‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 145 sur 345 · RÉFUTATION D ALEXANDRE · texte numérisé non relu

RÉFUTATION D ALEXANDRE

sidéré l'âme comme immatérielle etimmortelle, les autres montrant qu'il l'a regardée comme corporelle et périssable !. Maloré tous les efforts et toutes les distinctions qu'on à pu faire, il est bien difficile de concilier ces textes entre eux. Aussi, les commentateurs ont-ils pu solliciter les théories d’Aristote dans le sens de leurs préférences personnelles. Alexandre en a tiré une doctrine qui aboutit à des conséquences matérialistes, et 1l a raison. Fernel, de son côté, a puisé dans les livres d’Aristote des arguments en faveur du spiritualisme, et 1l n'a pas tort.

Il faut, en outre, lui rendre cette justice qu'il ne s’est pas borné, pour prouver la vérité de sa thèse, à des raisons d'ordre métaphysique. Dans une discussion aussi abstraite, 1l a fait appel à des preuves positives, cherchant dans la comparaison de la vie à la mort l'explication du principe vital, de sa nature et de son mode d'action. Ïl üent à établir que la forme totale ne doit à la matière n1 son essence n1 son origine, qu'elle est distincte et indépendante des formes partielles. La preuve manifeste en est dans ce qui se passe à la mort. Si la plante et l'animal s’alimentent, s’accroissent, se reproduisent, c’est grâce à l’action d’un principe qui les rend capables de ces fonctions. La mort n’est autre chose que la disparition de ce principe, ou plutôt la cessation de son activité. Mais, lorsque l’âme, ou la forme totale {c'est tout un chez les vivants), a quitté le corps, chacune des parties homogènes dont 1l est composé garde sa forme. « Pourquoi donc ce « corps ne vit-1l plus, si ses parties homogènes conservent « leurs formes après sa mort, etne sont n1 plus séparées « ni plus éloignées que lorsqu'il vivait? S1 la forme de

1. Les plus caractéristiques de ces textes sont rassemblés dans Janet et Séailles, Hist. de la philos., p. 895,

Page 1