‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 140 sur 345 · IMPORTANCE DE CES THÉORIES · texte numérisé non relu

IMPORTANCE DE CES THÉORIES

beau rôle, et ses opinions sont-elles réfutées l'une après l'autre par Eudoxe, visiblement destiné à exprimer la pensée de Fernel. La solution que propose ce dernier n'admet ni compromission ni ÉQuIvOqUE : « Je crois, dit:1l, qu'à ce « sujet on ne pourra rien aflirmer de certain, de constant, « d’évident pour tous les hommes, aussi longtemps que « l'esprit humain, enfermé dans la prison du corps, ne « connaîtra par les sens n1 la matière ni la forme... S'il « faut néanmoins se décider d’après les probabilités, je « me rallierai à l'avis des philosophes qui croient que les « formes des éléments, aussi bien que celles des corps « concrets, et sans aucune différence, sont des substances CRDULES

Ce n’est point là une simple diseussion de mots ; ce qui en fait l'importance, ce sont les conséquences qui s'en dégagent au point de vue de l'unité et de l'immortalité de l'âme. Si les formes ne sont que des qualités de la malière, que des accidents sans réalité substantielle, l'âme, étant la forme du corps, doit être périssable comme lui. Si l'on admet, au contraire, que les formes sont des substances, l'âme, forme substantielle et simple du corps, est toujours en acte et ne peut mourir. Aristote, dont les opinions sur l’immatérialité de l'âme ne sont n1 claires, ni toujours exemples de contradictions, n’a pas insisté sur ces conséquences. Mais leur importance n'a pas échappé aux philosophes préoccupés après lui d'établir l'immortalité de l'âme par des preuves trées de son unité substantielle. Saint Thomas d'Aquin en particulier en a donné une démonstration en forme*?. Il n’est donc pas étonnant que Fernel, dont la tendance constante est de

4. De abd. rer. caus., 1. 1, ch. nu, p. 402, à la fin. 2. V. Combes, Psychol. de St Thomas d'Aquin, p. #2.

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