RAPPORTS DES FORMES
C'est que toutes ces qualités, absorbées pendant la vie par la forme totale, sont redevenues, à la mort, libres de produire leurs effets propres. Il est donc démontré que le principe grâce auquel les corps inorganiques existent el les êtres vivants vivent, c’est la forme totale, qui n’est nullement constituée par les tempéraments des parties et qui ne coexiste pas nécessairement avec eux. À sa disparition, les parties se séparent, et ne forment plus un tout cohérent; tout au plus peuvent-elles se trouver rapprochées par le hasard du voisinage, comme Île bois, les pierres el les briques dans une maison. La forme totale ne s'ajoute pas aux formes partielles comme une substance à d’autres substances, ce qui équivaudrait pour celles-e1 à une véritable destruction. Quels seront done les rapports de la forme totale et des formes parüelles, et comment pourront-elles coexister dans le même être? « Lorsque la forme principale domine, les formes infé- « rieures, qui sontses instruments, n'existent qu'en puis- « sance, tandis qu'auparavant elles étaient en acte. Et « inversement, les formes qui n'étaient qu'en puissance « lorsque la forme totale était présente, passent à l'acte « quand elle disparaît, et recouvrent leurs forces entières « et intactes... Si donc la forme de l’ensemble vient « s'ajouter aux parties homogènes qui avaient déjà la « leur, il ne s'ensuit nullement que chaque parte ait « deux formes en acte, ce qui serait impossible, Mais 1l « peut y avoir dans une même chose plusieurs formes en « puissance, et de plus une forme en acte. Et cette forme « ne s'ajoute pas à la forme restant en acte; l'acte de la « forme inférieure et sa perfection sont obscurcis par « l'adjonction de la forme plus noble !. »
4, De abd. rer. caus., 1. 1, ch. rv, p. #14 ter.