‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 120 sur 345 · MODE D'EXISTENCE DES ÉLÉMENTS · texte numérisé non relu

MODE D'EXISTENCE DES ÉLÉMENTS

Sa définition de l'élément est beaucoup plus précise que celles d’'Hippocrate, d’Aristote, de Galien, et elle a le mérite de ne donner lieu à aucune ambiguïté : « Ele- «€ menlum corpus est simplexæ, ex quo quidque primum «constituttur !. » Ces corps simples, dont la combinaison produit tout ce qui existe, nos sens ne sauraient les percevoir ; mais leur matérialité n'est pas douteuse. Si nous possédions des sens plus parfaits et des moyens d'analyse plus délicats, il n’est pas douteux que nous ne puissions les isoler et les voir à l'état de pureté ?. Aussi, Fernel s'applique-t-1l à réfuter l'opinion des commentateurs, qui, ürant parti de l'imprécision des textes aristotéliques, ne considèrent la présence des éléments dans les corps composés que comme une modification qualitative.

Cette opinion, qui est celle des Arabes et de la scolastique, a été soutenue surtout par Avicenne, saint Thomas et Duns Scott. Pour eux, lorsqu'Aristote parle du chaud, du froid, du sec et de l'humide, il veut désigner des qualités, et non des substances; en fait, on ne trouve nulle part les éléments à l’état isolé: lorsqu'ils entrent dans la composition d’un corps, ils perdent leur forme propre, à laquelle se substitue la forme du composé; ils n'ont donc plus aucune existence effective. Fernel s'élève avec énergie contre cette doctrine qu'il déclare insensée et ridicule * et la réfute point par point. Si sa

1 Physiol, L:2, ch. nr, au début.

2. C'est l'avis de Riolan, qui, après avoir insisté sur le mode de connaissance de l'élément (intelligitur, non sentitur) ajoute : « Quod si « lynceis essemus oculis, quando fit mixti dissolutio, videremus singula « reverti unde profecta sunt : terram terræ reddi, aquam aquæ » (Riol., Comm. in lib. de elem., ch. vi, schol.).

3. «... ridiculum sane est et dementiæ proximum. » Physiol., 1. 2, éhrmmep. 01:

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