INDÉPENDANCE DE LA FORME TOTALE
« tout vivant était composée de l'assemblage des formes « partielles, pourquoine persisterait-elle pas dans le mort, « alors que chaque partie garde sa forme? Cela ne prouve- « t-il pas que, outre les formes partielles, 11 y à dans l’en- « semble quelque chose qui en fait l'unité et qui le fait « vivre? N'est-il pas évident que cette forme de l’en- « semble diffère des formes des parties, et ne vient pas « de leur union !? »
Il en est de même chez les corps bruts. Lorsqu'une pierre se désagrège el se dissout, sa forme totale n'existe plus, et chaque élément se sépare des autres. On s'explique par là que les parties, une fois rendues à leur nature propre par la destruction de l’ensemble, manifestent des propriélés qu elles n'avaient pas en ARRETE "Nos chimistes ne contesteraient pas cette vérilé pour les COTpS composés qu'ils analysent. Il est sûr que les effets d’un sel ne rappellent souvent en rien les propriétés de l'acide et de la base qui entrent dans sa composition. A plus forte raison est-il vrai que nos corps simples perdent leurs propriélés quand ils entrent dans une combinaison, et les reprennent quand on les isole. Ces exemples tirés de la matière brute n'auraient peut-être pas paru à Fernel aussi typiques que ceux qu'il tire des êtres vivants. A vrai dire, 1ls sont assez bizarres. Il admet qu'un lèvre qui, pendant sa vie, n'est bon à rien, acquiert après sa mort toutes sortes de propriétés merveilleuses : « Son
poumon soulage les asthmatiques, son sang dissout les « calculs, l’osselet de son jarret de derrière diminue Îa
production du sable, son poil arrête les hémorragies ?, »
1MDeñbudNrer caus LANChE TN D. AE.
2. Id.,ibid., cb. 1v, p. #15. Riolan, à son ordinaire, renchérit encore sur ces exemples : Os milvi piscis, si creditur Simplicio, trahit ferrum, « quod non faciebat anima superstite ; sic hepar lupi hepaticos juvat.…. etc. » (Riol., Comment. de abdit. rer. caus., p. 123).