‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 142 sur 345 · HIÉRARCHIE DES FORMES · texte numérisé non relu

HIÉRARCHIE DES FORMES

dans un animal, entrent un grand nombre de parties homogènes qui, même unies ensemble, conservent chacune sa forme et son tempérament. Cependant, outre ces formes partielles, le végétal ou l'animal a sa forme totale. C’est elle qui fait son unité et sa vie, et, plus le corps matériel est composé, plus sa forme est élevée et parfaite. Puisque, dans la manifestation des forces naturelles, tout se réduit à des mouvements, une forme est d'autant plus parfaite que les mouvements auxquels elle préside sont plus multiples et plus variés. C'est ainsi que la forme des éléments, qui ne font que changer de place par ascension ou descente, est la plus basse de toutes. « La forme « de la plante, qui produit un mouvement de nutrition, « d’accroissement et de reproduction, est plus noble et « plus complète. Plus élevée encore est la forme de « Panimal, qui possède la sensibilité et le mouvement « volontaire. La forme suprême et la plus parfaite est celle « de l’homme, qui a reçu par surcroit des dieux le pré- « sent divin de la raison!. » Mais ces formes, quel que soit le rang qu’elles occupent, n'en sont pas moins toutes simples, quoiqu elles possèdent plus de puissances, ou, comme dit Fernel, plus de facultés les unes que les autres. En d’autres termes, la hiérarchie n’est pas dans une série de formes de plus en plus complexes, mais dans une série

êtres de plus en plus perfectionnés, auxquels correspondent des formes plus actives, mais toujours simples.

L'on ne saurait soutenir que la forme de l’ensemble ne soit que la somme ou l'harmonie des formes partielles. Platon, réfutant dans le Phédon l'objection de Simmias, avait démontré la fausseté de la comparaison fate entre l'âme et une harmonie ?. Aristote avait donné la même

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