‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 138 sur 345 · LA FORME DANS LES CORPS COMPOSÉS · texte numérisé non relu

LA FORME DANS LES CORPS COMPOSÉS

chez les êtres vivants '. Un objet quelconque ne peut exister, à plus forte raison une plante ou un animal ne peut vivre que par la coexistence de trois principes la matière élémentaire, le tempérament et la forme. Dans un composé, les formes des parties n'ont pas disparu ; elles subsistent virtuellement, mais 1l s'y superpose une forme totale, qui produit ses effets propres, qui fait de ce composé autre chose qu'une simple juxtaposition de parties, et qui en constitue l'unité. Qu'est-ce que cette forme de l’ensemble? Quels sont ses effets, son essence, son Or1gine ? Autant de questions que Fernel a abordées et qu'il a essayé de résoudre. Ses solutions sont intéressantes à plus d’un titre. D'abord, il les a préparées et présentées avec beaucoup d’érudition el de talent. En outre, 1l a interprété avec un sens très sûr la doctrine d’Aristote, et son mérite à cet égard n'est pas négligeable, tant les théories péripatéticiennes, livrées en proie aux commentateurs grecs, aux Arabes el aux scolastiques, étaient devenues au xvre siècle un amas confus d'incohérences et de contradictions.

Aristote avait insisté surtout sur le caractère substantiel de la forme ?. Pour lui, la matière n’est substance que relativement, puisque, n'étant pas déterminée, elle n'existe pas par elle-même, elle n’est pas ceci plutôt que cela. Elle ne devient substance que lorsque, passant de la puissance à l'acte, elle est déterminée par la forme. Dans un corps composé, cest donc la forme qui est la véritable substance, puisque c’est par elle qu'il est carac-

1. Cette synonymie de la forme et de l’âme est constante dans Fernel. En tant que principes d'unité, il les appelle aussi nature. C’est ce qu'indique bien Riolan : « Corporis homogenei forma natura nominetur, heterogenei anima » (Riol., Comment., p. 122).

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