ORIGINE DIVINE DE LA FORME
les Égyptiens. les Hébreux, Solon, Platon, Aristote, les Alexandrins, Virgile, saint Paul, Denys l’Aréopagite, beaucoup d’autres encore. Il n’est pas Jusqu'à Galien qui, en dépit de sa réserve quand il s'agit de la nature de l'âme, ne soit contraint bon gré mal gré de déposer en faveur de sa divinité !. Du rapprochement de tous ces textes est sortie une doctrine assez vague, inclinant vers le panthéisme naturaliste, sorte de compromis entre la croyance chrétienne à l’action d'une providence omniprésente, et la conception du Dieu abstrait d'Aristote, n'exerçant sur le monde qu'une influence éloignée et indirecte. « Tout ce que Dieu à créé autrefois, aussi bien « dans le ciel que sur la terre, il Le gouverne et le conserve « actuellement : les choses célestes directement et par lui- « même, les animaux, les plantes et les autres choses « mortelles, par l'intermédiaire du ciel, auquel il a dicté « et imposé les lois créatrices et conservatrices de la « nature *. »
Cette théorie aboutit, dans plusieurs chapitres du Traité sur les causes occultes, à des vues mystiques, où Fernel abandonne les considérations philosophiques pour disserter sur les esprits angéliques où démoniaques qui gouvernent le monde, exposer leurs attributions, et fixer leur hiérarchie. Il y est question des neuf chœurs d’esprits célestes, qui sont: les Séraphins, au premier rang ; puis les Chérubins, les Trônes et les Dominations ; ensuite, les Vertus, les Puissances, les Empires, les Archanges, et enfin les Anges, qui occupent la dernière
1. Galien a souvent déclaré qu'il ignorait et voulait ignorer la substance de l'âme (v. De usu part., 1.7, ch. vin). Ailleurs, il s’est prononcé pour sa matérialité, contre Platon. Aussi, Fernel a-t-il pu dire qu'il s’autorisait de Galien malgré lui-même : « in ea tamen vel nolens plerumque « relabitur » (Préf. du Deabd. rer. caus., à la fin).
2. De abd. rer. caus., 1. 1, ch. x, p. 449 (Voir tout le passage).