SIMPLICITÉ DE LA FORME TOTALE
La forme d’un corps composé est simple et homogène. Tandis que les formes partielles sont inhérentes aux parlies, et n'étendent pas leur influence au dehors, la forme générale n'est localisée nulle part; elle est diffuse partout, elle anime tout le corps et chaque partie. Cela est manifeste surtout chez les animaux et chez l'homme, où les fonctions des organes les plus divers concourent à un même but. L'unité de la fin implique nécessairement la simplicité du principe. Quant à la variété des effets par lesquels se manifeste l’activité vitale, elle n'est nullement inconciliable avec l'existence d’une cause unique. De même qu'un ouvrier effectue des ouvrages différents su1vant les outils dont il se sert, de même l'âme agit diversement selon qu’elle met en jeu tels ou tels organes. « Les fonctions si diverses et si opposées des parties ne « viennent pas de la multiplicité de l'âme elle-même, « mais de la différence des parties dans lesquelles elle est « diffuse. De la sorte, la force vitale, bien que simple et «identique dans sa distribution à travers les nerfs et « les muscles, ne produit cependant par les uns que sen- «sibilité, et par les autres que mouvement ; l’un et l’autre « tantôt plus obscurément, tantôt plus manifestement « selon la variété et la disposition des organes où elle « réside et qu’elle anime : la force qui est dans la chair « produit la chair, celle qui est dans l'os produit l'os, et « ainsi du reste !. » En un mot, « le même agent simple, « quels que soient les synonymes par lesquels on le « désigne ?, peut produire des effets contraires, toutes les « fois qu'il emploie des organes différents, des causes
{De abd.rer. caus Al HPch nv tp #4L4ters
2. Ces synonymes sont nombreux chez Fernel, et pourraient prêter à bien des discussions si l'on voulait leur donner un sens rigoureux : (forme, âme, force, faculté vitale, chaleur, etc., etc.).
«inférieures, ou des suppléants, car il s’accommode à la « nature des sujets où 1l réside !. »