recherchée. Plusieurs revues médicales : le Progrès médical, la Méde-

cine Inlernalionale inséraient régulièrement ses articles.

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En 1894, il fonda la Chronique médicale dont jusqu'à sa mort il fut le Rédacteur en chef.

Avec Marat inconnu publié en 1891, Cabanès inaugura la série des livres de médecine historique auxquels viendront bientôt s’adjoindre ceux d’Histoire médicale. Sa production d’abord assez lente — son deuxième ouvrage : Balzac ignoré ne parut qu’en 1899 — devait s accélérer après la mort de Péan, survenue en 1898. A cette époque, renonçant presque entièrement à la clientèle, il ne conserva que sa charge de Médecin de la Préfecture. Le journalisme, les conférences, la composition de ses livres absorbaient toute son activité.

A partir de 1900, chaque année, de nouvelles œuvres de Cabanès sont éditées. S'il rédige seul la plupart de ses ouvrages, quelques-uns cependant sont faits en collaboration. Les Docteurs Barraud, Molinery, Nass, Witkowki furent ses principaux collaborateurs.

Pour accomplir sa lourde tâche, il réglait minutieusement son emploi du temps. Le matin il réunissait les textes, critiquait les documents, préparait ses conférences, écrivait ses articles pour les revues, composait ses livres. L’après-midi était consacrée à la visite des bibliothèques, des musées, des collections privées, des bouquinistes des quais. Le soir, ïl rentrait chargé de son précieux butin. Aussitôt, avec l’aide de Mme Cabanès, il classait les notes, les textes, les estampes, les reproductions de tableaux célèbres ou inédits, préparant ainsi le travail du lendemain.

D'une grande affabilité, causeur disert et spirituel,

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