‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 118 sur 345 · LES ÉLÉMENTS DANS HIPPOCRATE · texte numérisé non relu

LES ÉLÉMENTS DANS HIPPOCRATE

vivant, ce que sont dans l'univers les quatre éléments primordiaux.

Cette doctrine, qui nous paraît aujourd’hui si artificielle, était ingénieuse et en rapport avec les connaissances chimiques des savants qui la professaient. Elle expliquait d’une façon assez vraisemblable un certain nombre de faits d'observation, et, d'autre part, elle permettait ces rapprochements symétriques où se complaisait l'esprit grec : Quatre éléments dans le monde, quatre humeurs dans le corps, quatre saisons dans l’année, quatre organes essentiels dans l’organisme, quatre âges dans la vie humaine, l’homme offrant en raccourci une fidèle et complète image de l'univers. Aussi, le dogmatisme hippocralique exerça-t-1l pendant des siècles une influence si considérable qu’on n’en trouverait pas d'exemple analogue dans l'histoire des sciences, surtout lorsque Galien l’eut amplifié, précisé, et eut ramené à l'unité d'une doctrine homogène ses théories parfois un peu vagues. Chez lui, l'étude des combinaisons élémentaires, poursuivie dans un extrême détail, aboutit à la théorie des tempéraments, où les dogmes hippocratiques sont développés jusque dans leurs dernières conséquences !. Celte doctrine a régné presque sans partage Jusqu'à une époque rapprochée de nous, et 1] n'est pas bien sûr qu'aujourd'hui encore elle soit absolument morte. Au xvr° siècle et au xvrr°, elle était dans toute sa force. Fernel et son commentateur Riolan

1. La symétrie déjà si artificielle d'Hippocrate est poussée à l'extrême dans Galien : « Le sang, l’air et le printemps sont chauds et humides ; « la bile jaune, le feu et l'été sont chauds et secs ; la terre et l'automne « sont secs et froids; la pituite, l’eau et l'hiver sont froids et humides. « Le sang domine dans le cœur, chez l’adolescent et au printemps; la « bile jaune domine dans le foie, chez l'homme mûr et en été, ete. » (Renouard, Hist. de la méd., t. 1, p. 327.) — Cf. Galien, De Placitis Hipp. cb PI 18:

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