LES NEUF TEMPÉRAMENTS
la chaleur l'emporte sur le froid, les deux autres qualités restant. égales ; le total est égal de part et d'autre, et la stabilité de l'ensemble est parfaite. Le même raisonnement s'applique aux trois autres tempéraments. Si deux qualités prédominent au lieu d’une seule, on à les quatre tempéraments composés : chaud et humide, chaud et sec, froid et humide, froid et sec. Remarquons que, logiquement, quatre termes, rapprochés deux à deux, donneraient six combinaisons. Mais deux d’entre elles, chaud et froid, sec et humide, sont contradictoires, et ne sauraient exister réellement. Tous comptes faits, 1l y a done neuf tempéraments : un tempéré et huit intempérés, dont quatre simples et quatre composés. Le tempérament tempéré est un type idéal ; il ne se rencontre guère réalisé en fait, mais 1l sert de point de comparaison pour les autres ; 1l est donc absolu !. Les autres, au contraire,
1. Si l’on entendait par tempérament tempéré une combinaison où entreraient des poids égaux de chaque élément, il serait impossible. (Le feu, étant essentiellement actif, détruirait aussitôt la terre; or, les éléments, comme on le sait, subsistent dans le composé. En outre, un corps où les éléments pourraient être exactement dosés resterait nécessairement immobile ; car, s’il descend, c'est que la terre ou l’eau l’entraine, s’il monte, le feu ou l’air l'élève.) Ce qui est égal, ce ne sont point les quantités, mais les qualités ; non les qualités matérielles, comme la pesanteur ou la légèreté, mais les qualités formelles, le chaud, le froid, etc. Même ainsi conçu, le tempérament tempéré est un idéal, qui n’est jamais réalisé ; s’il l’est, ce n’est que pour un instant, en raison de la tendance des qualités actives (chaud, froid), à influer sur les passives (humide, sec). £n admettant même la parfaite égalité des forces, ou des qualités élémentaires, le tempérament idéal, et à bien plus forte raison les autres, doit être dit plutôt ad justitiam que ad pondus. Que faut-il entendre par ces expressions si souvent employées ? Riolan va nous le dire :
« Justa enim natura geometrice res suas dispensat, utque judex hono- « res et pœnas, duo reipublicæ præmia, pro facti et personæ merito dis- « tribuit inæqualiter, cuidam plus, alteri minus, in ea tamen distribu-