LA FORME PRINCIPE D'UNITÉ
de Fernel. Pour lui, la forme est le principe substantiel grâce auquel, du chaos des éléments, sortent les combinaisons définies et durables qui constituent tous les corps de la nature. Dans ceux qui sont destinés à la vie, la forme, de plus en plus parfaite à mesure qu'on s'élève dans l’échelle des êtres, prend le nom d'âme. C'est elle qui produit le mouvement dans toutes les parties du corps, et qui fait concourir à l'unité de la vie l’infinie diversité des énergies organiques. Elle est simple, immatérielle, elle existe par elle-même, sans rien devoir aux puissances de la matière. Elle est d’origine divine. C’est une influence céleste qui, au moyen de la semence génitale comme matière première, anime l’homme et les animaux supérieurs, de même que, sous la même influence, les organismes inférieurs naissent spontanément de la matière, sans l'intervention d'aucune semence. « La prévoyante « nature a voulu empêcher que l'espèce des animaux « supérieurs, créée depuis tant de siècles, ne fût exposée « à disparaître à la longue. Elle a donné à ces êtres, pro- « duits par une grande révolution des astres, un réservoir « de vie qui leur vient du ciel, et, dans un germe si petit, « elle a mis une force vitale capable de préparer et d’or- « ganiser la matière !. »
Pour Fernel, l’origine divine des formes n’est pas douteuse, et, pour la démontrer, il a essayé de concilier les philosophes grecs entre eux et avec l'Écriture sainte. Il a tenté de prouver que « la doctrine de Platon est conforme « à la théologie chrétienne ? ». Il a appelé en témoignage