‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 109 sur 345 · LA NATURE · texte numérisé non relu

LA NATURE

« d'être démontré, et ne pouvant pas l'être ! ». Ce principe ne nous est pas. connu directement, mais par une inducon légitime qui nous oblige à admettre, à l'origine des effets que nous constatons, l’action d’une cause inaccessible aux sens, mais certaine. De même que la production des faits où l’homme intervient directement est due à art, de même les modifications spontanées qui ont lieu au sein de la matière organisée ou non supposent l'énergie d'un agent analogue à l’art, mais dont l’essence ne nous est connue que par la pensée. C’est en vertu du principe de causalité que nous concevons et que nous aflirmons l'existence d’une force que nous appelons la nature. Il répugne à l'esprit d'admettre des effets sans cause. De tout ce que renferme lJ’univers, certaines choses sont produites ou modifiées par un agent extérieur ; d’autres le sont par un effort intérieur. « C’est ainsi que l’on appelle naturels les quatre «€ éléments du monde, les minéraux, tous les végétaux, « tous Îles animaux et leurs parties. Au contraire, une « htière ou une maison a sa raison d’être dans l'art, et € non dans la nature. Toutefois, ni l'animal, ni la plante, € nl aucune des autres choses naturelles n’est appelée la « nature. On dit seulement que la nature est leur origine, « qu'elle les constitue et les conserve. C’est pourquoi, « on appelle nature d’une chose le principe intime et « caché qui la fait commencer d’être et agir ? ».

Il est plus difficile de voir exactement comment Fernel conçoit l'existence de ce principe, dont l’intervention produit et conserve tout ce qui existe. Tantôt il y voit une substance, tantôt une simple qualité. Cependant, à tra-

D De abd.rer.caus.; 14; ch: D-998:

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