ÉLÉMENTS ET TEMPÉRAMENTS
savants, c'est qu'ils regardent les éléments comme capables de se transformer les uns dans les autres. Loin de voir, comme la science contemporaine, dans les corps simples, des substances irréductibles, ils admettent que chaque élément est en puissance dans les autres, que l'air vient du feu, l’eau de l’air, la terre de l’eau, le feu de la terre. À cette différence près, et pourvu que l'on s’en tienne aux généralités, la doctrine de Fernel se rapproche de celle des modernes. Il a surtout le mérite d'être remonté directement à Aristote, et d’avoir saisi le sens et la portée de ses idées en les débarrassant des subtilités et des obscurités dont les avaient surchargées les commentateurs.
Mais il ne faut pas oublier qu'entre Aristote et Fernel, il y a eu Galien, et que, pour Fernel, Galien est un oracle. Aussi, est-ce à lui qu'il s'adresse pour les questions qu'Aristote n’a pas approfondies. La théorie des éléments, éparse dans plusieurs traités d’Aristote, était surtout pour lui une théorie métaphysique et cosmogonique destinée à expliquer par les transformations infinies de la matière amorphe l’universalité des choses. Galien appliqua ces vues générales aux êtres vivants, etil le fit avec une inflexible rigueur de déduction. De là la fameuse théorie des tempéraments, étroitement liée à celle des éléments, et dont la connaissance importe à qui étudie la philosophie des médecins dogmatiques. Elle est exposée par Fernel avec une parfaite exactitude, et, s'il n'y a rien ajouté d’original, il en a donné une idée plus nette et plus précise que Galien lui-même.
Aujourd'hui, une analyse chimique complète indique non seulement la nature des corps simples qui entrent dans une combinaison, mais encore le poids de chacun d'eux. Cet exemple ne rendrait pas compte de l'idée que