ÉLÉMENTS ET ATOMES
car ce qui est un ne peut rien produire, et ne peut se modifier lui-même ; il faut en outre qu'ils soient opposés les uns aux autres, sans quoi leur rencontre n'aurait aucun effet, et 1ls demeureraient éternellement ce qu'ils sont. Voilà les arguments qui permettent à Fernel de chasser de la nature et du monde, « à coups de bâton », cette théorie absurde des atomes, qui ne produirait que du désordre !. L'atome est immuable par définition, et tout change dans l'univers. Puisque le bois, les piérres, les êtres vivants se modifient, il est nécessaire d’admettre que leurs principes élémentaires sont également susCepbles de se transformer. Comme on le voit, Fernel n’a pas un instant de doute sur la vérité du dogmatisme qu'il emprunte de toutes pièces à Aristote, et l'hypothèse des atomes n'a pas les honneurs d’une longue réfutation.
Les éléments sont donc les principes de toutes choses ?. De là dérivent, toujours déductivement, plusieurs conséquences. Les éléments doivent avoir des attributs assez énergiques pour modifier non seulement les qualités des corps, mais encore leurs substances mêmes. Or, de tous les sens qui nous mettent en communication avec le
1. « His argumentis tanquam fustibus vis illa et turbulenta concursio « atomorum immutabilium, et per inane volitantium, in exsilium rele- « gata, et de natura mundoque depulsa videri possit » (Physiol., 1. 2, ch. 1v, p. 58). Pour Fernel comme pour Aristote, toutes les forces naturelles et tous leurs effets se ramènent à des mouvements.
2. Toutefois, il ne faut pas perdre de vue que les principes, matière et forme, sont antérieurs aux éléments eux-mêmes. C’est ce que Riolan indique très bien, en insistant sur la simplicité de l'élément : « Elemen- « tum ratione quidem in materiam et formam est dividuum et separabile : « utriusque enim in elemento sua et separata est ratio, materia perpes- « sionis, forma actionis... Elementa actu, principia sola ratione sunt « separabilia. Mixtum in sua elementa tandem solvitur, elementum in « Sua principia nunquam, nisi mentis opera » (Riolan, Comment. in libr. dérelen.., éhs ir pe