‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 143 sur 345 · LA FORME N’EST PAS HARMONIE · texte numérisé non relu

LA FORME N’EST PAS HARMONIE

démonstration pour les formes !. Fernel ne fait que reprendre leurs arguments. Il montre que l’âme est antérieure au corps, tandis que l'harmonie est postérieure aux instruments qui la produisent, et ilconclut : « Jamais « la forme totale n’est une composition de formes du «€ même genre et semblables entre elles, assemblées assez € intimement pour concourir à une même fin. Il serait « absurde de penser que l'âme, ou la forme, consiste, «€ comme les corps matériels, dans la juxtaposition de «€ parties différentes. Il faut au contraire que la forme « d'un corps composé, envisagé dans son ensemble, soit « une, simple, différente des formes des éléments et de « celles des parties ?... Par conséquent, de même que « nous appelons un un corps, bien que composé de « diverses parties, de même il faut admettre que sa forme « est une et simple ?. »

La forme n’est donc pas une harmonie, puisqu'elle est précisément le principe qui rend possible le concours harmonieux des parties. Mais ne peut-on pas dire que la forme est une force totale qui résulte des forces particu- Bières, et qui est issue des puissances de la matière, parce que, par un progrès continu, la puissance tend à passer à l'acte, c'est-à-dire à la forme ? Ceite solution, proposée par Alexandre d'Aphrodisias, et d’après laquelle, comme disent les scolastiques, la forme viendrait par éduction de la puissance de la matière, paraît à Fernel plus fausse et plus dangereuse encore. « Il s'ensuivrait que toute «€ forme, même l'âme humaine, malgré sa dignité, est «€ mortelle et exposée à l’anéantissement, puisqu'elle

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