TENDANCES POSITIVES DE FERNEL
ein expérimenté, tantôt en philosophe subtil f. Il ne faut pas mécounaître en lui ce double caractère, si l’on veut le juger équitablement, et ce serait lui faire tort que de le considérer comme un philosophe d'école. Son livre est rempli presque à chaque page d'observations exactes, de remarques ingénieuses, el, lorsqu'il demeure sur le terrain des faits, sa sagacité et sa précision ne seraient pas désavouées de nos savants contemporains. Lisez, dans le De Lue Venerea, les descriptions détaillées qu'il donne des accidents terribles de la syphilis, les essais de remèdes qu'il a vu pratiquer ou pratiqués lui-même, l’énumération des divers symptômes, et dites si nos cliniciens modernes ont eu plus de pénétration dans le diagnostic,
1. Le rapprochement de ces textes épars est instructif : Pour la nécessité de commencer par les généralités : « Quoniam vero nulla est singulorum scientia, ut omnia certa via et ratione stabiliam, docendi initium ab universis illorum ducam generibus » (Pathol., 1.1, « ch. r).
Pour la nécessité d'observer des cas particuliers : « At vero, quoniam universalium perceptione nemo quicquam magna laude dignum consequi potest sine usu et exercitatione, quæ in singulis versatur... ete. » (Pathol., 1. 4, Præfatio).
Voici un texte où Fernel oppose les considérations philosophiques et la pralique médicale : «Ut philosophi, qui rerum omnium contempla- « tioni dant operam, quam acerrime in eausarum investigatione noti- « tiaque versantur, quod nullius rei queat haberi cognitio, cujus ignorata « sit origo; ila et medicis, qui omnia in corporis commoditatem usumque « referunt, in primis necessaria est causarum quæ morbos effecerunt « observatio, sine qua neque morbos præcavere, neque curare licet » CRAholsiE. 1, ch. xt).
Il est vrai qu'il ne faudrait pas prendre observation dans le sens actuel. Pour Fernel, observer, c’est chercher les causes : « Itaque causæ omnes « pervestigandæ, quæ ad morborum cognitionem curationemque in « primis sunt necessariæ » (I[d., ibid.).
Or, les causes, pour lui, sont généralement d'ordre abstrait. Ce sont des causes premières. Il n’en est pas moins vrai que l’opposition entre le philosophe et le médecin est bien indiquée.