CARACTÈRE RATIONNEL DE CETTE THÉORIE
socier, n1 se combiner aussi subitement en des proportions différentes. Il faut donc distinguer deux choses dans le vivant, végétal où animal : le principe vital, qui se manifeste par la chaleur, et le tempérament des parties !. Ce sont deux principes irréductibles, qui coexistent dans le corps pendant la vie, mais qui sont indépendants l’un de l’autre, et dont la disparition n’est pas nécessairement simultanée.
Telle est, réduite à sa généralité philosophique, la célèbre théorie des tempéraments, qui n’est elle-même qu'une suite logique de la théorie des éléments. M. Raynaud admet que « c’est elle qui est le fruit de l’observa- « tion directe; (que) le reste n’est qu’un échafaudage « plus ou moins ingénieux, plus ou moins incomplet, sur « lequel une science encore dans l’enfance cherche à « étayer les faits pour s’en rendre compte ? ». Il serait peut-être plus vrai de dire que, la théorie des éléments étant admise, celle des tempéraments en est rigoureusement déduite. C’est le raisonnement seul qui a servi à l'établir, et l'observation n’y a Joué qu'un rôle tout à fait secondaire. Lorsque les faits particuliers s'accordent avec la théorie, Fernel les accueille volontiers et les interprète avec sagacité. Mais en revanche, lorsque la théorie l'exige, il ne recule pas devant les conséquences les plus hypothétiques. Là comme partout se manifestent son désir de vérifier la théorie par la pratique, mais aussi sa tendance à subordonner l'observation au raisonnement.
Il reconnaît, par exemple, que le tempérament n’est ni
4. « Mixti temperamentum cum temperamento viventis nemo con- « fundat.. Atqui multa, etiam dum vivunt, temperamento sunt frigidis- « sima. Âliud ergo viventis, aliud mixti temperamentum : alia sunt vitæ, « alia mixtionis principia » (Riol., Comm. in lib. de Temper., ch. vu).