‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 101 sur 345 · EXEMPLES D'OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

EXEMPLES D'OBSERVATIONS

logue à celle que produisent les boissons fortes: elles sont chaudes en acte, et le toucher a raison. Il a tort s’il prétend nous renseigner sur le tempérament des choses en sol, en puissance. Ici, le tempérament dépend de la proportion relative des éléments, et le raisonnement doit venir en aide au tact pour le contrôler et le suppléer au besoin !.

Comme on le voit, lorsqu'un fait particulier paraît donner un démenti à la théorie, Fernel s'efforce de lever la contradiction, non pas en supposant qu'il y a peut-être une lacune dans la théorie, mais en faisant intervenir des subtilités dignes de la scolastique. La distinction de la puissance et de l'acte, vraie et féconde dans la philosophie d’Aristote, est devenue entre ses mains un aroument universel, grâce auquel il à réponse à tout. Il faut voir, dans le De abditis rerum causis. l'emploi que font, l'un après l’autre, de cette arme, les deux principaux interlocuteurs du dialogue. Chacun d'eux, tour à tour. pousse son adversaire à fond, lui démontre la fausseté, l’absurdité de son Opinion ; mais au moment où il se croit vainqueur, la distinction de la puissance et de l'acte vient tout remettre en question.

Autre exemple ?. Fernel admet, chez l'homme, l’existence d’une substance intermédiaire entre le corps et l'âme. Cette substance, c’est l'esprit, le ryebua des Grecs; et, pour en faire comprendre la nature, il a recours à une comparaison. L'esprit, dit-il, est analogue à la flamme. Or, la flamme a besoin d'air pur : sans air elle s'éteint. C’est pour

1. « His rebus adductus vix fieri posse statuo, ut de proprio interio- «rum partium temperamento solus tactus decernat, quippe cui sincerum «<illud et purum non oceurrit, sed multo perfusum externo calore, ete. » WPFern., Physiol.; 1.3, ch. vi).

2 FernpPhusiol, hé, eh. ir,

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