ÉLÉMENTS ET TEMPÉRAMENTS
se font Galien et Fernel de la combinaison élémentaire. Pour eux, la balance ne servirait de rien, car ce qui caractérise à leurs yeux un composé, ce n’est ni la masse, ni le poids des éléments qui y entrent: c’est l'énergie efliciente de chacune des qualités primordiales. Elles sont dans un état d'équilibre non matériel, mais rationnel, où leurs proportions varient dans des limites assez étroites. En deçà de ces limites, la combinaison ne peut se former : au delà, elle se dissout. Lorsque les substances et les forces élémentaires se rencontrent dans de telles conditons qu'aucune d’elles n’annihile les autres, mais qu'elles se fassent mutuellement contrepoids, le produit de leur combinaison est stable. Cet équihbre, c'est le tempérament, dont il est essentiel de bien préciser la nature. Car, pour Fernel, le mot n'a pas le même sens que pour les médecins modernes. Sa signification est beaucoup plus étendue. Bien qu'il s'applique plus spécialement aux animaux et surtout à l’homme, on peut dire que tout corps composé, par cela même qu'il est composé, a son tempérament propre |.
Le tempérament n’est pas la combinaison même; il en est à la fois la raison d’être et le résultat ?. De même que deux sons pris au hasard dans l'échelle musicale ne font pas nécessairement un accord, de même la rencontre fortuite des éléments ne suffit pas à constituer un tempéra-
1. est souvent question, dans Fernel, du tempérament des végétaux; et même, dans ceux-ci comme dans les animaux, il y a un tempérament total et des tempéraments partiels : (Ex. le citron, la lambrusque, De abd. rer. caus., 1.1, ch. 1v,p. #15.) Tousles médicaments, quels qu'ils soient, doivent leurs qualités premières au tempérament (v. Therap., eh, xt).
2. « Est autem temperamentum non ipsa mixtio, sed mixtionis ratio » (Physiol., 1, 3, ch. 1, p. 65).