LES QUALITÉS DES ÉLÉMENTS
monde extérieur, c’est le toucher qui reçoit les impressions les plus vives; c’est donc lui qui nous révèle les qualités premières des choses, et avant tout, le chaud, le froid, l’humide et le sec. Ce sont là les qualités primordiales, dont les autres, le mou. le dur, l’épais, le mince, le rugueux, le poli, ete., ne sont que des dérivées. St elles existent dans les corps composés avec une intensité qui ne permet pas de les méconnaître, ce fait ne peut s'expliquer qu’en admettant qu'elles sont les qualités essentielles et caractéristiques des éléments. Chaque élément, en soi, est conçu par la raison. En fait, 1l se manifeste par une qualité sensible, qui lui est inhérente, et qui nous impressionne directement.
La chaleur a pour élément le feu. L'air, surtout humide, est une vapeur subtile, qui imprègne et pénètre tout. L'eau est un fluide froid. La terre est la sécheresse même. C'est le seul des éléments qui existe par lui-même, c'est de lui que, par des transformations plus où moins compliquées, viennent les autres éléments, et, par suite, tous les corps composés.
Il semble, au premier abord, que cette symétrie soit peu exacte, et que l’humide doive être attribué à l’eau plutôt qu'à l'air. C’est ce qu'avaient fait les stoïciens !. Mais, qu'on ne s’y trompe pas, les quatre éléments n'ont rien de commun avec les corps que nous désignons par les mêmes mots. Malcré les apparences, ce n'est pas l'eau qui mouille, ce n’est pas le feu qui dessèche. En réalité,
1. Riolan a longuement discuté les arguments des stoïciens et les a réfutés : la raison topique qu'il donne, c’est que l'air ne saurait avoir pour qualité essentielle le froid, puisque, de sa nature, 1l est chaud : l’eau, raréfiée par la chaleur, se transforme en air, et l'air, épaissi parle froid, se change en eau. Que si l’eau mouille plus que l'air, c’est une question de densité (Riol., Comment. in libr. de elem., ch. 1v).