DIVERSES THÉORIES SUR LA FORME
térisé et défini, par elle qu'il existe. Quelque précise que soit à ce sujet la théorie d’Aristote, elle a été interprétée dans les sens les plus divers par les commentateurs. Quelques-uns, comme Alexandre d'Aphrodisias et Philoponus, ont admis que « tout ce que contient l'univers, « y compris les formes mêmes des choses, vient de «€ l'union des éléments. Ils ont enseigné que la matière « est toute la substance des choses naturelles, et qu'il « vient s’y Joindre un concert ou une harmonie de quali- « tés qui est la forme; c'est par celle-ci que chaque « objet a un nom, et qu'il se distingue des autres. Ils ont «€ prouvé par beaucoup de raisons que c’est là ce qu’Aris- « tote appelle la forme d’une chose !. »
D'autres, comme Galien, qui eut toujours une tendance à inchner les idées d’Aristote du côté du matérialisme, opposent les qualités à la substance, et appellent les formes des qualités.
D'autres enfin, comme Averrhoës et tous les Arabes, imaginent pour les formes un mode d'existence intermédiaire entre les qualités et les substances. La question se complique encore si l’on établit avec plusieurs d'entre eux une distinction entre les formes des éléments et celles des corps composés, accordant aux unes la simplicité et la substantialité qui sont refusées aux autres. Fernel, lorsqu'il faisait à Paris ses études de philosophie, avait dû entendre discuter tous ces arguments ; en tout cas, ils lui étaient famihiers, etil les a résumés exactement, sans les altérer et sans les affablir. Dans son dialogue Sur les causes occultes, un des interlocuteurs, Brutus, est chargé spécialement de les exposer, et il les soutient avec une énergie qui touche à l’obstination. Aussi, n’a-t-1l pas le
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