‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 119 sur 345 · LES ÉLÉMENTS DANS ARISTOTE · texte numérisé non relu

LES ÉLÉMENTS DANS ARISTOTE

en ont été les interprètes officiels !. Pourtant, elle donnait lieu à bien des obscurités, tant au point de vue médical qu'au point de vue philosophique, le seul qui nous intéresse 1C1.

Une des plus graves, c’est la difficulté qu'on éprouve lorsqu'on cherche à se rendre compte du mode d’existence que le dogmatisme attribue aux éléments. Le problème des idées générales que le nominalisme et le réalisme ont tant discuté au moyen âge, se pose à l'égard des éléments. Sont-ce de simples concepts, des qualités ou des substances? On reste indécis sur ces questions, quand on rapproche divers Lextes tirés de la collection hippocratique de Galien et des auteurs modernes. Quant à Aristote, sa pensée ne paraît pas douteuse. Pour lui, les éléments sont des corps matériels ?. Ce qui les distingue des corps simples admis par nos chimistes, c’est qu'il les croit transmutables les uns dans les autres. « Ils sont comme « des degrés de transformation d’une seule et même « substance primordiale. Ce sont de véritables états allo- « tropiques de la matière première *. » Fernel s est rattaché à l'opinion d'Aristote, et 1l a soutenu, avec une précision d'autant plus remarquable qu'elle est assez rare chez lui, que les éléments ne sont n1 des idées abstraites, ni de simples qualités, mais qu'ils font partie intégrante des corps, et qu'ils y existent substantiellement.

1. Par exemple dans Riolan : « Contra controversiam quatuor humores « quatuor elementis analogia respondent : bilis igni, pituita aquæ, san- « guis æri, melancholicus humor terræ » (Riol., Comment. in lib. de elem.; ch, p:9).

2, « Toutes les substances naturelles sont des corps, ou ne peuvent « exister qu’à la condition des corps et des grandeurs » (Arist., De cœlo, lsncenu)

3. Soury, Théories naturalistes de la vie dans l'antiquité, p. 253.

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