LA FORME PRINCIPE D'UNITÉ
La forme, ou l'âme, est donc une force immanente au corps, et qui n'est pas produite par lui : elle est la cause de la vie, bien loin d’en être l'effet. Aussi, est-ce à elle qu'il faut faire remonter la source de toute activité vitale. La plupart des effets qui se produisent chez les êtres vivants seraient inexplicables, si l'on n’admettait l’existence de cette force spéciale, supérieure aux éléments et aux tempéraments. On ne peut attribuer à ceux-ci que les qualités secondes qui participent de la matière, ce que nous appellerions aujourd'hui les propriétés physiques des corps, comme la densité, la dureté, l’élasticité, etc. Mais leur attribuer la production des phénomènes vitaux, ce serait accorder la causalité efficiente à un outil, et la refuser à l’ouvrier qui le manie. Les fonctions de la vie sont dues à l’action d’un principe immatériel, auquel seul appartient la causalité. « La forme est un principe d’acti- «vité spontanée, et ce n’est pas l'instrument qui lui a con- « léré cette essence, puisqu'elle n appelle l'instrument à « son aide que plus tard. La forme a donc reçu le pou- « voir et la faculté d'agir avant d’avoir agl au moyen de « linstrament, de même que l'artisan, avant de fabri- «quer quelque chose avec la hache ou la doloire, pos- « sède la force et l'habileté, et ne les a pas empruntées « de ces outils. Cela prouve que cette faculté innée à la « orme, qu'on appelle sa propriété, est absolument dis- « tincte des forces de la matière et de celles du tempé- « rament *. »
On voit déjà dans cette théorie se dessiner l’animisme
EMDérabdnrérrcaus, Ah. y pr'A6.
24d/;4bid., 12 ch. à, p.461,