‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 110 sur 345 · DIVERS SENS DU MOT NATURE · texte numérisé non relu

DIVERS SENS DU MOT NATURE

vers toutes ses variations de langage, il semble bien qu'on puisse démêler sa véritable pensée. Pour lui, la nature n’est pas un être de raison. C'est une force effective, qui a besoin pour s exercer d’un substratum concret. Pour les corps inanimés, ce sujet est la matière, « qui s'ajoute au principe pour Île soutenir, comme Île « bois ou le bronze dans une statue ! ». Pour les êtres vivants, c'est l’ensemble et la proportion des qualités élémentaires. Il s'ensuit que, le principe abstrait et son sujet matériel étant inséparables dans la réalité, 1l est presque impossible de les distinguer dans l'expression. Par là s'explique l’imprécision qui règne à cel égard dans le vocabulaire des philosophes grecs et dans celui de Fernel. Il a bien affirmé que la nature est une force. Mais, quand il s’est agi de déterminer le mode d'action de cette force, il l’a identifiée avec des énergies très différentes. C’est ainsi qu'il l’assimile à l'harmonie universelle qui gouverne le monde, el qu'il y voit la suprême manifestation de la sagesse divine : « La nature univer- « selle, qui maintient et pénètre toutes choses, régit avec « un ordre immuable lesrévolutions de la lune, du soleil «et des autres astres, le cours des saisons, le flux et le « reflux de l'Océan. Elle ne pourrait régler avec tant de « prudence l’ensemble et chaque détail sans une inspira- « tion divine par laquelle elle paraît douée de prévoyance « et de raison *. »

Ailleurs, lorsqu'il a en vue non plus la généralité des lois naturelles, mais la constitution intime de chaque objet en particulier, 1l appelle nature tantôt la matière, tantôt la forme. Il semblerait même dans quelques pas-

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