ELLE NE VIENT PAS DE LA MATIÈRE
« résulterait d'une préparation el d’un accord éphémère « des éléments. Peut-on rien avancer de plus absurde «et de plus impie!? » Ge serait, d’ailleurs, dit-il, prendre le contre-pied des théories d'Aristote, et renverser le rapport de cause à effet qu'il a étabh. Pour Aristote, en effet, l'âme est à la fois la cause finale et la cause formelle du corps. Le corps est l'instrument de l'âme, il est fait par elle et pour elle. S'il en était autrement. si la forme venait de la matière et l’âme du corps, elle serait mortelle comme lui.
En réalité, l'opposition entre l'âme et le corps na jamais été faite par Aristote d'une façon aussi absolue que le voudrait Fernel. Pour Aristote, l'âme n’est pas le corps, maus elle est quelque chose du corps, il le dit expressément *. Alexandre d’Aphrodisias pouvait, sans être trop infidèle à la pensée du maître, ne pas insister sur des antinomies que lui-même n'avait pas nettement indiquées, et tirer de son système une doctrine d'évolution universelle, où tous les êtres, depuis les corps bruts jusqu’à l'homme, se relient, et tendent à se transformer Îles uns dans les autres par le passage de la puissance à l'acte. Cette théorie n’a rien de contradictoire avec l'esprit oénéral de l’aristotélisme. Mais le spiritualisme chréfien, auquel Fernel est très attaché, ne saurait s’accommoder d'une doctrine où l'immatérialité de l'âme ne serait pas expressément professée. Aussi Fernel a-t-il vivement combattu l'opinion d'Alexandre d’Aphrodisias, et l’a-t-il fait en prétendant interpréter la vraie pensée d'Aristote. À ce sujet, 1l faut s'entendre. Il est facile d'extraire des œuvres d’Aristote une double série de textes, les uns prouvant qu'il a con-
À. De abd, rer. caus., 1. 1, ch. sr, p 1408:
2, Arist., De anima, 1. 2, ch. m1. Cette question sera discutée à propos
des rapports de l'âme et du corps.