TEMPÉRAMENT ET CHALEUR VITALE
de l’ensemble, sa substance et ses qualités particulières. Du rapprochement de ces parties naissent des vapeurs, des esprits, une chaleur innée qui anime l'animal pendant sa vie. De tous les phénomènes vitaux, la chaleur est de beaucoup le plus apparent ; aussi, a-t-on identifié souvent la chaleur et la vie. Pour Aristote, par exemple, tout animal est chaud et humide pendant sa vie, froid et sec après sa mort. D'après Fernel, 1l y a là une confusion. Le tempérament du corps total n'est n1 la chaleur vitale, n1 la matière élémentaire qui constitue les parties homogènes. Il est l'union de ces deux principes, 1l est la matière animée par l'esprit vital. Ainsi s'expliquent les différences de température que le toucher nous révèle dans les divers êtres vivants. Les plantes sont froides, l'espèce humaine tient le milieu entre le chaud et le froid, mais avec des nuances individuelles, et, parmi les animaux, les uns sont chauds, les autres froids. Il ne faut donc pas croire que la chaleur soit la condition indispensable de la vie, et l’on doit se garder de confondre le feu élémentaire et la chaleur vitale. Celle-ci est perçue par les sens, celui-là conçu par la raison.
C'est cette confusion de deux choses très différentes, l'esprit vital d’une part, la combinaison élémentaire de l’autre, qui a trompé souvent les philosophes et les médeeins, et leur a fait dire que la mort modifie le tempérament de l'être vivant. Il n'en est rien : les parties du corps ne paraissent chaudes que parce que la chaleur vitale les pénètre. En soi, les unes sont chaudes, les autres froides, d’autres tempérées. A la mort, le tempérament total est détruit; mais le tempérament des parties ne s’anéantit pas immédiatement !. Les éléments ne peuvent n1 se dis-