‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 105 sur 345 · LA PRATIQUE ET LA THÉORIE · texte numérisé non relu

LA PRATIQUE ET LA THÉORIE

elle pourrait même lui être opposée. Des historiens de la médecine se sont représenté les choses ainsi. Renouard, par exemple, écrit : « Malheur aux patients qui tombaient « entre les mains des docteurs frais émoulus, que l'expé- « rience clinique n'avait pas encore désillusionnés du «€ vain jargon des écoles! Ce qu'on peut dire de mieux « en faveur des médecins de ce temps-là, c'est qu'ils ne « tardaient pas à se débarrasser en présence des malades « de leur bagage théorique, et qu'ils se contentaient de « traiter chaque cas de maladie parles remèdes quiavaient « le mieux réussi dans des cas analogues, sans s'inquiéter « des spéculations abstruses de leur pathogénie. Ils réser- « valent ce fatras prétendu scientifique pour les disserta- « tons officielles de l’école ou pour les livres. En défi- « nitive, on ne peut justifier la pratique médicale des « siècles passés aux yeux de la génération présente qu'en « admettant que les médecins suivaient dans le traite- « ment des maladies non les indications 1illusoires de « leurs théories physiologiques, mais les données posi- « tives d’un empirisme raisonné !. »

S1 l’on y regarde de plus près,. on trouvera que cette manière de voir est inexacte. Il faut se garder de croire que les médecins dogmatiques apportaient dans leur pratique d'heureux tempéraments aux exigences de leurs théories. Ils n’apercevaient pas les contradictions qui nous choquent. Aussi, lorsque Fernel reconnaît, en plusieurs passages, que sans l'étude des cas particuliers, et réduit à la connaissance des seules généralités, un médeein pourra être bon théoricien, mais sera incapable de guérir ses malades, 1l ne faut pas voir là une heureuse inconséquence, un désaveu de la théorie arraché par l'évi-

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